DANS UNE VISITE
• J’ai désiré de vous voir pour vous commu-
• niquer quelque peu de la grâce spirituelle , et
• vous confirmer ■ . • Cest saint Paul , ce vigilant pasteur, cet homme apostolique, cet homme du troisième ciel , qui parle ainsi. Examinons un peu ses paroles; pesons-les toutes. J’ai désiré de vous voir, dit-il ; Il ne se contente pas de leur écrire. Tantôt il envoie Tite, tantôt Timothée, ou quelque autre de ses disciples ; mais enfin le désir immense de leur communiquer quelque peu de la grâce spirituelle , le porte à souhaiter de venir lui-même leur rendre visite. Quelque peu : pourquoi quelque peu? Cest que ce grand apôtre qui avait reçu tant de dons , parlait en la personne de nous autres , pasteurs indignes et infirmes , qui n’en pouvons communiquer que quelque peu : il avait en vue la disposition de ceux qui la reçoivent , et qui souvent ne sont capables que d’en recevoir peu ; et aussi , il n’appartient qu’à Dieu de rendre notre ministère assez efficace pour en donner beaucoup. De nous-mêmes nous ne saurions conférer aux autres la moindre grâce; c’est Dieu, comme dit l’apôtre ’, qui nous en rend capables. Et vous voyez par là combien vous êtes intéressées à demander pour nous à l’auteur de tout don , qu’il prépare nos cœurs et les vôtres; afin que nous paissions produire des fruits abondants parmi vous. Dieu sait, mes filles, que j’ai désiré d’un désir cordial , dans la sincérité de mon cœur et sous les yeux de Dieu , de vous voir. Sans me comparer au grand apôtre, recevez le peu que je vous donne ; puisque Dieu donne beaucoup à celui qui reçoit peu.
Je trouve trois fruits de la visite : le premier me regarde et il vous regarde ; c’est la consolation mutuelle que nous en devons retirer vous et moi : vous, en voyant la sollicitude de votre pasteur; et mol par la joie que me donnera, dans cette visite , la promptitude de votre obéissance ; et par l’espérance que je concevrai que vous serez ma couronne dans le ciel , et ma consolation sur la terre, quand je penserai que j’ai des filles qui aiment sincèrement Dieu. Le second fruit de la visite , c’est l'estime que vous devez avoir de votre âme ; en considérant le soin que J ésus-Christ
' Aom. I, II.
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