‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 3)Chapitre 130 sur 256 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Saint Paul , instruisant les premiers fidèles sur l'Eucharistie , qui de nos mystères est le plus auguste , se servait d'une expression bien remarquable pour leur donnera entendre l'abus qui se faisait dès lors, et qui se fait encore tous les jours dans le christianisme de cet adorable sacrement : Qui enim mandticat indigne , judicium sibi manducat, non dijudicans corpus Domini (1. Cor,, 1]), quiconque, leur disait-il , mes frères, mange indignementcepainde vie, doit savoir qu'il mange sa propre condamnation; et pourquoi ? parce qu'il ne fait pas le discernement qu'il doit faire du corps du Seigneur. Prenez garde, s'il vous platt : l'apôtre réduisait l'abus de la communion à ce seul point, de recevoir le corps de Jésus-Christ sans distinguer que c'est le corps de Jésus-Christ; d'user de cette viande céleste, qui est immolée sur l'autel , comme on userait d'une viande commune ; de ne la pas prendre avec ce sentiment respecteux que demande la chair d'un Dieu; de la confondre avec les aliments les plus vils, ne mettant nulle différence entre man* ger et communier, entre participer à la table sainte.

sua LA PAROLE DE DIEU.

tx être admis à une table profane. Abus qui , dans ck's premiers siècles de FÉglise, pouvait venir de l'ignorance des gentils ou de Tignorance même des Juifs nouvellement convertis à la foi, mais abus qui , par notre infidélité et par la corruption de nos mœurs , est devenu bien plus fréquent et plus criminel , parce qu'il n'est rien de plus ordinaire ni rien de plus déplorable que de voir encore aujourd'hui des chrétiens qui communient sans discerner la nourriture sacrée qui leur est offerte, c'est-à-dire, sans qu'il paraisse que c'est une viande divine et la chair même du Rédempteur qu'ils croient recevoir : Non dytidicans corpus Domini.

Or j'applique ceci à mon sujet , et , sans prétendre que la comparaison soit entière, elle me servira néanmoins et me tiendra lieu de preuve pour établir ma seconde proposition. Nous commettons tous les jours mille abus dans l'usage de la parole de Dieu ; et malheur à nous si les commettant , ou nous ne les connaissons pas , ou nous ne les ressentons pas. Mais, chrétiens , l'abus capital , celui que nous devons sans cesse nous reprocher et d'où suivent tous les autres , c'est que , dans la pratique , nous ne faisons pas le discernement nécessaire de cette ado^ rable parole, je veux dire que nous ne l'écoutonspas comme parole de Dieu, mais comme parole des hommes; qu'au moment qu'elle nous est annoncée, au lieu de nous élever au-dessus de nous-mêmes pour la recevoir avec cette préparation d'esprit qui nous la rendrait également vénérable et profitable en nous souvenant que c'est la parole du Seigneur, nous nous en formons des idées tout humaines; que nous ne la déshonorons pas moins , selon la remarque de saint Chrysostôme, en l'approuvant qu'en la méprisant, puisque dans nos éloges et dans nos mépris nous en jugeons comme si c'était l'homme et non pas le Dieu tout-puissant qui nous parlât. Voilà ce que l'expérience m'a appris , ce qu'elle vous apprend à vous-mêmes , et de quoi je voudrais vous faire sentir toute l'indignité.

En effet, convenez avec moi, mes chers auditeurs, que cet abus est un des désordres les plus essentiels où nous puissions tomber; désordre, reprend saint Augustin, par rapport à Dieu , qui, selon l'Écriture, étant un Dieu jaloux, l'est singulièrement de rhonneur de sa parole ; désordre par rapport à nous-mêmes , qui par là détruisons et anéantissons toute la vertu que Dieu , comme auteur de la grâce, communique à cette sainte parole pour nous sanctifier : deux points d'une extrême importance. Écoutez-moi. Quand vous ne faites pas un juste discernement du corps de Jésus-Christ , saint Paul prétend , et avec raison , que vous le profanez : Reus eritcorporis et sanguinis Domini (1. Cot., 11); et moi je soutiens , par la même règle, <|ue vous profanez la parole de Dieu quand vous ne

