PREMIÈRE PARTIE
C'est de tout temps que la France a expérimenté, dans ses malheurs et dans ses révolutions , un secours du ciel d'autant plus singulier et plus favorable, qu'il a paru souvent moins espéré et plus approchant du miracle. Mais on peut dire, et il est vrai , qu'elle n'en eut jamais une preuve plus sensible que dans la conjoncture fatale où elle se trouva sur la On du siècle passé , lorsque , accablée de maux , épuisée de forces, déchirée par les guerres civiles , exposée comme en proie aux étrangers , elle se vit sur le pointde perdre ce qui Tavait jusqu'alors maintenue, et ce qui était le fondement de toute sa grandeur, savoir, la vraie religion. Je m'explique.
La France, autrefois si heureuse et si florissante tandis qu'elle avait conservé la pureté de sa foi, gémissait dans la confusion et dans le désordre où l'hérésie l'avait jetée. L'erreur de Calvin, devenue redoutable par sa secte encore plus que par ses dogmes , malgré toute la résistance du parti catholique, avait prévalu : son venin , par une contagion funeste, avait gagné les parties les plus nobles de l'Ëtat; le sang de nos rois en était infecté; l'héritier légitime de la couronne l'avait sucé avec le lait; les princes de sa maison étaient non -seulement les sectateurs , mais les chefs et les défenseurs du schisme formé contre l'Eglise. De là on ne devait attendre que la décadence , et même rentier renversement de l'empire français. Les temples profanés , les lois méprisées , l'autorité anéantie, le culte de Dieu, sous ombre de réforme, perverti , ou plutôt aboli , en étaient déjà les infortunés présages. Mais au milieu de tout cela, la hMi^J&nnee était sous la protection du Très-Haut. Quoi*
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que penchante Ters sa ruine, et sur le bord affreux du précipice où elle allait tomber, la main toutepuissante du Seigneur la soutenait. Le Dieu, non plus d'Abraham , d'Isaac et de Jacob , mais de Clovis, de Charlemagne, et de^aint Louis, veillait encore sur elle; et pour relever son espérance contre son espérance même. Contra spem in spem {Rom., 4), il se préparait à la sauver, par ce qui semblait devoir être la cause de sa perte.
Henri, Tincomparable prince dont j'ai entrepris de parler, était le sujet que Dieu avait choisi entre autres et prédestiné pour cela. Appliquez-vous, mes chers auditeurs , et admirez avec moi la profondeur des conseils divins. Ce prince était né dans le sein de l'hérésie ; et quoiqu'il fût encore enfiint, le parti hérétique comptant sur lui , et se promettant tout de lui , le regardait avec raison comme son héros futur. Rien dans l'apparence n'était mieux fondé que cette vue. Mais c'est ici , providence adorable de mon Dieu , où vous commençâtes à triompher de la prudence humaine , et où , par des voies secrètes mais infaillibles, vous disposâtes toutes choses avec force et avec douceur : avec force , changeant les obstacles en moyens , pour parvenir à vos Ans; et avec douceur, n'employant pour y réussir que le charme de votre grâce victorieuse des esprits et des cœurs.
Ce prince, né dans Thérésie, était celui par qui la vraie religion devait renaître , pour ainsi dire, et se reproduire dans son premier éclat. Il était suscité pour la rétablir, premièrement dans sa maison, et par là dans toute sa nation. Le malheur de ses pères avait été de s'en séparer, et c'était l'unique tache dont leur gloire avait pu être ternie : il fallait qu'il l'effaçât, il fallait que le petit-fils et le successeur de ces grands hommes fût le restaurateur de leur foi , et que de leurs cendres ilsorttt uo digne vengeur des maux que leur zèle aveugle el trompé avait fait souffrir à l'Église leur mère.
