CAS SAIGNE
Parle sans t'e'mouvôir,- Je suis jeune , il esr vrai ; mais, aux ames bien nées, La rime n'attend pas le nombre des années.
LA SEGRE.
Maïs l'attaqtfcr à" moî ! qui t'a rendu si vain î ■ Toi, qu'on ne vit jamais une plume à la main.
cas s A ICÏNE.
Mes pareils avec toi sont dignes de combattre. Et pour des coups d'essai veulent des Henri-Quatrej
LA SEBSS, Sais-tu bien qui je suis ï
CASSAIONE. .
Oui , tout autre que moi , En comptant tes écrits, pourrait trembler d'effroi;
33o CHAPELAIN DÉCOIFFÉ..
Mille et mille papiers dont la table est couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte.
3'atiaque en téméraire , un gigantesque auteur ; Mais )'aurai trop de force ayant assez de cœur. Je veux venger mon maître , et ta plume indomptable,
Pour ne se point lasser n'est point infatigable.
LA SERBE
Ce phébus qui parott au discours que tu tiens Souvent par tes écrits se découvrit aux mienfl ; Et te voyant encor tout frais sorti de classe , •Je dïsois : Chapelain lui laissera sa place. Je sais ta pension , et suis ravi de voir Que ces bons mouvemens excitent ton devoir; u'ils te font sans raison mettre rime sur rime , tayer d'un pédant l'agonisante estime ; Et que , voulant pour singe un écolier parfait , Il ne se trompait point au choix qu'il avoit fait. Mais je sens que pour toi ma pitié s'intéresse, J'admire ton audace , et je plains ta jeunesse : ■ Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal, Dispense un vieux routier d'un combat intfgal ; Trop peu de gain pour moi suivrait cette victoire. A moins d'un gros volume, on compose eaus gloire, Et j'aurois le regret de voir que tont Paris Te croirait accablé cb> poids de mes écrits.
CAS S Al G WE,
D'un indigne pitié ton orgueil s'accompagne ; Qui pèle Chapelain craint de tondre Casaaigne.
(■A SERRE
Retire-toi d'ici.
CA 5 5 AI Gif E.
H&tona-nous de rimer.
CHAPELAIN DÉCOIFFÉ. '33r
LA SERBE
Es-tu si près d'écrire î