DE LA JOIE DU CHRÉTIEN
Ênun (0 : tt U est ressuscité pour notre justification ». Quod si Chris tus non resurrexit, vana estfides ves"^ ira ; adhuc enim estis in peccatis vestris W : « Que -» si Jésus-Christ n est point ressuscité, votre foi est » donc vaine; vous êtes encore engagés dans vos » péchés 3». S*il n*est pas ressuscité. Dieu n'a pas agréé son sacrifice , il Fa laissé dans le tombeau mort comme les autres, mort comme les autres pécheurs , et non pas comme Sauveur ^ et non pas comme « libre entre les morts (3) ». Goûtons donc la joie de la rémission des péchés. Benediç , anima mea , Domino (4): « Mon ame, bénis le Seigneur ». Le passage d'Isaïe : Mémento horum , Jacob et Israël , tjuoniam ser^us meus es tu :formas^ite; sen^us meus es tu, Israël, ne obliyiscdris meti^) : « Souvenez- » vous de ceci, Jacob, et vous Israël, qui êtes mon » serviteur : je vous ai créé; Israël, vous êtes mon » serviteur, ne m'oubliez point ». Delevi ut nubem iniquitates tuas , et quasi nebulam peccata tua : revertere ad me , quoniam redemi te (6) : « J*ai efiacé » vos iniquités comme une nuée qui passe , et vos » péchés comme un nuage : revenez à moi, parce » que je «vous ai racheté ». Laudate, cœU, quoniant misericordiam fecit Dominus : jubilate , extrema terrœ; resonate, montes, laudationem , saltus et omne lignum ejus; quoniam redemit Dominus Jacob, et Israël gloriabitur (7) : « Cieux , faites éclater vos » cantiques, parce que le Seigneur a fait miséri* » corde : soyez dans un tressaillement de joie, pro- » fondeurs de la terre ^ montagnes, faites retentir
(0 Bom. iT. aS. — (•) /. Cor. xt. 17.— (}) Ps, lxxxtii. 4. — WPs. çii. 1. — W Js. XLiT. ax. — W IM. 22. — (7) IM. a3.
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baisé FEvangile ; aux deux côtés y [ il adresse ces paroles ] ; Resurrexit Dominus ; ce Le Seigneur est » ressuscité» : lui, [reçoit ces paroles] de l'Evangile; eux, des apôtres : Ego enim accepià Domino çuod et tradidi vobisM: <c Car c*est du Seigneur » que )'ai appris ce que je vous ai aussi enseigné ». La parole passe de bouche en bouche ; Resurrexit Dominus; c'est la prédication par-là venue jusqu'à nous , et qui ira jusqu'à la fin des siècles. Mais qu'a* joute-t-pn 7 Credo ; « Je le crois » : et celui qui dit ; ce Je le crois )) , dit à l'autre ; Resurrexit Dominus ; par ces deux mots , par celui de la prédication et celui de la foi, [ la vérité est parvenue jusqu'à nous.] Mais que vent dire ce Credo? Si Jésus-Christ est ressuscité; et nos resurgemus ; nous ressusciterons aussi. Jésus-Christ est ressus(;^té, mais tout entier : de là la joie. Car que craindre ? Quoi , pauvre , [ ta misère t'effraie; et on te destine] un royaume! Complacuit Patriofestro dare vobis regnum W : « Il » a plu à votre Père de vous donner son royaume ». Ne vous réjotiisseE donc pas de ce que [vous êtes icibas riches , puissans , heureux] ; mais de ce que Jésus-Christ est ressuscité , et nous tous en lui , pour aller régner avec lui.
Mais pour goûter cette joie céleste , fuyez ces joies qui nous sont laissées pour notre supplice. Gaudio dixi : Quid frustra deciperis (3) ? « J'ai dit » à la joie : Pourquoi trompes-tu si vainement » 7 Cette joie qui commence à naître [te captive]; ta
aussi ; Credo : jet ainsi successiTement Fim à rautre ils s^adressenl les ménMt paroles , et se font la même réponse. ( Eàit, de Défont. ]
(0 /. Cor, u. 3). — * W £«c. XII. 3a. — (') EccUs, 11, a.
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oonranteSy des fleurs qui passent ^ etc. On voudroit arrêter ; marche ^ marche. Et cependant on voit tomber derrière soi tout ce qu'on avoit passé; fra* cas effroyable^ inévitable ruine. On se console ^ parce qu*on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu*on voit se faner entre ses mains du ma-* tin au soir, quelques fruits qu*on perd en les goù** tant : enchantement. Toujours entraîné, tu approches du gouffre affreux : déjà tout commence à s'ef* fistcer ;' les jardins moins fleuris, les fleurs moins brillantes^ leurs couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires; tout se ternit, tout s*efiace : Fombre de la mort [ se présente; ] on commence à sentir l'approche du gouffre fatal. Mais il fiiut aller sur le bord ; encore un pas. Déjà Thorreur trouble les sens, la tête tourne, les yeux [s*é* garent; ] il faut marcher. [On voudroit retourner] en arrière ; plus de moyen : tout est tombé , tout est évanoui, tout est échappé.
Je n*ai pas besoin de vous dire que ce chemin , c*est la vie^ que ce gouffre, c'est la mort. Mais la mort finit tous les maux passés, et se finit elle-même. Non, non : dans ces gouffres, des feux dévorans, grinoemens dé dents, un pleur éternel, un feu qui ne s'éteint pas, un ver qui ne meurt pas. Tel est le chemin de celui qui s'abandonne aux sens ; plus •court aux uns qu'aux autres. On ne voit pas la fin : quelquefois on tombe sans y penser, et tout d'un coup. Mais le fidèle [ demeure ferme : ] JésusOhrist , qui l'accompagne toujours, [le soutient;] il mépiîse ce qu'il voit périr et échapper. Au bout, près de l'abîme, une main invisible le transportera; ou BossusT. xuu 44
6l)0 Stn LEB MOTIFS DE LA JOIT. Ut CHHÉTIEN.
plutôt il y entrera comme Jésus-Cluist, il mourra comme Jésus -Christ, pour triompher de la mort. Quiconque a cette fui , il est heureux ; [ il possède ] la joie de Tobie. Jérusalem , beati omnes <jui diU' gunt te (iJ : « O Jérusalem, heureux sont tous ceus » qui t'aiment » , qui verront tes murailles rétablies, (on sanctuaire, tes sacrifices. Beatus ero, sifuerint relitfiiiœ seminis mei ad videmiain clarilatem Jentsalein (■") : « Je serai heureux , s'il reste des hommes » de ma race, pour voir la lumière et la splendeur » de Jérusalem » : combien plus de la céleste Jérusalem! [Telle est la] joie de Jésus-Chiist ressuscite, qui dégoûte des joies qui passent, et qui donnera la joie éternelle, au nom du Pèie, et du Fils, et du Saint Esprit.