savez pas la discerner de la parole de l'homme, selon l'esprit de notre religion. Ne comparons point ici^es deux désordres, pour en mesurer Textes et la grièveté. Vous avez horreur d'une communion sacrilège; et loin d'affaiblir et de diminuer en vous ce sentiment, je voudrais, s'il m'était possible, l'augmenter encore et le confirmer : mais ma dou- Jeur est qu'avec cette horreur d'une communion indigne, vous n'ayez but remords de l'outrage que vous faites à Dieu en écoutant , si je puis m'exprimer de la sorte , sa parole indignement ; et je voudrais que l'horreur de l'un, par une conséquence naturelle , servît à exciter en vous Phorrear de l'autre. Tremblez, vous dirais-je, quand vous mangez le pain des anges avec aussi peu de foi que vous mangeriez un pain terrestre et matériel : en user ainsi , c'est un crime que vous ne détesterez jamais assez. Mais tremblez encore , ajouteraisje, quand vous entendez la parole que Ton vous prêche , avec aUssi peu de religion que s! c'était an discours académique; quand, dis-je, vous l'entendez sans mettre entre elle et celle des hommes la différence que Dieu y met et qu'il veut que vous y mettiez; et comprenez bien qu'il y a dans l'abus de la prédication une espèce de sacrilège que nous pouvons comparer à l'abus de la communion. Voici comment saint Augustin lui-même s'en est expliqué : Non minus est verbum Dei, gtiam corpus ChrisU, (AUG.) Non , mes frères , disait-ii , la parole de Dieu que nous entendons n'est rien à notre égard de moins précieux ni de moins sacré que le corps même de Jésus-Christ. Voilà le principe qu'il supposait comme incontestable; d'où il tirait cette conclusion, qui, toute sensée qu'elle est, avait toutefois besoin d'être appuyée de son autorité : Nok minus ergo reus erit, gui verbum Dei perpcram audierit, guam gui corpus Christi in terram cadere sua negligentia prmsumpserU. (Id.) Celui-là donc, ajoutait-il , n'est pas en quelque sorte moins criminel ni moins sujet à l'anathèroe de saint Paul, qui abuse de cette sainte parole et qui la profane, que s'il profanait le corps du Sauveur en le laissant tomber par terre et le foulant aux pieds. Avouonsle néanmoins, mes chers auditeurs, c'est ce qui vous arrive tous les jours , et à quoi vous n'avez peut-être jamais pensé , pour en faire devaut Dieu le sujet de votre confusion et de votre douleur; car si l'on venait entendre la parole de Dieu comme parole de Dieu , y viendrait-on par un esprit de curiosité pour l'examiner, par un esprit de inaliguité pour la censurer, par un esprit d'intérêt pour faire sa cour, par un esprit de mondanité pour voir et pour se faire voir ; le dirai-je et n'en serez-vous point scandalisé? par un esprit de sensualité pour contenter les désirs de votre cœur, et pour trouver Tobjetde sa passion?

SUR LA PAROLE DE DIEU

sut

Ah! dnrétîens , ne rougirait-on pas de s*y présenter aveede telles dispositions? Cette pensée seule, c'est la parole de mon Dieu que je vais écouter, ne suffirait-elle pas pour nous saisir d'une salutaire frayeur? Occupé de cette pensée, n'y viendrait-on pas avec un esprit humble , avec une âme recueillie , avee un cœur touché et pénétré des plus vifs sentiments de la religion ; en un mot, comme l'on irait à un sacrement et au plus redoutable des sacrements , qui est celui de nos autels? Car voilà toujours la véritable et juste idée que nous devons avoir de la parole de Dieu : Non minus est verbum Dei, quant corpus ChristL Quand donc vous venez l'entendre avec des vues toutes contraires , il est évident que I vous ne la regardez plus comme parole de Dieu, \ mais comme parole de l'homme; et tel est l'abus que je combats, et qu'on ne peut assez déplorer; car, dit saint Chrysostôme, Dieu parlant en Dieu veut être écouté en Dieu ; et quand il parle par la bouche des prédicateurs, qui sont ses organes, il veut que ses organes soient écoutés comme luimême : QtA vos audit, me audit; et qui vos spernii, mespemlt.ÇLvc,^ 10.) Mais vous, sans remonter si haut, vous voulez les écouter comme hommes, les contrôler comme hommes , les railler même souvent et les décréditer comme hommes ; et ce que vous ne feriez pas au moindre sujet qui vous annoncerait les ordres du prince et vous parlerait en son nom , vous le faites impunément et sans scrupule au ministre de votre Dieu. Après cela, étonnezvous que j'en appelle à vous-mêmes, et que je vous accuse devant le tribunal de votre conscience , d'avoir été cent fois et d'être encore tous les jours les profanateurs du saint dépôt que Dieu nous a conGé, et qu'il nous a conGé pour vous , qui est le ministère de sa parole.

