‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 114 sur 189 · XCII.' JOUR · texte numérisé non relu

XCII.' JOUR

Séparation des justes et des impies. Ibid.

Tl les séparera les uns des autres j comme un pan teur sépare les brebis rf'apec les boucs. Il dit ailleurs, que les anges feront cette séparation ; et sé^ pareront les justes d'av^ec les impies. Les uns seront à la droite, et les autres à la gauche (0. Que n aura point à craindre alors la troupe des impies ? Ce qui est cause que Dieu ne répand pas sur elle toute sa colère, c'est le mélange des bons et des mauvais : et il épargne les uns, pour Famour des autres. Après la séparation , quelle vengeance ^ Mais quelle horreur aura-t-on des mauvais ? Ils se cachent ici parmi la foule, et se mêlent avec les bons : là, que toute leur difformité parottra, et qu'on les comparera avec les justes plus resplendissons que le ma-

CO Mauh, xxT. 3a, 33. xiii. /^

f* SUR L*ÉVANGILE. Spi

-Cfn (Oy et avec le Fils de rhomme qui est la justice même y qui les pourra souffrir : et qui se pourra souffrir soi-même ? Q montagnes ! cachez-nous : 6 eoUines ! tombez sur nous C^). Dans quelle compagnie es-tu f malheureux ? On a honte de se trouver avec un seul scélérat : tu seras avec tous les mé» chanSy et^tu en augmenteras le nombre infâme : diacun portera sur le front le caractère de son pé«i ché. O comment pourra-t-on soutenir la lumière d*un si grand jour, et comparoitre devant le Fils de rhomme !

Qu^attendons-nous davantage 7 La séparation est &ite« Hypocrite ! qui cachois si bien ton iniquité , et qui te joignois à la troupe des gens de bien ; te voilà tout d'un coup à la gauche : avec Caïn , avec Nemrody avec Antiochus,* avec Judas, avec Caïphe^ avec tous ceux qui ont crucifié Jésus-Christ, et mas<^ saci'é ses prophètes, ses apôtres, ses martyi^s; avec tous les scélérats, tous les impies, tous les hérétiques, tous les infidèles, tous les idolâtres, tous les Juifs , tous les impudiques , tous les voleurs ; avec ceux dont le seul nom fait horreur : pis que tout cela, avec les démons, qui ont inspiré et animé tous ces méchans. Cest avec eux qu'il faudra vivre ; si c'est là une vie , que de ne vivre que pour son sup« plice ou pour sa honte. O néant! je t'invoque : c'est en toi que je mets mon espérance : ô néant ! reprends-moi dans tes abîmes : pourquoi en suis-jo sorti ? par où y rentrerai-je ? Il faut être pour périr toujours. Toi qui disois : Tout meurt avec moi; mon

(0 Proy. IV. i8. — C"» Luc^ miii. 3o.

392 MÉDITÀTIOHS

ame s'en ira comme un souffle : la voilà toute ^ Tante. Voilà même ton corps dissipé qui a reprii sa forme et sa consistance : te voilà tout entier. Mais pourquoi ? pour un opprobre éternel : pour voir toujours (0. Et quoi? son crime , son infamie, son ordure y celle des autres , les médians , leur infâme société, le peuple ennemi^ les démons , une implacable justice contre une méchanceté incorrigible. O mes tristes yeux ! que verrez -vous donc alors ? Ah ! que ne peut-on être aveugle , pour ne voir point ces horreurs! Mais on verra , mais on sentira tout le mal possible : tout le mal qui est dans le crime , tout le mal qui est dans la peine. Fuyons, fuyons le péché ; puisque si on ne le fuit, on ne pourra fuir le supplice. Pénitence , pendant qu il est temps : fléchissons la face du juge : prévenons-la par la confession de nos péchés. Pleurons, pleurons devant celui qui nous a faits W : pleurons^ avant que de tomber dans ces pleurs irrémédiables et intarissables : pleurons avec saint Pierre, de peur d'aller pleurer éternellement et inutilement avec Judas et tous les méchans.

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