‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 2)Chapitre 390 sur 408 · SACREMENTS · texte numérisé non relu

SACREMENTS

Premieb point. Entre les sacrements, il y en a deux dont l'usage nous peut être plus fréquent et plus commun; savoir, celui de la pénitence par la confession , et celui de la divine eucharistie par la communion. Aussi est-ce de l'un et de l'autre qu'on entend parler, quand on exhorte les âmes chrétiennes et religieuses à la fréquentation des sacrements. Jésus-Christ les a établis dans son Église, comme deux sources abondantes de toutes les grâces ; et c'est à nous d'en retirer tout le fruit qu'il s'est proposé en les instituant pour notre sanctification.

Ils ont chacun leur vertu propre. Le sacrement de pénitence est comme un baptême , qui nous purifie et qui nous lave de toutes les taches de nos péchés. Le sacrement de l'eucharistie est comme une manne et un pain qui nourrit notre âme; qui l'engraisse , selon le terme de l'Écriture ; qui la fait croître et l'entretient dans une étroite union avec Dieu. Or, le Saint-Esprit nous témoigne que le juste même tombe et pèche jusques à sept fois le joor \ d'où il s'ensuit que nous avons donc sans oesa^ besoin d'être purifiés , et par conséquent que nous devons souvent recourir à la pénitence et à son sacrement. De plus, nous ne pouvons ignorer quelle est toujours notre faiblesse , malgré toutes les résolutions que nous avons formées au saint tribunal et dans le sacrement de pénitence. D'où suit encore cette autre maxime , qu'il nous faut un aliment solide pour nous soutenir dans le chemin de la perfection , et pour nous aider à y faire continuellement de nouveaux progrès. Cet aliment, c'est l'adorable eucharistie, et de là nous devons juger combien il nous importe de ne nous en tenir pas longtemps éloignés , mais d'en approcher autant qu'il nous est permis , et d'y participer.

Voilà pourquoi les maîtres de la vie spirituelle ont tant recommandé la fréquente confession et la fréquente communion. Ils recommandent l'une et l'autre aux fidèles en général; mais en particulier, et à bien plus forte raison, aux personnes religieuses. La fréquente confession est un moyen très-efficace, non-seulement pour obtenir la rémission des fautes actuelles dont nous nous rendons coupables, et pour nous maintenir par là dans l'innocence et la pureté du cœur , mais pour nous faire acquérir la connaissance de nous-mêmes; pour nous faire prévoir les occasions dangereuses et personnelles que nous avons à éviter, et pour nous apprendre à les prévenir; pour empêcher que nos imperfections, par une malheureuse prescription, ne se tournent en habitude, et qu'elles ne s'enracinent. Car tout cela et bien d'autres avantages, c'est ce que produit

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