ÉVÊQUE DE MEAUX
LA TUILE ET LE JOUE DE KA CEOrELAtOK *.
A l’interrogation hors la clôture.
Vous avez raison , ma fille, d'appeler et d'estimer heureux lejour de votre profession. Il est heureux pour vous, puisque vous y serez l'épouse de Jésus-Christ : mais faites-y bien réflexion , et voyez a quoi vous allez vous engager. Ne croyez pas que vous serez exempte de peines dans la religion : ce serait un abus que de le prétendre; puisque c'est un continuel sacrifice de mort asol-méme, et que la nature y souffre beaucoup : mais il n'importe, ne l'écoutez pas; car autrement vous ne ferez Jamais rien. Si vous avez de la peine, à la bonne heure : vous en aurez plus de mérite; et Dieu vous donnera toujours ses grâces , pourvu que vous lui soyez fidèle. En voilà une bien grande qu'il vous fait, de vom appeler à la sainte rell- 0on : correspondez-y fidèlement. Vous faites bien, ma fille, de rivre dans la crainte; car l'homme doit continuellement se défier de soiméme. Il ne faut cependant pas qu'elle soit excessive , car il y aurait de la recherche de soi-méme ; et cette si grande crainte pourrait provenir d'une âme lâche, qui a peur de travailler. C'est bien fait , ma fille , d'étre toujours en crainte , pourvu qu'elle soit filiale et non point servile; et pour y éviter les extrémités, ayez continuellement recours à Dieu , et vous combattez vous-méme , puisque ce n'est qu'après le combat que l'on remporte la victoire : soyez toujours humble et docile, vivez dans l'obéissance , et vous n'aurez point toutes ces craintes.
* Cm paroica aoot tiré» da manoscrit d*one raligieose unnliiM de Meaux , qui éeririt, apréi la oéréiaonte , leadifféreaU diacoun que Boàaoel lui fit ion de ta profeuioci. Nous leur eontervoot le tilre qu’elle leur a doimé, comiue plut pn^ire à faire eonnallre le retpeet que cet bonnet religleuiet avaient puurletlaatrucUoDs de leur digue puteur. {tdit.de D^oriê.)
A mes demandes après le sermon.
Vous voilà, ma fille, pleinement instruite des obligations que vous allez contracter avec Jésus- Christ par le moyen de vos vœux : vous voyez à quoi ils vous obligent; comme par le vœu de pauvreté vous renoncez pour jamais aux biens, aux pompes et à toutes les richesses du monde; comme vous devez renoncer par le vœu de chasteté à tous les plaisirs et contentements du siècle , en vous séparant même du plus petit par une mortification générale de tous vos sens. Enfin vous avez entendu que par l'obéissance vous devez consacrer votre cœur, votre volonté, et tout ce qui est en vous jusqu'au fond de vos entrailles , pour n'avoir plus désormais d'autre volonté que celle de vos supérieurs. C'est ce qui vous vient d'étre prêché si saintement.
Ma fille, retenez toutes ces vérités profondes, et ne les oubliez jamais; gravez-les dans votre esprit et dans votre cœur, afin d'animer toutes vos opérations, et de vous établir sur ces principes solides pendant tout le cours de votre vie religieuse. C'est, ma fille, la prière que je vais faire à Dieu pour vous dans le reste de cette cérémonie , en vous aidant à achever votre sacrifice. Unissez-vous à nous de tout votre cœur. Det tibi Deus in hoc sancto proposito perseverantiam : • Que Dieu vous donne la persévérance dans - cette sainte résolution. »
A la sainte communion.
Ma fille, voilà votre divin époux; voici votre Dieu qui vient se donner à vous. Recevez cette victime sainte qui s'est immolée pour vous ; consommez en loi votre sacrifice : mangez Jésus- Christ , savourez cette viande céleste et divine. Que votre esprit , votre eœur, tout votre intérieur et tout l'intime de vous-méme en soit rempli. Nourrissez-vous de cet aliment et de cette nourriture sacrée , incorporez-vous à die ; en la prenant , vous recevrez l'esprit de vos vœux. Nourrissezvous done de l'esprit de pauvreté, recevant celui qui a été si pauvre qu'il est dit de lui qu'il n'a pas seulement eu de quoi reposer son chef adorable ' . Nourrissez-vous de cette chair virginale ; et vous recevrez en vous-méme l'esprit de chasteté , et la pureté de celui qui est vierge , fils d'une vierge , ami des vierges, et le chaste époux des vierges. Recevez cette divine hostie , mangez cette victime d'amour et de pureté; et vous recevrez dans votre cœur l'esprit d'obédience , de celui qui , par obéissance, s'est immolé et offert en sacrifice et en oblation pour le salut de tous les hommes, de celui qui s'est rendu sujet et parfaitement sou-
• Matth. Ttn, 30.
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