De là , par une conséquence immanquable , l'inutilité de ce divin ministère : car la parole de Dieu, reçue comme parole de l'homme , ne peut produire dans les coeurs que des effets proportionnés à la vertu de la parole de l'homme; et il est de la foi, que la parole de l'homme, quelque touchante, quelque convaincante, quelque forte et quelque puissante qu'elle soit d'ailleurs, n'est d'elle-même pour le salut qu'un vain instrument. C'est ce que le grand apôtre faisait entendre aux Thessaloniciens : Ideo et nos grattas agimus Deo sine inter missions; gubniam cum accepissetis a nobis verbum auditus Dei, accepistis illud, non ut verbum hominum, sed {sicutest vere) verbum Dei qui operatur in vobis (1 . Thessal.,2) : Votre bonheur, mes frères, leur disaitil , et le sujet de ma consolation , c'est qu'ayant entendu la parole de Dieu que nous vous prêchons , vous l'avez reçue non comme parole des hommes , mais comme parole de celui qui agit efficacement en vous. Voilà la source d^ toutes les bénédictions

que Dieu a répandues sur votre Église . et ce qui fait que votre foi est devenue célèbre jusqu'à servir de modèle à toutes les Églises d'Asie. Prenez garde, dit Théophylacte ; c'était la parole de saint Paul qui opérait dans ces nouveaux fidèles , mais qui opérait comme parole de Dieu. Au contraire, voulez-vous voir la parole de Dieu , quoique annoncée par saint Paul, opérer Qomme parole de l'homme? En voici un exemple bien remarquable. Saint Paul entre dans une ville de Lycaonie pour y publier la loi de Dieu ; on l'écoute, on est charmé de ses discours, on le suit en foule, on va jusqu'à lui offrir de l'encens, jusqu'à vouloir lui sacrifler comme à une divinité , jusqu'à le prendre pour Mercure et pour le dieu de la parole ;Et vocabant BamabamJovem^Paulum vero Mercurium, quoniam ipse erat dux verbi. {Act,, 14 ) N'était-ce pas, ce semble, une disposition bien avantageuse pour l'Évangile? Ah! chrétiens, disons plutôt que c'était un obstacle aux progrès de l'Évangile. Ils écoutaient saint Paul comme homme; autrement ils n'auraient pas pensé à en faire un dieu : sa parole agissait donc en eux comme la parole d'un homme. Et en effet ces applaudissements , ces éloges sont les fruits ordinaires de la parole des hommes , quand ils ont le don de s'énoncer avec éloquence ou avec agrément : mais n'attendez rien de plus. 0 profondeur des conseils de Dieu ! de ce grand nombre d'admirateurs , saint Paul ne convertit pas un infidèle : et de tous ces auditeurs charmés, il n'y en eut pas un qui renonçât à ses erreurs pour embrasser la foi. Voilà ce qu'éprouvent maintenant encore tantiie mondains; ce sont des corrupteurs;, ou , s'il m'est permis d'user de la figure du Saint- Esprit, ce sont des adultères de la parole de Dieu. Peu en peine de sa fécondité, ils n'en cherchent que le plaisir. Adultérantes verbum Dei. (2. Cor., 2.) Que fera le prédicateur le plus zélé? Leur représentera-t-il l'horreur du péché , la sévérité des^jugements de Dieu, les conséquences de la mort? Ils s'arrêteront à la justesse de son dessein , à la force de son expression , à l'arrangement de ses preuves , à la beauté de ses remarques. Leur mettra-t-il devant les yeux l'importance du salut éternel et la vanité des biens de la vie? ils conviendront 'qu'on ne peut rien dire de plus grand , que tout y est noble , sensé, suivi ; mais dans la pratique nulle conclusion. Ils admireront , mais ils ne se convertiront pas , déshonorant, dit saint Augustin , la parole de Dieu par les louanges mêmes qu'ils lui donnent, ou plutôt qu'ils lui ôtent pour les donner à celui qui n'en est que le dispensateur.

C'est ce que faisaient les Juifs lorsque le prophète Ézéchiel leur annonçait les calamités dont Dieu, pour le juste châtiment de leurs crimes , devait bientôt les affliger. Car l'Écriture nous apprend qu'ils étaient enchantés des discours de ce prophète,

SUR LA PAROLE DE DIEU

sans être émus de ses menaces; et Dieu lui-même lui en hiarquait la raison. Filii popuii tui loquunturdetejuxta muros et inostiis domorum. (Ezech., 83.) Hé bien, prophète, lui disait le Seigneur, saistu Feffet des vérités étonnantes que tu prêches <^ mon peuple? c'est qu'ils parlent de toi par toute la ville et dans toutes les compagnies. Au lieu de glôriûer ma parole , ils te préconisent toi-même : Et dicunt untis ad alterum : f^etiite, et audiamus guis sit sermo egrediens à Domino. (Ibid.) Quand tu dois les instruire, ils s'invitent les uns les autres : allons et voyons comment le prophète aujourd'hui réussira. Et veniunt ad te quasi ingredia^urpopu- /(f5(Id.); et en effet, ils viennent t'entendre comme ils iraient à un spectacle. Et es eis quasi carmen musicum quod suavi dulcique sono canitur (Ibid.) ; ils t'écoutent comme une agréable musique qui leur flatterait l'oreille. Mais prends garde, ajoutait le Dieu d'Israël , qu'ils se contentent d'écouter ce que tu leur enseignes , et du reste qu'ils se sont mis dans une malheureuse possession de n'en rien pratiquer ; Et audiuntverba tua, et nonfaciunt ea. Pourquoi ? parce que c'est ta parole qu'ils entendent, et non pas la mienne : Et audhmt verba tua. Or, ta parole peut bien avoir la grâce de leur plaire, mais elle n'aura jamais la force de les convertir.

