‹ Œuvres de boileau despreaux, nouvelle edition; augmentèe de notes ed de la vie de l'auteurChapitre 48 sur 70 · STANCES A M, MOLIÈRE · texte numérisé non relu

STANCES A M, MOLIÈRE

Sur sa comédie de /'Ecole des femmes, que • plusieurs gens frondoient.

T^N vain mille jaloux esprits , Molière , osent avee mépris Censurer ton plus M ouvrage :

Sa ebarmautfl naïveté* S'en va pour jamais , d'Sge erf âge , Divertir la postérité.

Oue tu ris aeréablement !

One tu badines savamment !

Celui (juî sut vaincre Numattce , (i) Qui mit Carnage sous sa loi .

Jadis . sous le nom de Térence, Sut-il mieux badiner que toi t

Ta muse, avec utilité

TUt plaisamment la vAiftî.

Chacun profite à ton (fcolej

Tout en est Hcail.WoHt en est bon;

F.t ta plus burlesque parole

Est souvent un itocie sermon.

(1) Scîploa.

POÉSIES DIVERSES. 1 3o3 ■ Laisse prondor tes envieux ; Ils ont.beau crier en tous lieux .

8 u'en tain lu charmes 1« yolgaiw »

ue tes vers n'ont rien de plaisant.

Si tu savois un peu moins plaire, Tu ne leur deplairois pas tant.

Sosnet sur me de mes parentes qui mourut toute jeune entre les mains d'un charlatan.

Nouant des le berceau près de. la jeune Orante , Et non moins par le ccur que par le sang lié , ■A spS i eus innocens enfant associe .

Je goûtois les douceurs d'une amitié charmante : Quand un faiixF.sculape. à cervelle ignorante , À la fin d'un long mal vainement pallie' , Rompant de. ses beaux-jours le 'il trop délié , Pour jamais me ravit mon aimable parente.

O ! qu'un si rude coup me fit- verser de pleurs ! Bientôt la plume en main signalant mes douleurs , Je demandai raison d'un acte' si perfide.

Oui , j'en fis dès quinze ans ma plainte a l'univers , Et l'ardeur de venger ce barbare homicide Fut le premier de'mon qui m"inspira des ver*. Autre sonnet sur le même sujet,

' PaicM! les doux transports d'une amitié' fidèle , Je »d>ois pres d'Iris couler mes heureux jours. Iris , que j'aime encor , et que j'aimai toujours , Brfiloit des mêmes feux dont je brûTois pour elle s Quand, par l'ordre du cielune fièvre cruelle M'enleva cet objet de mes tendres amours , Et , de tons mes plaisirs interrompant le cours, Jiïe laissa de regrets ur.c suite étemelle.

âc^ POÉSIES Ab ! qu'un sï rude coup étonna mes esprits !

Que je versai de pleura ! que je poussai de cris ! De combien de douleurs nia douleur fut suivie ! Iris , tu fus alors moins à plaindre que moi. Et bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie. Hélas ! en te perdant j'ai perdu plus que tôt.

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