‹ Œuvres de boileau despreaux, nouvelle edition; augmentèe de notes ed de la vie de l'auteurChapitre 59 sur 70 · L A S E B RE · texte numérisé non relu

L A S E B RE

A de pins hauts partis Phlipote peut prétendre; Et le nouvel éclat de cette pension Lui doit.Lien mettre au cœur une autre ambition. Exerce nos rinieurs , et v*tnte notre prince ; * d te faire admirer chez les gens de province ; lai'3 marcher en tons lieux les rimeurs sous ta loi ; Sois des flatteurs l'amour, et des railleurs l'effroi : Tvt* n8 " ce8 ï u ^'*^B'eelïfe d'une ame vaine ; Montre -leur 1 comme it faut endurcir une veinff. Au métier de Phébus bander tous ïc* ressorts , „+t £ndo»aernuit et jour un rouge just au corpa ; ~~Î*ot1T avoir -de Tonçens donner ane bataille , ISe laisser de sa bourse échapper une maille ; hur-toutaers leur d'exemple , et ress<?uvien.n-toi h+en 3e leur former ua etvïe auas'i dur que le lieru '

CHAPELAIN DÉCOIFFÉ. 3ae

CHAPELAIN

Pour s'instruire d'exemple , en dépit de Linière , Ils liront seulement ma Jeanne tout entière : Là , dans un long tissu d'amples narrations Ils verront comme it faut berner tes nations, Duper d'un grave ton {-en» de robe et d'armée , Et sur l'erreur des sots bâtir sa renommée.

t,A SERR-E.

L'exemple de La Serre a bien plu3 de pouvoir ; Un auteur dans ton livre apprend mal son devoir : Et qu'a fait après tout ce grand nombre de pages , Que ne puisse égaler un de mes cent ouvrages ï Si tu fus grand flatteur, je le suis aujourd'hui, Eteejjrasde la presse est le plus ferme appui. Bilaine et de Serci sans moi seraient 4 l] a drilles ; IVlon nom eenl au Palais nourrit trente" familles ; Les marchands fermeraient leurs boutiques sans moi. Et s'ils ne nVavoicnt plus , ils n'auraient plus d'emploi.

Chaque heure .chaque instant fait sortir de ma plume Cahiers dessus cahiers , volume sur volume.

Mon valet , e'erivant ce que j'aurais dicté , Ferait un livre entier marchant à mon coté.

Et loin de ces durs vers qu'à mon style ou préfère , Il deviendrait auteur en me regardant feire.

C HAPELA1M.

Tu me parles en vain de ce que je connoi ; Je t'ai vu rimailler et traduire sous moi<:

Si j'ai traduis Gusniaa , si j'ai fait sa préface, Ton galimarhias a bien rempli ma place.

Enlin. pour m'épargner ces discours superflus, Si je Buis grand flatteur , tu l'es et tu le fus ; Tu vois bien cependant qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met de la différence.

CHAPELAIN DÉCOIFFÉ. 3a3

CHAPELAIN, Achève , et prends ma tête après au tel affront, Lu premier dont ma muse a vu rougir son front.

LA SERBE

Et que penses tu faire arec tant de foiblease î „v - ; - . CHAPETi AI N.

0 Dieu ! mon Apollon en ce besoin me laisse.

. -"'V tA S E R RE.

Ta perruque est à moi ; mais tu seroïa trop vain ,

Si ce sale trophée avait souillé ma main.

Adieu , fais liie au peuple , en dépit de Linière , De tes fameux travaux ("histoire toute entière ; D'un insolent discours ce juste châtiment - Ne lui servira pas d'un petit ornement. ■

CHAPELAIN

Rends-moi donc ma perruque.

LA SERRE

Elle est trop malhonnête ; De tes lauriers ancrés va te couvrir la tête.

CHAPELAIN

Rend» la calotte au moins. ,

LA SERRE

Va , va , tes cheveux d'ours Né pourroient sur ta tête encor durer trois jours.

ô désespoir ! 6 perruque ma mit" !

TS'as-tu donc tant véeu que pour celte infamie ï N'as-lu trompé l'espoir de tant de perruquiers , Que pour voir eh un jour flétrir tant de lauriers ! Nouvelle pension fatale à ma calotte !

Précipice élevé qui te jetto en la crotte î * Crael ressouvenir de tes honneurs passifs !

Services de vingt ans en un jour elïacéa !

Faut-il de ton vieux poil voir triompher La Serre , lit te mettre crottée , ou te laisser à terre ! La Serre , sois d'un roi maintenant régalé ; Ce haut rang n'admet pas un poète polo ; Et ton jaloux Ottueil , par cet affront insigne , Malgré le choix au roi , m'en a su rendre 'indigne. Et toi , de mes travaux glorieux instrument; Mais d'un esprit de glace inutile ornement , Plume jadis vantée , et qui dans cette offense M'as servi de parade et non pas de de'fense , Va , quitte désormais le dernier des humains , Passe pour me venger én de meilleures mains.

8\ Cassa'igne a du cœur , ets'il est mon ouvrage r Voici l'occasion de montrer son courage :

Son esprit est le mien , et le mortel affront yui tombe sur mon chef rejaillît sur son front.

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