SIXIEME SERMON
SUR
L'ÉTAT RELIGIEUX
UALUÀNCE DE L*AME RELIGLEUSE AVEC DIEU.
DiUcktM mtu» tnihi, et ego illi.
Moo bfeo-aimé est à moi , et Je suis à lai. Cantique des can- Hquet, cbap. 2.
Cest réponse des Cantiques , ou , sous la figure de cette épouse, c*est l*âroe chrétienne, et en particulier rame religieuse qui parle, et qui nous fait connaître la sainte alliance qu'elle a contractée arec Dieu. Quand elle dit d'abord que ce céleste époux est à elle, c'est pour nous donner à entendre comment il a fait en sa faveur les premières avances, comment il Ta recherchée, et de quelles grâces il Ta prévenue ; et quand elle ajoute qu'elle est à lui , c'est pour nous marquer avec quelle fidélité elle s*est rendue attentive à sa voix, elle a répondu à ses favorables poursuites , et suivi l'inspiration difine qui l'attirait : Dilectus meus mihi, et ego illi. L'un et l'autre était nécessaire. Si Dieu ne l'eût point appelée, si elle n'eût point été éclairée d'une lumière eéleste, et que la grâce ne lui eût point fait sentir ses saintes impressions , jamais elle n'eût conçu le dessein de renoncer au monde et de se dévouer à Dieu : ou si , fermant les yeux à la lumière qui l'éelairaît, et réprimant dans son cœur les mouvements que la grâce y avait excités , elle eût été insensible à la vocation du ciel , Dieu , malgré elle, ne l'eût point engagée, et toutes les vues de sa miséricorde lurelle seraient demeurées sans effet. Mais l'attrait de Dieu d'une part, et de l'autre la correspondance de l'âme ; Dieu qui invite , et l'âme qui consent ; Dieu qui s'offre, et l'âme qui accepte en se donnant fiUe-méme : voilà, nia très-chère sœur, ce qui forme xtte belle alliance dont j'ai à vous entretenir, et en conséquence de laquelle vous pourrez dire éternelement : Dilectus meus mihi, et ego illi. Alliance aplitf pure, puisque c'est avec Dieu que vous l'allez soDtracter, et que la grâce en doit être le sacré MBad ; alliance la plus inviolable , puisque vous 'allez jurera la face des autels, et par une profession K>lennelle; alliance la plus glorieuse , puisqu'elle ne rous donnera pas seulement la qualité de servante lo Seigneur, mais d'épouse du Seigneur, et par là «fin, alliance pour vous la plus avantageuse, puislu'elle vous mettra en possession de toutes les riiiesses de Dieu , et en possession de Dieu même. )r pour vous proposer en trois mots, chrétiens luditeurs, le dessein de ce discours, trois choses, «lonsaint Augustin, forment une alliance: le choix, 'engagement et la société. Le choix en est comme e principe, l'engagement en est comme l'essence, et
la société en est le fruit. Choix mutuel , engagement réciproque, société commune. Que fait donc de sa part une jeune personne en embrassant la profession religieuse ? c'est ceque j'ai à vous représenter dans les trois parties de cet entretien, et ce qui fera tout le sujet de votre attention. Ellechoisit Dieu, elle s'engage à Dieu, elle acquiert, pour ainsi dire, un droit spécial sur tous les trésors de Dieu et sur Dieu même. Voilà, ma très-chère sœur, les avantages inestimablés du saint état auquel vous vous dévouez; mais voilà en même temps tout le fonds des devoirs indispensables et des obligations qu'il vous Imposera. Vous les remplirez , ces obligations; et ces avantages aussi, vous les goûterez. Sainte Mère de Dieu, c'est sous vos auspices que cette vierge fidèle se consacre à votre Fils adorable, et c'est par votre intercession que j'obtiendrai les lumières qui me sont présentement nécessaires ; je les demande, en vous disant : j4ve, MaHa.