‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 311 sur 408 · SDB LA PRÉSENCE RÉELLE DE JÉSUS- CHRIST DANS LE SAINT SACREMENT · texte numérisé non relu

SDB LA PRÉSENCE RÉELLE DE JÉSUS- CHRIST DANS LE SAINT SACREMENT

Cttmamti^ui auUm eis, aecepU Jetuipanem, et benedixit ae /régit, deditque dim:ipulis suis, et ait :Acçipite et cornedite : hoc eti corpus meum.

Pendant qa*il8 ioapaient, Jésus prit da pain, le bénit, le Tomplt , et le donna à ses disciples , disant : Prenez et mangez : eed est mon corps. SAi.Tr Matthieu , cliap. as.

Comment est-ce le corps de Jésus-Christ , et devons-nous être surpris de la dispute qui s*éieva d'abord entre les Juifs , lorsque lui ayant entendu dire : Le pain que Je donnerai , c'est ma chair pour la me du monde (Joan .« 6) , ils se demandaient les uns aux autres : Comment cet homme nous peut-il donner sa chair à manger? Ils ne comprenaient pas le merveilleux changement qui se fait dans TEucfaaristie, de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de ce Dieu-Homme. Nous ne le comprenons pas nous-mêmes ; mais , plus dociles que ces incrédules , ce que nous ne comprenons pas , nous le croyons , et , sans vouloir Tapprofondir, nous nous soumettons à cet article de notre foi. Changement qui, selon la pensée des Pères , et en particulier de saint Chrysostome , est une extension de Tincarnation divine : de sorte que nous pouvons regarder cet excellent mystère comme une seconde naissance du Fils de Dieu. Outre sa génération éternelle dans le sein de son Père , il naquit sur la terre, pour la première fois, du sein de Marie, où il avait été conçu ; et j*ose dire que cette seconde naissance qu*il prend sur nos autels entre les mains des prêtres , n'est pas moins réelle, ni moins véritable : premier point; n'est pas moins nûraculeuse, ni moins admirable : second point; n'est pas moins avantageuse aux hommes , ni moins salutaire : troisième point. Reprenons , et mettons ceci dans tout son jour.

Premier point. Naissance réelle et véritable. Cest un langage assez ordinaire des Pères , que Jésus-Christ dans le sacrement de l'autel est réellement et véritablement produit ; car ils appellent production cette conversion du pain et du vin au

eorps du Sauveur et en son sang. Aussi est-ce en ce même sens que saint Augustin , relevant .la dignité du sacerdoce de la loi nouvelle, s*écrie : 0 respectable et redoutable dignité des prêtres , puisque c'est par leur ministère et dans leurs mains que le Fils même de Dieu s'incarne ' !

Je sais de quelles erreurs Thérésie a infecté sur cela les esprits. A l'exemple des Capharnaïtes , le^ hérétiques des derniers siècles se sont non-seulement étonnés, mais scandalisés d'une vérité néanmoins si solidement établie. En vain pour les convaincre leur a-t-on opposé ces paroles si claires , si formelles , si précises : Ceci est mon corps, ceci est mon sang ; ils n'ont point manqué de subtilités pour les interpréter et les détourner ; car voilà le caractère de l'incrédulité, de ne pas voir au milieu de la lumière , et de s'aveugler, si je puis le dire , en plein jour. Pressés par un témoignage si évident , à la propre signification des termes , ils n'ont pas rougi de substituer le sens le moins naturel et le plus forcé : altérant la proposition de Jésus-Christ , l'affaiblissant, tout expresse qu'elle est, et la réduisant à dire : Ceci est le signe , la figure de mon corps, et ceci le signe , la figure de mon sang.

Le vaste champ , si j'entreprenais de combattre ces ennemis de l'Église , et si je m'engageais à justifier contre leurs dogmes erronés la croyance orthodoxe et catholique où nous vivons 1 Que n'aurais-je point h produire pour les détromper, si de bonne foi ils le voulaient être, et que l'opiniâtreté, que souvent même un intérêt secret ou une fausse gloire ne les retint pas obstinément et presque invinciblement dans leurs préjugés? Je leur demanderais avec quelle vraisemblance ils peuvent se persuader que le Sauveur du monde , la veille de sa mort , déclarant à ses apôtres ses dernières volontés , comme par testament , et leur marquant le don qu'il faisait aux hommes de son corps et de son sang précieux , il se soit énoncé dans une pareille conjoncture, et sur un sujet de cette importance, en des termes équivoques et métaphoriques ; qu'il ne se soit pas fait entendre autrement, et que, ne s'expliquant pas davantage , il ait donné aux fidèles et à toute l'flglise l'occasion la plus prochaine d'une idolâtrie publique et perpétuelle.

Je leur ferais observer les affreuses conséquences qui doivent s'ensuivre, s'il est permis , surtout en ce qui concerne les mystères de la religion , de restreindre à un sens impropre et figuré ce que l'Écriture, ce que l'Évangile exprime le plusnettiv ment , et sans la moindre restriction ni la moindre ambiguïté. Pourquoi ne serais-je pas en droit d*u* ser de la même liberté, au regard de Hiumanitéde Jésus-Christ, au regard de sa mort, de sa résuT'

> In quorum manibuê incarnatur fUtUê Dei, aoc

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