Aussi, reprend saint Jérôme, y va-t-il de l'honneur de Dieu que la conversion des âmes, qui est le grand ouvrage de sa grâce, ne soit pas attribuée à la parole des hommes, ni même à la sienne con- ^ fondue avec celle des hommes. Vous voulez entendre ce prédicateur parce qu'il vous plaît, et Dieu ne veut pas que ce soit par ce qui vous plaît dans ce prédicateur que vous soyez convertis , mais par la simplicité de la foi. N'espérez pas qu'il change cet ordre et qu'il fasse pour vous une loi particulière. Mais savez-vous comment il vous punira? Il se ven- <gera de vous par vous-mêmes : il vous laissera en partage la parole des hommes , puisque c'est celle que vous cherchez ; et pour sa parole il la révélera aux vrais fidèles qui la reçoivent avec une humble docilité ; ou pour mieux dire, de cette même parole il vous laissera tout ce qu'elle peut avoir de spécieux et d'inutile à quoi vous vous attachez ; mais tout ce qu'elle a de solide et d'avantageux pour le salut, il le réservera à ces âmes choisies qui ne cherchent dans sa parole que sa parole même. Étrange et pernicieux abus! On écoute les prédicateurs pour juger de leurs talents , pour faire comparaison de leurs mérites, pour rabaisser celui-ci, pour donner la préférence à celui-là : et souvent on verra, dans une ville , dans une cour, touchant les ministres de la parole évangélique, le même partage d'esprits qu'on vit autrefois à Corinthe touchant les ministres du baptême, quand l'un disait : Pour moi je suis à A polio ; et l'autre : Pour moi je suis à Céplias. Ah !

mes frères, reprenait saint Paul, pourquoi oes contestations et ces partialités? Jésus-Christ est-tl donc divisé? Dioisus estChristusf (1. Cor.^ 2.) Es^ ce A polio qui a été crucifié pour vous, et avez-vous été baptisés au nom de Céphas? N'est-ce pas le même Dieu qui vous a sanctifiés par eux? A quoi j'ajoute , chrétiens , n'est-ce pas le même Dieu qui vous parle et qui vous exhorte par notre bouche; Deo exhortante per nos? (Ibid., 85.) Qui sommesnous, disait ailleurs saint Pierre, en préchant aox Juifs, pour mériter que vous vous occupiez de nous, et que vous fassiez distinction de nos personnes? Pourquoi nous regardez^vous, tandis que noua faisons l'ofGce de simples ambassadeurs ? J^iri firor très, quid miramini in hoCy aut nos qtdd intuemini? {Jet,, 3.) Sans cette qualité d'ambassadeur de Jésus-Christ, moi qui parais aujourd'hui dans cette chaire après y avoir déjà tant de fois paru, oserais-je soutenir la présence du plus grand des rois , et la soutenir de si près, tandis que les nations entières tremblent devant lui , et qu'il répand si loin la terreur? Oserais-je élever la voix au milieu de la plus florissante cour du monde, si, tout indigne que je suis , je n'étais prévenu et vous ne Pétiez comme moi de cette pensée, que Dieu m'a confié sa parole, et que c'est en son nom que je vous l'annonce : Firi fratres, quid miramini in hoc, aut nos quid intuemini, (Ibid.)

Cependant , quoiqu'il soit vrai que tout prédicateur de l'Évangile, en conséquence de sa mission, est Tambassadeur et l'organe de Dieu ,'n'en peut-on pas faire le choix, et s'attacher à l'un plutôt qu'à l'autre? Oui, chrétiens, ce choix peut être bon et utile ; mais il doit être réglé selon la prudence du salut. Ainsi le disciple Ananie fut-il choisi préférablement à tout autre , pour être le docteur et le maître de celui même qui devait l'être de toutes les nations. Ainsi Dieu même inspira-t-il à saint Augustin encore pécheur, de se faire instruire par saint Ambroise, et de l'écouter. Ainsi, mon cher auditeur, Dieu peut-être a-t-il résolu d'opérer votre conversion par le ministère de tel prédicateui: , et lui a-t-il donné grâce pour cela ; car c'est ce qui arrive tous les jours, et rien n'est plus ordinaire dans la conduite de la Providence. Mais voulez-vous que votre choix ne fasse rien perdre , ni à la parole de Dieu de l'honneur qui lui est dû, ni à vous-même du profit que vous en pouvez retirer? voici deux avis importants que je vous donne , et que vous devez suivre. Premiè^^ ment , entre les ministres de l'Évangile , ne préférez pas tellement l'un que vous méprisiez les autres. Car étant tous envoyés de Dieu , vous les devez tous honorer; et tel sur qui tomberaient vos mépris, est celui peut-être dont Dieu se servira pour convertir tout un peuple : or il est de la Providence qu'il y ait des prédicateurs pour ce peuple aussi bien que pour

