SECONDE MÉDITATION DE LA FIN DU CHRÉTIEN
Si qmiê vmit venin pott me, ahnêgei semeHpmm,
SI qQplqa*ao Teat Tenir après moi, qu*ii reoonw à lol- ■ême. Mattb., clu^ 16.
Pasmiee POUfT. Pourquoi suis-je chrétien ? pour servir et honorer Dieu : non plus selon les simples rues de ma raison, puisque ma raison étant aussi faible , aussi bornée , et aussi obscurcie qu'elle Test par le péché, elle ne me donnerait pas d^assez hautes Idées de Dieu. NoDplus selon les maximes générales ie la religion : car Dieu demande de moi comme shrétien , quelque chose de plus parfait que ce que la religion en général prescrit à tout homme qui conoattraitDieu, et n'aurait que la foi d'un Dieu. Mais je suis dirétien, pour servir Dieu et pour le glorifier lelon les règles particulières , et selon l'esprit de la loi de Jésus-Christ. Dieu ne veut plus que je vive lelon d'autres règles que celles-là ; ettoutcequi n'est pas selon ces règles n'est plus selon le cœur de Dieu.
En effet, Jésus-Christ n'est venu du monde que pour me faire connaître Dieu, et que pour m*apprendre à honorer Dieu comme Dieu mérite d'être honoré. C'est pour cela qu'il disait : Mon Père, j'ai failconnaUre aux hommei votre nom, (Joàn., 17.) Moïse avait appris aux juifs à honorer Dieu par des sacrifices et des victimes; mais ces sacrifices, où Ton n'immolait que des animaux, n'étaient que Tombre et la figure du vrai culte que Dieu attendait de moi. Ces sacrifices étaient infiniment au-dessous de ce que Dieu méritait. Jésus-Christ est donc venu pour m'enseigner à honorer Dieu en esprit, c'està-dire, par le sacrifice de moi-même et par le renoncement à moi-même.
Divine leçon que cet Homme-Dieu , comme législateur et comme maître, m'a faite dans sa propre personne. Entrant dans le monde, il dit à Dieu : Fous n'avez pas voulu , Seigneur, cToblation étrangère; mais vous m'avez formé un corps. Des holocaustes de l'ancienne loi ont cessé de vous agréer; c'est pourquoi j'ai dit : Me voici, Je viens, Je m'offre. Je me livre à vous. {Hebr., 10.) En un mot, il B*e8t immolé lui-même, il s'est anéanti lui-même, et cela pour honorer Dieu ; mais en même temps pour avoir droit de me dire : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce, et qu'il meure à soimême. (Matth., 16.)
Voilà « dis-je, pourquoi je suis chrétien, et c'est oniquement par là que je me mets en état de rendre à Dieu le véritable hommage que je lui dois. Il fiiot donc conclure , que si je ne renonce à moimême, je ne suis chrétien que de nom ; que si je ne renonce à moi-même , je ne porte le nom de chrétien
que pour ma confusion ; que , quoique je fasse d'ailleurs, si je ne renonce à moi-même, je ne connais pas Dieu, je n*aime pas Dieu, je suis incapable de glorifier Dieu , de la manière que je le dois connaître , que je le dois aimer, que je le dois glorifier. C'est dans ce renoncement à moi-même, et dans ce sacrifice de moi-même, que consiste pour moi la religion. Les juifs pouvaient l'ignorer : mais après la révélation expresse qu'il a plu à Dieu d'en faire au monde par Jésus-Christ , mon ignorance sur ce potnt serait mon crime. Ce renoncement est difficile, mais il est nécessaire. Se quitter soi-même, se dépouiller de soi-même, c'est une parole bien dure, selon les sens et selon les inclinations naturelles; mais c'est une parole de salut, une parole de vie et de la vie étemelle.
Second point. En qualité de chrétienne dois être conforme à Jésus-Christ. Car c'est dans cette vue, dit saint Paul , que Dieu a choisi ses élus : les ayant tous prédestinés sur le modèle de sou Fils. Y a-t-il entre Jésus-Christ et moi de la conformité ; j'ai droit d'espérer en Dieu, et de faire fond sur ses miséricordes. Mais n'y a-Ml dans moi nul trait de ressemblance avec Jésus-Christ ; quand j'aurais d'ailleurs toutes les perfections des anges. Dieu ne me reconnaît point, ni ne me compte point au nombre des siens. Quoi qu'il en soit, voilà ma fin, et à quoi je dois travailler comme chrétien : à me faire une copie vivante de Jésus-Christ; à envisager Jésus- Christ comme l'excellent original sur lequel je dois me former ; à me dire sans cesse , en le contemplant , ce que Dieu dit à Moïse : Foyez, et faites selon le divin exemplaire que vous avez devant les yeux. (Exod.,25.)
En qualité de chrétien , je dois être revêtu de Jésus-Christ. C'est l'expression dont s'est servi l'Apôtre : f^ous tousqui avez été baptisés en Jésus-Christ^ vous êtes revêtus de Jésus-Christ. {Calot., 8.) Quel honneur pour moi, en me dépouillant du vieil homme, de m'être revêtu du nouveau I Mais quelle honte aussi pour moi , si je n'en suis revêtu qu'extérieurement, et si, faisant profession d'être chrétien, je n'en ai pas intérieurement l'esprit 1 Quelle contradiction , si , portant le caractère et la marque du sacrement de Jésus-Christ, je n'en ai pas la sainteté, et si dans la pratique je sépare l'un de l'autre! Quelle monstrueuse hypocrisie, si je ne suis dirétien qu'en apparence, et si devant Dieu j'ai un esprit et un cœur tout païen!
En qualité de chrétien, je dois être incorporé à Jésus-Christ comme un de ses membres ; je dois lui être uni comme à mon chef. C'est encore la doctrine du saint apôtre : Ne sanezrVOÊts pas que vos corps sont les membres de Jésus-Christ? (1 . Cor., 6.) Or entre le chef et les membres , il doit y avoir de la