Oui, le plus juste ressentiment
6. Le poignard qui vous perce est le désespoir de ne m'avoir pas fait périr. '. Des lettres à Aranjuez.' a moi ? imposteur maladroit! 8, •)•■ le crois; mais c'est de honte qu'il faut mourir. '.'. Nous! mon frère! je la tuerais plutôt.
el depuis ma réconciliation avec vos dames je n'ai poinl changé '. et je défie qui que ce soitau monde de me prouver que, depuis cette époque, j'ai rien dit ni écrit de contraire à l'intention où j'étais et où je suis encore, malgré tout ce qui m'esl arrive, de terminer mon mariage avec mademoiselle votre sœur 2.
■< La privation de mon emploi n'y tait rien. Le roi et le ministre, mieux informés, me rendront la justice qui m'esl due3. Personne au monde n'a rien à me reprocher. Si j'ai eu des torts vis-à-vis de mademoiselle Caron, je le- ai réparés par mon retour ;: hors de là je n'ai à rougir d'aucune action de ma vie. Or j'espère de la clémence de mon souverain qu'il daignera me faire rendre mon emploi quand il saura mon innocence ■. Puis-je espérer de vous, monsieur, à qui elle constera parfaitement quand vous le voudrez, que vous ne vous opposerez point ' à ma justification? Elle doit vous intéresser autant que moi-même6.
« Je vous remets ci-joint copie de- deux lettres que je vous écrivis à Aranjuez. Je commence même à douter qui' vous les ayez reçues7. Oui, je crois connaître votre cœur; il ne m'aurait pas sacrifié si cruellement -il avait pu seulement se douter de mon innocence. Je sens encore de la satisfaction à vous justifier dans mon cœur s. Kl dans la fatalité de mon sort je ne murmure point contre la main qui la conduit. Non. je ne renoncerai jamais au bonheur d'appartenir à votre chère famille 9. Hélas! depuis la dernière promesse mutuelle entre mademoiselle (iaron et moi. j'ai bien souffert ! Je compte assez sur la générosité de vos âmes pour croire que vous vomirez bien m'aider à me relever 10. Mes supérieurs et me- protecteurs, instruit- de mon innocence, me tendront aussi une main secourable; je l'espère avec d'autant plus d'empressement que je n'ai point mérité leur colère ".
J'ai l'honneur d'être aussi véritablement que jamais, Monsieur,
Voire très humble el 1res obéissant serviteur,
Signé, Clavuo.
Madrid, 17 juin 1761.
P.-S. — On vient de me dire que mademoiselle Caron doit se marier 12 :
I. Peul-on pousser la fourberie plus loin! Et mes violences ! et ce pistolet que je vous ai présenté ! et cette plainte que vous oubliez!
■2. Que je vous ai forcé de contracter le pistolet à la main.