SUR LA MORT D’UNE PARENTE
Nourri dès le berceau près de la jeune Oraute,
Et non moins par le cœur que par le sang lié ,
A ses jeux innocens , enfant , associé,
Je goûtais les douceurs d’une amitié charmante :
Quand un faux Esculape , à cervelle ignorante ,
A la fin d’un long mal vainement pallié ,
Rompant de ses beaux jours le fil trop délié ,
Pour jamais me ravit mon aimable parente.
Oh ! qu’un si rude coup me fit verser de pleurs ! Bientôt, la plume, en main, signalant mes douleurs Je demandai raison d’un acte si perfide.
Oui , j’en fis dès quinze ans ma plainte à l’univers. Et l’ardeur de venger ce barbare homicide Fut le premier démon qui m’inspira des vers.
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ÉPIGRAMMES
A UN MÉDECIN (l).
Oui , j'ai dit dans mes vers qu’un célèbre assassin , Laissant de Gallien la science infertile , D’ignorant me'decin devint maçon habile ;
Mais de parler de vous je n’eus jamais ^dessein , Perrault , ma muse est trop correcte.
Vous êtes , je l’avoue, ignorant me'decin,
Mais non pas habile architecte.
(O Cette épigremme fut composée après la publication de l’Art poétique où l’auteur avait fait , au commencement du quatrième chant , la métamorphose 4'un médecin en architecte.