APRÈS PAQUES
LMOUR ET LA CRAINTE DE LA VÉRITÉ
it ilU MpùrUiu verUatis, doeebit vot omnem ve- «prit de Térité sera vena, il toos eDaeignera
SÂl]ITJE4N,Chap. 16.
l'estun des caractères les plus propres du it d'être la vérité même, c'est aussi, une de ses fonctions les plus essentielles r la vérité et toute vérité. Non pas qu'il i toujours lui-même immédiatement de mme il en servit aux apôtres, lorsqu'il âsiblement sur eux : mais il a ses organes 'explique; il a ses ministres qu'il semplit oièreset àqui il communique ses vérités, ublier en son nom , et les faire entendre es. Ainsi ce divin Esprit inspi^a-^il auprophètes , et leur donna-t-il une vue anl'avenir, afin qu'ils l'annonçassent aux aux peuples , aux grands et aux petits : I pas ce même esprit qui , selon la pro- Fils de Dieu , inspire encore présenteirédicateurs , pour parler dans la chaire et tant d'autres ouvriers évangéliques , re connaître, cette vérité, et pour en être sateurs? Ce sont des hommes semblables B hommes; et en qualité d'hommes, ce pécheurs, sujets aux mêmes misères et s faiblesses que ceux qui les écoutent : et ui semble donner une espèce d'avantage ns du siècle, qui «voudraient, disen^ils , uits et persuadés de la vérité, par les jui pratiquassent ce qu'ils prêchent aux ec tant de zèle , par des hommes irréproins leur conduite et irrépréhensibles dans iirs; comme si la vérité, pour être crue, du mérite et des qualités de celui qui en )sitaire et qui la révèle. Mais c'est un pré- , saint Chrysostôme , dont le libertinage évaloir, et dont il tâdie de se couvrir. Car aurait sur la terre de ces hommes parfaits , mmes exempts de toute censure, on ne les as, puisque Jésus-Christ même, étant venu ine , n'a pas trouvé, à beaucoup près, dans s toute la créance due à la parole de Dieu intes vérités qu'il enseignait. Quoi qu'il en chers auditeurs, je viens aujourd'hui vous e comment nous devons nous comporter à 3 la vérité; je viens vous faire voir le crius que nous en faisons, et travailler à le
corriger. Adressons-nous d'abord à l'Esprit de vérité, afin qu'il nous éclaire, et employons auprès de lui l'intercession de la Vierge , qui en fut remplie au moment que l'ange la salua. Jve,
A bien considérer les choses, il n'y a peot-étre rien où les mouvements de notre eceur soient phis équivoques, et où l'homme paraisse plus contraire à lui-même que sur le sujet de la vérité. Car il aime la vérité , et il la hait ; il la cherche , et il la fuit ; il s'en réjouit , et il s'en afflige : tantôt il y défère avec plaisir, et tantôt il y résiste avec obstination ; tan* tôt il triomphe de l'avoir connue, et tantôt il voudrait la bannir pour jamais de son esprit; tantôt il se fait un devoir d'en être vaincu, et tantôt il s'en fait un supplice. Or, qu'y a- t'il en apparence qui approche plus de la contradiction, que des sentiments et une conduite si opposés ? Pour accorder tout cela, chrétiens , je distingue deux sortes de vérités qui ont rapport à nous, et dans l'usage desquelles consiste ^ pour ainsi dire, toute la perfection et tout le désordre de notre vie : la vérité qui nous reprend, et la véritéqui nousflatte; la vérité qui nous reprend, et qui nous fait voir en nous-mêmes ce qu'il y a de défectueux et de vicieux; la vérité qui nous flatte, et qui nous représente à nous-mêmes ce que nous avons , où ce que nous croyons avoir de louable et de bon. Cela supposé, je prétends qu'il est facile d'accorder les contrariétés qui semblent partager le cœur de l'homme sur la vérité. Car prenez garde, si nous aimons la vérité , c'est celle qui nous flatte; et si nous haïssons la vérité, c'est celle qui nous reprend. Deux désordres que je veux aujourd'hui combattre, et sur quoi je dis , en deux mots , que de toutes les vérités il n'en est point que nous devions plus aimer que la vérité qui nous reprend , c'est la première partie ; et qu'il n'en est point que nous devions plus craindre que la vérité qui nous flatte , ce sera la seconde partie. Cette matière est toute morale , et donnera lieo à des réflexions également utiles et sensibles.