IMITATION DE MARTIAL
Paul', ce grand médecin, Feffroi de son quartier , Qui causa plus de maux que la peste et la guerre , Est curé maintenant , et met les gens en terre :
Il n’a point changé de métier.
(a) Martial , lir, i , r. 48-
Nuper erat medicus nunc est veîpillo Diaulus ;
Quod vespUlo facit , fecerat et medicus.
SUR UNE HARANGUE d’un MAGISTRAT, DANS LAQUELLE LES PROCUREURS ETAIENT FORT MALTRAITÉS.
IjOrsque dans ce sënat , à qui tout rend hommage , ^
Vous haranguez en vieux langage ,
Paul, j’aime à vous voir en fureur Gronder maint et maint procureur ; .
Car leurs chicanes sans pareilles Méritent bien ce traitement ;
Mais que vous ont fait nos oreilles ,
Pour les traiter si rudement ?
sur L’AGÉSILAS DE CORNEILLE. ^
J’AI VU l’Agésilas . i
Hélas ! i
Digitizêo by Guuglc
EPieRAMMES
XUI.
5UR L’ATTIl^ DU MÊME AUTEUR.
Après l’Agésilas , Hélas !
Mais apres l’Attila , Holà !
SUR LA MANIÈÏtE DE RÉCITER DU POÈTE SANTEUIL (l).
Quand j’aperçois sous ce portique Ce moine au regard fanatique ,
Lisant ses vers audacieux.
Faits pour les habitans des deux ,
(i) Jean-Baptiste Santeuil , chanoine régoHer de Saint-Victor , n été un des plus fameux poètes latins du 17. c siècle. Il a fait surtout de très-belles hymnes k la louange des Saints. Quand il eut fait celles de S. Louis il alla les présenter au roi , et les récita de la manière qu’il récitait tous scs vers , c'est-à-dire en s’agitant comme un possédé , et faisant des contorsions et des grimaces qui fîrent beaucoup rire les courtisans. Boileau qui se
EPIGRAMMCS. 355
Ouvrît une bouche effroyable ,
S’agiter , se tordre les mains ;
D me semble en lui voir le diable •
Que Dieu force à louer les saints.
A LA FONTAIIVE DE BOURBOjV.
Oui , vous pouvez chasser l’humeur apoplectique , Rendre le mouvement au corps paralytique ,
Et guërir tous les maux les plus invétérés :
Mais quand je lis ces vers par votre onde inspirés ,
11 me parait , admirable fontaine ,
Que vous n’eûtes jamais la vertu d’Hippocrène. ,
troara Ui fit cette ^pîgramme sur-le-champ , et , étant sorti pour
l'écrire , il la remit au duc de qui la porte au roi comme si
c’Cit été un papier d'importance. Le roi la lut et la. rendit on souriant à ce même seigneur , qui eut la malice de la lire i d'autres courtisans en présence de Santeuil même. Elle était ainsi :
A ^’Ot^ de quel air effroyable ,
Roulant les yeux , tordant les mai{U ,
Santeuil nous lit ses hymnes rains ,
Dirait-on pas que c'est le diable Que Dieu fore* à louer les saints !
ÉPIGBAMMES.*
L’AMATEUR D’HORLOGES (l).
Sans cesse autour de six pendules.,
De deux montres , de trois cadrans ,
Lubin depuis trente et quatre ans Ocpupe ses soins ridicules.
Mais à ce métier , s’il tous plait ,
A-t-il acquis quelque science ?
Sans doute , et c’est l’homme de France
Qui sait.le mieux l’heure qu’il est.
Lettre de l'auteur y du 6 mars 1707. a Lubin est un de mes parens qui est mort il y a plus de ringt a ans , et qui avait la folie que j'attaque dans mon épigramme. U II était secrétaire du roi , et s'appelait M. Targas. Pavais dit , « lui vivant, le mot dont j'ai composé le sel de cette épigramme « qui n’a été faite que depuis environ deux mois , chez moi « Anteuil , où couchait l’abbé de Château-Neuf. Le soir , en m’ena (( tretenant avec lui , je m’étais souvenu du mot dont il est qoes- « tion. 11 l’avait trouvé fort plaisant ; et sur cela nous étions conte venus l'un et l’autre qu'avant tout , pour faire une bonne épi- (C gramme , il fallait dire en conversation le mot qu’on veut y « mettre à la fin , et voir s'il frapperait. Celui-ci donc l'ayant U frappé , je le lui rapportai le lendemain an matin , construit <( en épigramme telle que je vous l’ai envoj^e , etc. »
ÉPI6RAMMES.
SUR CE QU’ON AVAIT LU A' L’ACADÉAIIE DES VERS CONTRE HOMÈRE ET CONTRE VIRGILE (l).
Clio vint l’autre jour se plaindre au dieu des vers , Qu’en certain lieu de ^univers On traitait d’auteurs froids , de poètes stériles ,
Les Homères et les VirgUes.
Cela ne saurait être ; on s'est moqué de vous ,
Reprit Apollon en courroux :
Où peut-on avoir dit une telle infamie ?
Est-ce chez les Hurons , chez les Topinamboux (2) ? C’est à Paris. C’est donc dans l’hôpital des foux?
Non , c’est au Louvre , en pleine Académie.
(i) On avait lu à l’Académie française un poème de Perrault > intitulé : Le siècle de Louit-le- Grand , dans lequel Homère , Virgile , et la plupart des meilleurs ■ écrivains de l’antiqaiU étaient fort maltraités.
(3) Peuples sauvages do-1’ Amérique.
ÉPIGRAMMES
If* SUR LE MÊME SUJET.
J’ai traite de Topinamboux
Tous ces beaux censeurs, je l’avoue ,
Qui]de l’antiquité si follement jaloux ,
Aiment tout ce qu’on hait , blâment tout ce qu’on loue ; Et l’Acàdémie, entre nous ,
SoulTrant chez soi de si grands fous ,
Me semble un peu Topinamboue.
Zi: 1
• XK.