Dieu ne voulait pas que la maison de Condé dût à une autre qu'à elle-même l'accomplissement d'une si sainte obligation , ni qu'une autre qu'elle-même eût l'avantage de réparer ce qu'elle avait détruit. Elle seule en était capable , et tout le mérite lui en était réservé. Elle devait mettre au jour un autre Esdras , qui fit revivre parmi les siens la loi de Dieu; un second IMachabée , qui , animé du même esprit , purifiât et renouvelât le sanctuaire que ses ancêtres infidèles avaient les premiers profané. Ce Machabée , cet Esdras était notre Henri ; et en effet , c'est par lui que la maison de Condé , après trente années de désolation , retourna au culte des autels, et rentra dans la communion romaine, et par lui que la maison royale acheva d'être purifiée du levain de la nouveauté et de l'erreur. Mais voyonsen les oirconstances, qui sans fotiguer vos esprits.
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voot me servir d'autant de preuves de cette vérité.
Henri IV, monarque encore plus grand par ses vertus et par ses qualités royak» que par son nom, élevé qu*il fut sur le trône, ne pensa dans la suite qu*à raffermir en afifoiblissant peu à peu Fhérésie, et donnant à la religion catholique, pour laquelle il s'était enfin déclaré , toutes les marques d'un véritable attachement. L'un et l'autre, quoique nécessaire, était difficile: et selon les maximes delà politique, l'un et Tautre, eu égard au temps, pouvaient être dangereux. Mais il surmonta heureusement et les difficurtés et les dangers de Tun et de Tautre, en ôtant aux hérétiques le seul appui qui leur restait, et retirant d'entre leurs maius le jeune prince de Condé, auquel il voulut désormais tenir lieu de père, et de l'éducation duquel il se chargea. Qui pourrait dire avec quel succès et avec quelle bénédiction? Par là le calvinisme, de dominant et de fier qu'il avait été, se sentit consterné et abattu ; et par là la vraie religion, de consternée et d'alarmée qu'elle était encore, acheva d'être pleinement et mène tranquillement la dominante. Posséder le prince de Condé, fut pour elle une assurance et un gage de toutes les prospérités dont le ciel l'a depuis comblée; et l'avoir perdu, fut pour le parti protestant le coup mortel qui l'atterra.
Ainsi Tavait prévu le sage et saint pape Clément VIII , dont la mémoire doit être à la France le sujet d'une éternelle vénération : ainsi , dis-je, Tavaitil prévu. Pressé de ce soin de toutes les Églises qui excitait sa vigilance, et qui causait son inquiétude, il ne crut pas , dans l'état chancelant où étaient les choses, pouvoir rien faire, ni pour la France, ni pour rÉglise, de plus important que de s'intéresser à £aire élever le prince de Condé dans la profession de la foi orthodoxe. Il l'entreprit, il y travailla, il le demanda avec prières et avec larmes, et comme souverain pontife il fut exaucé pour le respect qui lui était dû. A cette condition , la grâce de l'absolution du roi et la ratification de sa réunion avec le saint-siége fut accordée. Mille raisons s'y opposaient; et vous savez par combien d'artifices et d'intrigues ce grand œuvre fut traversé : mais le vicaire de Jésus-Christ, sous une telle caution, n'appréhenda rien; sûr de tout, pourvu que le prince de Condé fût rendu à l'Église, et persuadé que d'assurer à l'Église le prince de Condé était répreuve la plus certaine qu'il pouvait faire des dispositions du roi, qu'après cela, il ne lui était non plus permis de douter de la pureté de sa religion , que de son droit incontestable à la couronne. L'événement, saint Père, vous justifia, et l'applaudissement que tous les peuples donnèrent à votre conduite montra bien dès lors que c'était l'esprit de Dieu qui vous animait quand vous en jugeâtes ainsi.
Le roi, aussi sincère que généreux, et aussi religieux qu'invincible, se fit un honneur d'accomplir la condition; et ce que je vous prie de remarquer, cette condition, par lui accomplie, fut la preuve authentique de sa conversion. Jusque-là , ou la malignité ou rignorance avaient tâché de la rendre suspecte; et la défiance qui s'était répandue dans les esprits , sur un point aussi délicat et aussi essentiel que celui-là, soutenait encore un reste de faction que la diversité des intérêts avait excité, et que le démon de discorde fomentait sous le nom spécieux de sainte union et de ligue. Les uns, à force de désirer que le roi dans le cœur fût converti , n'osaient absolument le croire ; les autres affeetaient de ne le pas croire, parce qu'ils craignaient qu'il le fût, et qu'il était de leur intérêt qu'il ne le fût pas. La passion obstinait ceux-ci , et un dérèglement de zèle séduisait ceux-là.
