LE TRÉSOR CACHÉ DANS LA RELIGION
Simile est regnum eœlorum thesauro abgcondiio in agro, quem qui invertit homo, abscondit ; et prœ gaudio illiu3 vaditf et vendit universa quœ hahet, et cmit agrum illum.
Le royaame des deux est semblable, h un trésor enterré dans an champ : Thomme qui Ta trouvé le cache; et transporté de joie, il va vendre tout ce qu*il possède, et achète ce champ. Salyt Matthieu , chap. I3.
C'est une de ces similitudes dont Jésus-Christ se servait pour expliquer le mystère du royaume de Dieu. Vous le comprenez parfaitement , âmes religieuses , qui, élevées dans l'école de ce divin maître , êtes ses fidèles disciples aussi bien que ses saintes épouses; et je puis vous appliquer aujourd'hui ce qu'il ajoutait en parlant à ses apôtres : f^obîs datum est nosse mysterium regni Dei , cœterls autem in parabolis (Luc. , 8) : Pour vous, qui êtes spirituelles et éclairées, il vous a été donné de discerner et de connaître ce royaume mystérieux , que les justes par la foi possèdent dès maintenant stu* la terre. Telle est la grâce de votre état , et tel est le fruit de ces profondes méditations dont vous vous occupez si utilement et si saintement dans la religion : P'obis datum est. Mais pour les autres , qui sont grossières et aveugles dans les choses de Dieu, c'est-à-dire, pour les mondains , ce royaume ne leur est proposé qu'en paraboles , et ils n*en ont par là qu'une idée confuse, si le prédicateur de l'Évangile ne leur en découvre le secret. Permettez-moi donc de m'accoounoder à leur disposition; et puisque en vertu de mon ministère je suis redevable à tous, souffrez, ines chères sœurs, que joignant à votre édification particulière l'instruction générale des chrétiens du «ède, qui ne sont ici assemblés que pour profiter
de votre exemple, je leur fasse entendre, sous la parabole du trésor caché, ce qu'il y a de plus important dans ce royaume de Dieu , dont le Sauveur du monde nous a fait lui-même de si excellentes leçons. L'illustre vierge qui fait le sujet de cette cérémonie, et qui , par un acte héroïque de sa piété , va se dévouer pour jamais à Dieu , sera la preuve sensible et vivante de tout ce que j'avancerai. Comme elle est déjà toute pénétrée des lumières du ciel, et que, après les saints exercices qu'elle a si dignement soutenus, nous n'avons rien pour elle à désirer, sinon qu'elle persévère dans la ferveur où nous la voyons; sans m'arrêter à l'instruire, c'est vous, hommes du siècle qui m'écoutez, que j'instruirai par elle. Par elle vous connaîtrez la nature de ce trésor, à quoi le royaume des cieux est comparé; par elle vous apprendrez où on le trouve , comment on le conserve , et à quel prix il mérite d'être acheté. Nous avons besoin des grâces du Saint-Esprit , et , pour les obtenir, nous nous adressons à vous , glorieuse Mère de mon Dieu, et nous vous disons : Ave, Maria. A prendre dans les vues de Jésus-Christ la parabole que je viens de vous proposer, quel en est le sens? Ce royaume de Dieu, semblable à un trésor, selon la pensée des Pères de l'Églfse, et en particulier de saint Jérôme , c'est le christianisme, où Dieu, par sa miséricorde, nous a appelés, et où sont renfermées pour nous toutes les richesses de sa grâce : Simile est regnum eœlorum thesauro. L'homme heureux et prédestiné dont parle le Sauveur du monde n'est autre que celui même qui a trouvé ce trésor, Quem qui invenit homo; qui a.su le mettre à couvert , Abscondlt ; et qui s'est dépouillé de tout pour l'acquérir. Et vindit universa quœ hahet, et emii. Trois choses distinctement marquées dans l'Évangile, et qui vont faire le partage de ce discours : car voici tout mon dessein. Le christianisme que nous professons, et dont selon Dieu nous nous glorifions , est en effet notre trésor : mais ce trésor, avouons-le, mes chers auditeurs, ne se trouve que