‹ Œuvres de Boileau a l'usage de le jeunesseChapitre 42 sur 62 · IMITATION DE MARTIAL · texte numérisé non relu

IMITATION DE MARTIAL

Paul', ce grand médecin, Feffroi de son quartier , Qui causa plus de maux que la peste et la guerre , Est curé maintenant , et met les gens en terre :

Il n’a point changé de métier.

(a) Martial , lir, i , r. 48-

Nuper erat medicus nunc est veîpillo Diaulus ;

Quod vespUlo facit , fecerat et medicus.

SUR UNE HARANGUE d’un MAGISTRAT, DANS LAQUELLE LES PROCUREURS ETAIENT FORT MALTRAITÉS.

IjOrsque dans ce sënat , à qui tout rend hommage , ^

Vous haranguez en vieux langage ,

Paul, j’aime à vous voir en fureur Gronder maint et maint procureur ; .

Car leurs chicanes sans pareilles Méritent bien ce traitement ;

Mais que vous ont fait nos oreilles ,

Pour les traiter si rudement ?

sur L’AGÉSILAS DE CORNEILLE. ^

J’AI VU l’Agésilas . i

Hélas ! i

Digitizêo by Guuglc

EPieRAMMES

XUI.

5UR L’ATTIl^ DU MÊME AUTEUR.

Après l’Agésilas , Hélas !

Mais apres l’Attila , Holà !

SUR LA MANIÈÏtE DE RÉCITER DU POÈTE SANTEUIL (l).

Quand j’aperçois sous ce portique Ce moine au regard fanatique ,

Lisant ses vers audacieux.

Faits pour les habitans des deux ,

(i) Jean-Baptiste Santeuil , chanoine régoHer de Saint-Victor , n été un des plus fameux poètes latins du 17. c siècle. Il a fait surtout de très-belles hymnes k la louange des Saints. Quand il eut fait celles de S. Louis il alla les présenter au roi , et les récita de la manière qu’il récitait tous scs vers , c'est-à-dire en s’agitant comme un possédé , et faisant des contorsions et des grimaces qui fîrent beaucoup rire les courtisans. Boileau qui se

EPIGRAMMCS. 355

Ouvrît une bouche effroyable ,

S’agiter , se tordre les mains ;

D me semble en lui voir le diable •

Que Dieu force à louer les saints.

A LA FONTAIIVE DE BOURBOjV.

Oui , vous pouvez chasser l’humeur apoplectique , Rendre le mouvement au corps paralytique ,

Et guërir tous les maux les plus invétérés :

Mais quand je lis ces vers par votre onde inspirés ,

11 me parait , admirable fontaine ,

Que vous n’eûtes jamais la vertu d’Hippocrène. ,

troara Ui fit cette ^pîgramme sur-le-champ , et , étant sorti pour

l'écrire , il la remit au duc de qui la porte au roi comme si

c’Cit été un papier d'importance. Le roi la lut et la. rendit on souriant à ce même seigneur , qui eut la malice de la lire i d'autres courtisans en présence de Santeuil même. Elle était ainsi :

A ^’Ot^ de quel air effroyable ,

Roulant les yeux , tordant les mai{U ,

Santeuil nous lit ses hymnes rains ,

Dirait-on pas que c'est le diable Que Dieu fore* à louer les saints !

ÉPIGBAMMES.*

L’AMATEUR D’HORLOGES (l).

Sans cesse autour de six pendules.,

De deux montres , de trois cadrans ,

Lubin depuis trente et quatre ans Ocpupe ses soins ridicules.

Mais à ce métier , s’il tous plait ,

A-t-il acquis quelque science ?

Sans doute , et c’est l’homme de France

Qui sait.le mieux l’heure qu’il est.

Lettre de l'auteur y du 6 mars 1707. a Lubin est un de mes parens qui est mort il y a plus de ringt a ans , et qui avait la folie que j'attaque dans mon épigramme. U II était secrétaire du roi , et s'appelait M. Targas. Pavais dit , « lui vivant, le mot dont j'ai composé le sel de cette épigramme « qui n’a été faite que depuis environ deux mois , chez moi « Anteuil , où couchait l’abbé de Château-Neuf. Le soir , en m’ena (( tretenant avec lui , je m’étais souvenu du mot dont il est qoes- « tion. 11 l’avait trouvé fort plaisant ; et sur cela nous étions conte venus l'un et l’autre qu'avant tout , pour faire une bonne épi- (C gramme , il fallait dire en conversation le mot qu’on veut y « mettre à la fin , et voir s'il frapperait. Celui-ci donc l'ayant U frappé , je le lui rapportai le lendemain an matin , construit <( en épigramme telle que je vous l’ai envoj^e , etc. »

ÉPI6RAMMES.

SUR CE QU’ON AVAIT LU A' L’ACADÉAIIE DES VERS CONTRE HOMÈRE ET CONTRE VIRGILE (l).

Clio vint l’autre jour se plaindre au dieu des vers , Qu’en certain lieu de ^univers On traitait d’auteurs froids , de poètes stériles ,

Les Homères et les VirgUes.

Cela ne saurait être ; on s'est moqué de vous ,

Reprit Apollon en courroux :

Où peut-on avoir dit une telle infamie ?

Est-ce chez les Hurons , chez les Topinamboux (2) ? C’est à Paris. C’est donc dans l’hôpital des foux?

Non , c’est au Louvre , en pleine Académie.

(i) On avait lu à l’Académie française un poème de Perrault > intitulé : Le siècle de Louit-le- Grand , dans lequel Homère , Virgile , et la plupart des meilleurs ■ écrivains de l’antiqaiU étaient fort maltraités.

(3) Peuples sauvages do-1’ Amérique.

ÉPIGRAMMES

If* SUR LE MÊME SUJET.

J’ai traite de Topinamboux

Tous ces beaux censeurs, je l’avoue ,

Qui]de l’antiquité si follement jaloux ,

Aiment tout ce qu’on hait , blâment tout ce qu’on loue ; Et l’Acàdémie, entre nous ,

SoulTrant chez soi de si grands fous ,

Me semble un peu Topinamboue.

Zi: 1

• XK.

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