SUR LA PABOLE DE DIEU

)iideinent , n^ayez égard dans le choix que i qu*ë votre avancement spirituel et à votre :, c'est' à'dire ne vous attachez à un pré- [ue parce qu'il vous est plus utile pour le il faut vouloir les choses pour la fin. qui t)pre; or la parole de Dieu n'a point d'au- 16 notre sanctification. Quand, pour la M>rps , j'ai à choisir un médecin , je n'exat s'il est orateur ou philosophe; s'il s'ex- ; politesse , et s'il sait donner à ses pensées igénieux et délicat : mais je veux qu'il ait ence et qu'il soit versé dans son art; et je connaisse mon tempérament, et qu*il soit me guérir ; cela me suffit. Si donc je trouve « de la divine parole qui m'édifie , qui fasse 1 sur moi , qui ait le don de remuer mon me porte plus efficacement, plus forteeu, c'est là que je dois m'en tenir. Voilà ue Dieu m'a député pour me faire connaiontés , voilà pour moi son ambassadeur, du reste nul avantage de la nature : il me me convertit; c'est assez. En l'écoutant, îeu même ; et mon bonheur en écoutant son ministre est d'attirer sur moi les grâis puissantes, et de me préserver de cet !ment fatal et de cette réprobation où conipiniâtre résistance à la parole de Dieu , lUS Talions voir dans la troisième partie.

TllOISIÈME PARTIE.

ts choses dont l'usage nous est tellement qu'elles peuvent sans conséquence et sans enir inutiles. Mais il y en a d'autres qui , it qu'elles nous deviennent inutiles, par ureuse fatalité, nous deviennent préjudiss aliments et les remèdes sont de cette je ne profite pas des aliments, ils se tourmoi en poison ; et la médecine me tue n'opère pas pour me guérir. Or, il en est chrétiens, de la parole de Dieu : elle est, *e de la grâce, le principe de la vie; mais ne donne pas la vie , elle cause nécessai- [nort. Ne vous étonnez pas , dit saint Série Saint-Esprit nous la propose tout à la Écriture et comme une Viande et comme Non (e moveat, quod idem verbum Dei 'ixeril et gladium. (Bbrn.) Car il est vrai ne viande pour ceux qui se la rendent saais il n'est pas moins vrai que c'est une les coups sont mortels pour ceux qui ne ssent pas.Et en cela même, ajoute ce saint ieu vérifie parfaitement ce qu'il avait dit rophète, que sa parole ne serait jamais que de quelque manière qu'on la reçilt mde elle aurait toujours son effet : Sic ;i meum quod egreditar ex ore meo : non

revertetîtr ad me vacuum, sed/àeiet omniaquiecumque votui. (Isai., 55.) Cette parole, disait le Seigneur, qui sort de ma bouche, et dont les prédicateurs ne sont que les organes , ne reviendra point à moi vide et sans fruit; et, malgré l'iniquité des hommes, elle fera toujours ce que je veux. Mais en quel sens pouvons-nous entendre que la parole de Dieu soit toujours suivie de l'exécution des ordres et des volontés de Dieu même? notre indocilité n'en arréte-t-elle pas tous les jours la vertu? Non , répond l'ange de l'école saint Thomas ; car Dieu , dit-il, en nous faisant annoncer sa parole, a deux volontés différentes , dont l'une est tellement substituée à l'autre que si la première vient à manquer il £aut, par une indispensable nécessité, que la seconde ait son accomplissement. Je m'explique. Dieu veut que sa parole opère en nous des effets de grâcèet de salut ; et c'est sa première volonté; mais, supposé qu'elle ne les opère pas, ces effets de salut et de grâce, il veut qu'elle en produise d'autres , qui sont des effets de justice et de colère; voilà la seconde. Je puis bien empêcher que l'une ou l'autre de ces deux volontés ne s'exécute; mais il ne dépend pas de moi d'arrêter toutes les deux ensemble, et de faire que ni l'une ni l'autre ne s'accomplisse. C'est-à-dire, il est bien en mon pouvoir que la parole de Dieu ne soit pas pour moi une parole de vie, parce que je puis l'écouter avec un esprit rebelle; il dépend bien de moi quelle ne soit pas à mon égard une parole de mort, parce que je puis l'écouter avec un cœur docile; mais je ne saurais éviter qu'elle n'ait l'une ou l'autre de ces deux qualités; je veux dire qu'elle n'ait par rapport à moi ou ces effets de justice ou ces effets de miséricorde; et c'est ainsi que Dieu dit toujours avec vérité : Non rêver tetur cul me vacuum, sedfaciet quœcumque volui, ( Id. ) Mais encore quels sont ces effets de justice attachés pour nous à la parole de Dieu quand nous lui résistons? Les voici, chrétiens, expressément marqués dans l'Écriture : l'endurcissement du pécheur, et sa condamnation devant le tribunal de Dieu; effets directement op. posés aux desseins de Dieu en nous faisant part de cette sainte parole. Car dans les vues de Dieu , poursuit le docteur angélique, elle devait amollir et fléchir nos cœurs ; mais, par la résistance que nous y apportons, elle les endurcit. Dans les vues de Dieu elle devait nous justifier; mais à mesure que cette résistance crott elle nous accuse et nous condamne, pour achever un jour de nous confondre devant le souverain juge. Encore un moment d'attention.

