SUR LE CHOIX
a iious-ménies , par où nous devons mesurer Texcellence et la perfection de ce choix. Il y a plus : car ce choix présupposé, je veux vous faire remarquer, et même vous faire sentir, combien Dieu nous est nécessajre dans la séparation du monde où la religion nous engage. Mais aussi veux-je au même temps vous obligera reconnaître que, quelque séparés du monde que nous soyons , ce choix présupposé , Dieu nous suffît. Appliquez-vous à ma pensée dont voici le précis réduit à cinq chefs : choix glorieux à Dieu , choix heureux pour nous , choix qui nous rend Dieu nécessaire, choix qui fait que Dieu nous suffît, et choix enfin d'où il s'ensuit que Dieu est tout autrement notre Dieu qu'il ne Test des chrétiens du siècle. Plaise au ciel que je puisse bien imprimer dans vos esprits et dans vos cœurs des vérités si édifiantes !
Première vérité : choix glorieux à Dieu. La démonstration en est sensible , et a^ous en devez être touchées. C'est qu'en vertu de ce choix nous rendons à Dieu un authentique témoignage qu'il est Dieu , et parfaitement notre Dieu , et , à l'exclusion de tout autre, notre seul et unique Dieu, puisqu'il mérite que nous quittions tout pour lui, et que pour lui nous renoncions à nous-mêmes , car il n'y a que Dieu qui mérite cet abandonnement total, et pour qui il nous soit permis de renoncer à nous-mêmes, jusqu'à nous sacrifier nous-m^mes, comme il n'y a que rdme religieuse qui rende à Dieu cet honneur, au moins dans toute l'étendue que cet honneur peut lui être rendu sur la terre. Et c'est ici , mes chères sœurs, que je commence à découvrir le privilège inestimable de notre vocation. Non, disait saint Basile à ses disciples , il n'y a que Dieu seul à qui ce sacrifice volontaire de la profession religieuse puisse être dû, et pour qui il puisse être louable. Quitter tout pour tout autre que pour Dieu, ce serait un excès de folie; mais pour Dieu, c'est une éminente sagesse. Renoncer à soi-même pour la créature, ce serait une idolâtrie secrète et une impiété; mais pour Dieu, c'est un acte héroïque de religion. En cela, dis-je, consiste la grandeur de Dieu , et par un admirable enchaînement des intérêts de Dieu avec les nôtres, en cela la grandeur de Dieu, quoique absolue et indépendante de nous , semble ne pouvoir être séparée de nos intérêts. Car vous seul , ô mon Dieu , vous seul êtes digne que nous quittions tout pour vous , parce que dans vous seul nous trouvons tout ce que nous quittons, et infiniment au delà de tout ce que nous quittons ; vous seul avez droit d'exiger quepour vous nous renoncions à nous-mêmes, parce que vous seul pouvez nous dédommager de ce renoncement, et qu'étant Dieu, vous avez seul de quoi pouvoir être la récompense de notre sacrifice.
Mettons nos intérêts à part : ce n'est point encore de quoi il s'agit. J'ai dit au Seigneur x Vous êtes mon Dieu, parce que vous n'avez nul besoin de mes biens :