Mais quand, malgré les soupçons et rincrédulité, on vit le roi retirer de Saint-Jean d'Angély le prince de Coudé, et ne vouloir plus qu'il écoutât les ministres de l'hérésie; quand on le vit s'appliquer luimême aie fdreinstruiredans la reUgion catholique, et pour cela lui choisir des maîtres aussi distingués par l'intégrité de leur foi, qu'ils étaient d'ailleurs exemplaires et irrépréhensibles dans leurs mœurs; un Pisani, l'honneur de son siècle, un le Fèvre, doublement illustre, et par son érudition profonde, et par sa rare piété , tous deux catholiques zélés , et tous deux unanimement attachés à l'éducation du prince , que le roi leur avait confiée , et dont chaque jour ils lui rendaient un compte exact; quand on vit, dis-je, le roi en user ainsi, ah! mes ehers auditeurs, on ne douta plus qu'il ne fût lui-même changé, et son retour à l'Église, que ses ennemis persistaient à éécrier comme vain et apparent, fut par là justifié véritable et de bonne foi. La ligue prétendue saintese dissipa; la protestante qui, quoique déchue, pensait toujours à se relever, en désespéra : la vraie religion, triomphante de l'une et de l'autre, respira et se ranima. Dénoûment, encore une fois , dont on peut bien dire que c'était le Seigneur qui l'avait fait, A Domitio factura est istud; mais dénoûment qu'on n'aurait jamais dû attendre, si Dieu n'avait suscité le prince de Condé pour en être l'instrument principal.
Il n'avait pas encore neuf ans, ceci mérite d'être remarqué, et le roi , qui découvrait eu lui une maturité de raison et même de religion anticipée, le députa pour recevoir Alexandre de Médicis , légat du pape, dans son entrée solennelle. Avec quelle grâce, quoique enfant, et avec quelle dignité s'acquitta-t-il d'une si importante commission ! Le légat en pleura de joie, et l'admira comme un prodige. Mais de quelle consolation ceux qui avaient le cœur français et le cœur chrétien ne furent-ils pas péné-
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très, vopnt cet enfant , que le seul nom de Condé avait rendu peu auparavant redoutable au saintsiège, rendre lui-même au saint-siége, dans la personne de son ministre, le devoir de Tobéissance filiale, et le rendre au nom de la France dont il était rorgane et l'interprète!
Ce fut là , chrétiens , comme le sceau de Talliance étroite et sacrée que ce royaume chéri de Dieu renouvela pour lors avec TÉglise. Le sacerdoce et rempire , divisés depuis si longtemps , furent par là heureusement réunis; et la France, qui, pour user du terme de saint Jérôme, avait été comme effrayée de se voir malgré elle calviniste , se trouva parfaitement catholique. Qui fut le lien, le garant, le répondant de tout cela? Le jeune prince de Condé. Uesprit de Dieu , qui , selon la parole sainte, rend éloquentes les langues des enfants, exprima tout cela par la sienne dans le discours surprenant qu'il fit au légat. Le ciel et la terre y applaudirent , et rhérésie seule en demeura confuse. Je ne me suis donc pas trompé quand j*ai dit que Dieu Tavait fait naître pour le rétablissement de la vraie religion.