Dieu, sans intéresser aucun de ses divins attributs, surtout sa sainteté, endurcit quelquefois les cœurs des hommes. C'est lui-même qui s'en déclare : Indurabo cor ^u$ {Exod. , 3) ; j'endurcirai le cœur de Pharaon. De savoir comment il peut contribuer h

SUR LA PAROLE DE DIEU

cet endurcissement , lai qui est la charité même, et comment en effet il y contribue, c'est un mystère que nous devons révérer, et que je n'entreprends point ici d'examiner Je m'en tiens à la foi ; et la même foi qui m'enseigne que Dieu fait miséricorde à qui il lui plait, m'apprend encore qu'il endurcit qui il lui plaît : Ergo ct^ vnU miseretury et quem vuU indurat {Rom, y 9.) Or je prétends que rien ne conduit plus efiBcacement le mondain à ce funeste état que la parole de Dieu méprisée et rejetée , et j'en tire la preuve de l'exemple même de Pharaon. Comprenez-le, chrétiens; et vous consultant ensuite vous-mêmes , reconnaissez que ce qui se passa d'une manière visible dans la personne de ce prince réprouvé de Dieu, se renouvelle tous les jours intérieurement dans ces pécheurs que saint Paul appelle des vaisseaux de colère et de damnation. Dieu remplit Moïse de son esprit; il lui met dans la bouche sa parole, et lui dit : Allez, c'est moi qui vous envoie. Vous parlerez à Pharaon et vous lui signifierez mes ordres. Je sais qu'il n'y déférera pas, mais au mémo temps j*enduroirai son cœur : Ta toqueris adPharaonem omnia qux mando tibi, et non audiet te, sed ego indurabo cor ejus. {Exod:, 3.) L'effet répond à la menace : le saint législateur parle, il s'ac quitte de la commission qu'il a rejçue; mais autant de fois qu'il parle au nom de son Dieu , le texte sacré ajoute que le cœur de Pharaon s'endurcissait : Et induratum est cor PharaotUs. ( Ibid., 7. ) C'est le pieu d'Israël , disait Moïse , qui vous ordonne de mettre son peuple en liberté, et de le tirer de la servitude où vous le retenez si injustement et si longtemps : mais qui êtes- vous, répondait Pharaon, et qui est le Dieu dont vous vous autorisez ? où sont les preuves et les signes de votre mission? Vous en allez être témoin , répliquait l'envoyé de Dieu ; et frappant de cette baguette mystérieuse qu'il tenait dans ses mains , il couvrait l'Egypte de ténèbres , et la remplissait de ces autres fléaux dont l'Écriture nous fait une si affreuse peinture. N'était-il pas surprenant que Pharaon, malgré tant de prodiges, s'obstinât dans sa désobéissance? Non chrétiens, il n'en fallait point être surpris, puisque c'était par le même que Dieu vengeait l'outrage faità sa parole, et qu'une résistance aussi outrée que celle de Pharaon ne devait pas être suivie d'un moindre châtiment. Ah! Seigneur, ne nous punissez jamais de la sorte; et plutôt que de nous livrer à un endurcissement si fatal , employez contre nous toutes vos autres vengeances ; envoyez-nous , comme à Pharaon , des adversités, des calamités, des humiliations; pour peu que nous soyons chrétiens, nous nous y soumettrons sans peine; mais, mon Dieu, préservez-nous de cette dureté de cœur qui nous rendrait insensibles à tous les traits de votre grâce et à tous les intérêts àeD0tr$8a)ut : ^éu/er a nobis corlapideum. Voilà

néanmoins, mes chers auditeurs, ce qui arrive. A force de résister à Dieu et à sa parole, ce cœur de pierre se forme peu à peu dans nous. Ne me demandez point , dit saint Bernard , quel est ce cœur dur ; c'est le vôtre , répond ce Père , si vous ne tremblez pas : Si non expavisti, tuum est. (Bkan.) Car il n'y a qu'un cœur endurci qui puisse n'avoir pas horreur de soi-même, parce qu'il ne se sent plusluimême : Solwn enim est cor durum, quod setnetipsumnonexhorruit, quia nec sentit. (Id.) Aussi, qu'un prédicateur tâche à l'intimider, à l'engager, à l'exciter ; rien ne l'émeut, ni promesses, ni menaces, ni récompenses, ni châtiments.