Mais pouvait-il choisir un sujet plus propre, et qui eût avec plus d'avantage tout ce qui était nécessaire pour ce grand dessein? C'était un esprit éclairé , et en matière de religion , aussi bien qu'en tout autre chose , du discernement le plus justeet plus exquis qui fut jamais. Il avait Pâme droite, et paiement incapable de libertinage et de superstition. Qualités que Dieu lui donna, quand il le sépara , si j'ose ainsi dire, pour Tœuvre à laquelle il le destinait. ( 2. Thess. , 2. ) Prenez garde , s'il vous plaît , chrétiens : dans ce temps malheureux que nous déplorons , et que saint Paul, par un esprit prophétique, semblait nous avoir marqué, où Fhèrésie , s'opposant à Dieu, s'éleva au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu , et adoré comme Dieu , j'entends le sacrement de Jésus-Christ, que l'erreur de Calvin anéantissait : en ce temps, dis-je , quoique déplorable, il y avait dans le monde des savants , mais c'étaient des savants superbes , pleins de cette science réprouvée qui enfle et qui corrompt ; il y avait des humbles dans la foi , mais c'était des humbles ignorants, contents de la simplicité de la colombe , et absolument dépourvus de la prudence évangélique du serpent. Les premiers avaient attaqué la religion , et les seconds s'étaient trouvés trop faibles pour la soutenir : voilà ce qui l'avait perdue. Il fallait, pour la relever, des humbles clairvoyants et pénétrants, dont rhumilité fût selon la science, et dont la science fût sanctifiée par rhumilité; des hommes dociles, mais pourtant spirituels, pour juger de tout; des spirituels, mais pourtant dociles, pour ne se révolter sur rien ; et ce fut là proprement le caractère du prince de Condé.
il étudia sa religion, ehoise si rare dans les grands du monde; et jamais prince ne fut eatholique, ni avec tant de connaissance de cause , ni avec tant de conviction de ce qu'il croyait et de ee qu'il devait croire. Au lieu que les hommes mondains sont, communément, ou sensuels ou impies; sensuels, occupés de leurs passions, condamnant avec témérité tout ce qu'ils ignorent, et affectant d'ignorer tout ce qui les condamne; impies, n'étudiant les dioses de Dieu que pour les censurer, et ne les censurant que pour éviter, s'ils pouvaient , d'en être troublés : le prince de Condé, exempt de ces deux désordres , voulut s'instruire en sage et en chrétien de la religion à laquelle Dieu l'avait appdé; mais il ne voulut s'en instruire que pour s'y soumettre, et il ne voulut s'y soumettre que pour la pratiquer. Il la posséda avec cette pureté de lumière que demandait saint Pierre (1. Petb., 3) , toujoura pr^ à en rendre raison , et toujours disposé à faire valoir les motifs qui l'avaient touché dans la comparaison des sociétés qui partagent le christianisme ; s'estimant, disait-il, responsable, et à Dieu et aux hommes, et à soi-même , de la grâce qu'il avait reçue , en quittant le parti de l'erreur, et s'attacfaant à celui de la vérité.
Un prince éclairé de la sorte n 'était-il pas né pour faire refleurir la vraie religion ? Ajoutez-y ce cœur droit avec lequel il la professa; ce cœur droit que le monde n'ébranla jamais, et' qui, lui inspirant pour Dieu une sainte liberté dans l'exercice de son culte, sans être ni hypocrite, ni superstitieux, en fit un catholique fervent. Vous m'en demandes une marque , concevez celle-ci , et imitez-la. U ae crut obligé, comme catholique, à avoir et à témoigner une vénération particulière pour tout ee qui avait servi de sujet de contradiction à lliéréBÎe; éi s'appliquant l'instruction faite an grand Clovis dans la cérémonie de son baptême, Jdora quodincenr disti. Adorez ce que vous avez brûlé, il prit pour maxime de signaler sa religion , particulièrement dans les choses où l'hérésie l'avait combattue. Souffrez-en le détail , qui n'aura rien pour vous que d*édifiant.
L'aversion et la haine du saint-siége avait été l'un des entêtements de l'hérésie : l'une de ses dévotions fut d'aimer le saint-siége et de l'honorer. U savait sur cela tout ce que la critique et tout ce que la politique lui pouvaient apprendre, et il en aurait fait aux autres des leçons. Mais il ne savait pas moins se tenir dans les justes bornes que lui prescrivait sur ce point la vraie piété : et persuadé de la sûreté de cette règle, il se fit une politique aussi solide que chrétienne , d'avoir pour la chaire de saint Pierre, qui est le centre de l'unité, cet attachement inviolable que les saints ont toujours regardé couime une source de bénédiction. Quels
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111*60 donnft-^ilptspeodaot sa Tîe, et ftvec | fMb MatimdBti de ferreur le r€COImIlalKla-^il à ta mort aux princes ses eufants? Cest Théritage sacré qii*ii lear laissa ; et l*ane de ses dernières volontés fut de les conjurer avec tendresse d'être en eed ses imitateurs, comme il Pavait été lui-même de tant de héros chrétiens. L*hérésie avait méprisé les cérémonies de TÉglise : il ne lui en fallut pas davantage pour se faire un devoir de les révérer. Gomhîea de fois Fa-t-on vu assister aux divins offices, avec ce même esprit de religion qui animait antrefms David , édiflant et excitant comme lui les peuples par sa présence , n'estimant point, non plus que lui, au-dessous de sa dignité de se joindre aux ministres du Seigneur pour glorifier avec eux d'une voix commune l'arche vivante du Testament , et devenant par là, aussi bien que David , un prince selon le coeur de Dieu.
Rien n'était plus odieux à l'hérésie que les ordres religieux : pour cela même il les respecta , il les chérit, il les protégea; et parce qu'entre les ordres religieux il en considéra un plus singulièrement dévoué à porter les intérêts de la vraie religion, et par une conséquence nécessaire, plus infailliblement exposé à la malignité et à la censure des ennemis de la foi; un ordre dont il vit qu'en effet Dieu s'était servi pour répandre cette foi jusqu'aux extrémités de la terre ; un ordre qu'il reeomwit n'avoir été institué que pour servir dès •oo berceau de contre-poison au sdiisme naissant de Cahrin et de Luther ; un ordre qu'il envisagea , par ime fitaltté heureuse pour lui, persécuté dans tous les Ueux où dominait l'hérésie ; c'est à celui-là qœ le prince de Condé s'unit plus intimement, qaHA fit sentir phis d'effets de sa protection, qu'il confia ce qu'il avait de plus cher, qu'il découvrit phis à fond les secrets de son âme, et qu'il donna Boo ooeor en mourant.
Cest par là, mes Pères (car encore est-il raisonnable que , parlant ainsi pour vous et pour moi , je rende à ce cœur une partie de la reconnaissance que nous lui devons) ; c'est par là, mes Pères, que nous eûmes part à son estime et à sa bienveillance : et malheur à nous , si nous dégénérons jamais de ce qui nous Fattira! Gomme son amour pour sa religion en était le seul motif, il ne nous distingua entre les autres que par l'engagement particulier où il supposa que nous étions, de tout entreprendre et de tout souffrir pour l'avancement de la religion catholique; et nous ne lui fûmes chers, que parce qu'il nous crut des hommes déterminés à sacrifier mille fois nos ries pour l'Église de Dieu. Nos combats pour la foi dans les pays barbares et infidèles , nos travaux, nos croix, nos souffrances dans l'ancien monde et dans le nouveau, ainsi lui-même s'en expliquait-il , voilà ce qui nous l'attacha. C'est donc
à nous de remplir l'idée qu'il eut de nos personnes et de nos ministères, lia consolation est, que ce zèle de la foi ne nous a pas encore quittés, et que l'esprit même du martyre ne s'est pas retiré de nous. Ces glorieux confesseurs que l'Angleterre vient dedonner à Jésus-Christ, le sang de nos frères immolés comme des victimes à la haine de l'infidélité, en sont encore les précieux restes. A ce prix, nous posséderions encore aujourd'hui et le cceur et les bonnes grâces du prince de Condé. Il ne follait rien moins pour les mériter ; et la vu.e de continuer à nous en rendre dignes, est une des considérations les plus propres à exciter en nous le souvenir de nos obligations.
Mais revenons à lui. Je vous ai dit, et je l'ai prouvé, que Dieu l'avait choisi, et l'avait fait naître pour le rétablissement de la vraie religion. Voyons de quelle manière il répondit à ce choix , et avec quel zèle il combattit toute sa vie pour la défense de cette même religion. Cest le sujet de la seconde partie.