De là cette même parole qui devait servir à justifier le pécheur, ne sert plus qu'à le condamner. Car plus le talent qu'on lui avait mis dans les mains était précieux, plus est-il criminel de n'ea avoir fait nul usage : plus la parole de Dieu par elle-même avait d'efficace pour le touclier et le convertir, plus est-il coupable d'en avoir anéanti toute la vertu. C'est pourquoi le Fils de Dieu fulminât de si terribles anathèmes contre les habitants de Betsaïde et de Corosaîm : et certes , reprend Origène, il fallait bien que cette terre fût maudite, puisqu'une semence aussi féconde que la parole de Dieu n'avait pu rien y produire. C'est pour cela que le même Sauveur du monde ordonnait à ses apôtres de sortir des villes et des bourgades où ils ne seraient point écoutés , et de secouer en se retirant la poussière de leurs souliers , pour marquer à ces peuples infidèles que Dieu les rejetait. Enfin , c'est en ce même sens que saint Augustin explique cet important avis que nous donne Jésus-Christ dans l'Évangile : Esto consentiens adversario iuo cito , dwn es in via cum eo (Mattu., 5); marchez toujours d'intelligence et accordez-vous avec votre ennemi. Cet ennemi, dit ce saint docteur, c'est la parole de Dieu , que nous suscitons contre nous en lui résistant. Elle se déclare contre nos vices, contre nos habitudes, contre nos passions : Adversarium tuum fecisti sermonem DeL (Aug.) Mais, suivant le conseil du Fils de Dieu , travaillons à nous la rendre favorable! Conformons nos mœurs à ses maximes , profitous de ses enseignements, écoutons-les, aimons-les, pratiquons-les : pourquoi ? Ne forte tradat te adversarius judici, et jvdex tradat te minisiro (Matth., 5) : de peur que ce formidable adversaire ne vous livre entre les mains de votre juge , et ne s'élève contre vous pour vous accuser.

Oui, chrétiens, elle s'élèvera contre vous, elle vous accusera , elle vous réprouvera , elle demandera justice à Dieu de tous les mépris et de tous les abos que vous en aurez faits; et Dieu qui fut toujours fidèle à sa parole, et qui ne lui a jamais manqué, la lui rendra tout entière. Deux sortes de personnes ^ interviendropt à ce jugement , et se joindront à elle

SUR UAMOUA DE DIEU

seconder, auditeurs et prédicateurs. Audi- ^ui Tauront honorée , et qu'elle aura sanctirédicateurs , qui l'auront annoncée , et que rait remplis pour vous de son esprit. Les prereprésentés par les Mnivites; et les seconds, apôtres. Car vous savez avec quelle prompt!sNinivites obéirent à Jonas qui leur prêchait tence ; et ce sera votre condamnation : Hri se surgent in Judicio cum generatione ista , 'emnabunl eam : quia pœnitentiam egerunt UceUione Jonœ. (Matth., 12.) Et vous n'ipas que le Sauveur du monde a promis à ses , et dans la personne de ses apôtres aux mifidèles de sa parole, de les faire asseoir auprès car juger toutes les nations : Sedebitis et vos edes duodecim, judicantes duodecim tribus ad., 19.)

Seigneur, serai-je donc employé à ce triste ire.' Après avoir été le prédicateur de cet auchrétien , en serai-je Taccusateur, en serai-je ? Prononcerai -je la sentence de réprobation ceux que je voudrais sauver au prix même de } 11 est vrai , mon Dieu , ce serait un honneur ioi d'avoir place auprès de vous sur le triburotre justice. Mais cet honneur, je ne l'aurais dépens de tant d'Ames qui vous ont coûté tout aog. Peut-être même en les condamnant me inerais-je moi-même, puisque je suis encore lige qu'eux à pratiquer les saintes vérités que * prêche. J'aurai donc plutôt recours dès nant , et pour eux et pour moi, au tribunal de niséricorde, je vous supplierai de répandre js l'abondance de vos grâces , afin que par la e votre grâce votre parole nous soit une pa- ! sanctification et une parole de la vie éter- DU nous conduise, etc.

SERMON

LE LUT9DI DE LA CINQCIÊlfE SEMAIRE.

SUR L'AMOUR DE DIEU

uiemdixitdetpiriiu quemaceepturi erant credenUi

lit cela de Tesprit qu'Us devaient recevoir par la fol. SAN, chap. 7.

l'était pas seulement sur les apôtres que descendre ce divin esprit , mais sur les fidèles; me la même foi devait nous unir tous dans de la même Église , le même esprit devait ous animer et nous combler des dons de ssi Esprit de vérité envoyé de Dieu , selon le téage du Sauveur du monde , pour nous ensei-

gner toutes choses ; mais de toutes les choses qu'il nous a enseignées , il nous suffira d'en bien apprendre une seule à quoi les autres se rapportent, et que saint Paul a voulu nous marquer dans ces belles paroles : Charitas Del diffusa est in cardibus nostris per Spirltumsanctum {Rom., 5) : la charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Car cet esprit de lumière est surtout enco re un esprit d'amour ; et quand une fois nous saurons aimer Dieu , nous posséderons dans l'amour de Dieu toute la science du salut , et dès cette vie même nous commencerons ce qui doit faire toute notre occupation et tout notre bonheur dans l'éternité. Mais n'est-il pas étrange , chrétiens , qu'uniquement créés pour aimer Dieu, nous ayons peut-être jusques à présent ignoré en quoi consiste l'amour de Dieu , et que soumis à la loi nous ne connaissions pas le premier et le grand précepte de la loi! Il est donc important de vous en donner une connaissance exacte , et c'est ce que j'entreprends dans ce discours. 11 s'agit , mes chers auditeurs, du plus essentiel de nos devoirs ; et ce que le Sage a dit de la crainte de Dieu , que c'était proprement l'homme et tout l'homme , je puis bien encore le dire à plus forte raison de l'amour de Dieu : Hoc est enim omnis homo. (Eccles., 12.) Vous, ô Esprit de charité ! secondez mon zèle , et me mettez aujourd'hui dans la bouche des paroles de feu, de ce feu céleste dont vous êtes la source intarissable , de ce feu sacré qui fait les bienheureux dans le séjour de la gloire, et les saints sur la terre. C'est la grâce que je vous demande par l'intercession de Marie, en lui disant, y4ve,J^aria.

Adoucir les préceptes de la loi de Dieu en leur donnant des interprétations favorables à la nature corrompue , c'est une maxime, chrétiens, très-pernicieuse dans ses conséquences; mais outrer ces mêmes préceptes , et les entendre dans un sens.trop rigide, et au delà des termes de la vérité, c'est un excès (Ç[ue nous devons également éviter. Dire, ceci n'est pas péché, quand il l'est en effet, c'est une erreur dangereuse pour le salut; mais dire, ceci est péché quand il ne l'est pas , c'est une autre erreur peut-être encore plus préjudiciable. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on s'est élevé contre ceux qui par des principes trop larges ont voulu sauver tout le monde ; mais aussi n'est-ce pas d'aujourd'hui qu'on a condamné ceux qui , par l'indiscrète sévérité de leurs maximes , ont exposé tout le monde à tomber dans le désespoir. Il y a plus de quatorze siècles que Tertullien reprochait aux catholiques le relâche» ment de leur morale; mais il y a aussi plus de quatorze siècles qu'on a reproché à Tertullien sa rigueur extrême et sans mesure, qui le conduisit enfin à l'hérésie. 11 faut tenir le milieu, et lorsqu'il s'agit de la réprobation d'une âme ou de sa justification , on ne doit être ni trop commode ni trop sévère;

SUR L'AMOUR DE DIEU

mais il faut £tre sage , et sa^e selon les règles de la foi.

Or je vous dis ceci , chrétiens, parce qu'ayant à traiter dans ce discours une des vérités fondamentales de la religion, il serait à craindre que vous ne fussiez prévenus, ou quej*exagère vos obligations, ou que je les diminue. Double extrémité dont j*ai à me défendre ; et pour cela je n'avancerai rien qui ne soit universellement reçu , rien qui ne soit évident et , incontestable, rien même qui ne soit de la foi. Je ne m'attacherai point à l'opinion de celui-ci plutôt qu'à la pensée de celui-là; mais je suivrai celle de tous les docteurs. Je ne prendrai point le plus probable en laissant le moins probable. Je ne me contenterai point de vous dire ce qui est vrai ; mais je vous dirai ce que l'Évangile vous oblige à croire. Cela supposé, j'entre dans mon dessein , et je le propose en trois mots. Je prétends que l'amour de Dieu qui nous est commandé doit avoir trois caractères : l'un par rapport à Dieu, l'autre par rapport à la loi de Dieu, et le troisième par rapport au christianisme où nous sommes engagés par la vocation de Dieu . Par rapport à Dieu , l'amour de Dieu doit être un amour de préférence; par rapporta la loi de Dieu , l'amour de Dieu doit être un amour de plénitude; et par rapport au christianisme , l'amour de Dieu doit être un amour de perfection. Amour de préférence : en voilà , pour ainsi dire, le fond, et ce sera la première partie. Amour de plénitude : en voilà l'étendue, et ce sera la seconde partie. Enfin , amour de perfection : en voilà le degré, et ce sera la dernière partie. Je vais m^xpliquer et e vous prie de me suivre avec attention.

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