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L'ASCENSION DE JÉSUS-ŒRIOT
Et eum hoc dixittet, viâenUbus iUi$ , e/«Miliiff uL
Après qoni eut |Mrlé de U sorte, U fût enlevé à leor vos Ters le ciel, jéctes des Apôtrta, chap. i.
Pourquoi le Sauveur du monde déoouvre^-U aujourd'hui sa gloire à ses apôtres, et pourquoi veutil qu'ils soient témoins de son triomphe , après avoir été témoins de ses humiliations et de ses souffiraoces? Cette question, chrétiens , n'est pas difficile à résoudre ; et vous jugez aisément que le Fils de Dira voulut par là les affermir dans la fol, qall voolat les prémunir contre les dangereuses tentations auxquelles ils devaient être exposés, qu'il voulut les préparer aux persécutions et aux croix , et les readre | ] capables de soufirir eux-mêmes pour lui , nonHMolement avec patience, mais avec joie. C^est pour cela qu'il se fait voir à eux dans tout l'édat db sa majesté : c'est pour cela qu'en leur donnant une » sensible et si haute idée de ce séjour bienheureux où il va marquer leurs places, il les remplit d'une douceur intérieure et toute céleste , qui les retient sur la montagne, lors même qu'une nuée leur a fait perdre de vue leur divin maître. En sorte qu'il faut que deux anges descendent exprès pour les retirer de cette profonde extase où ils demeuraient plongés, et pour les renvoyer à leurs travaux apostoliques : EcceduoviriastUeruntJuxtaUlosinvesMusaBÂs, gui et dixei-unt : Fifi Galilxi, quid statU (upidentés in cœlumf ( y4ct. , 1 . }
Appliquons-nous ceci, mes chers auditeun; ear en qualité de chrétiens , ce mystère nous regarde , et il doit opérer en nous les mêmes dispositions que dans les apôtres. En effet, il y a parmi nous des tièdes et des lâches dans la voie de Dieu, et il est important de les animer. Il y en a qui gémiaseot sous le poids des adversités et des misères humaines , et il s'agit de les consoler. Peut-être y en a-t-il qui, jouissant d'une tranquille prospérité , sont sur le point de tomber dans des états d'autant plus affligeants et plus douloureux, qu'ils les prévoient moins ; et je dois les y disposer. Or, en voici l'excellent moyen. Nous attendons un Sauveur, qui, comme disait le grand apôtre, transformera notre
SUR L'ASCENSION DE JÉSUS-CHRIST
I , et le rendra , tout vil et tout abject qu'il est\ oonforme à son corps glorieux : Salvatarem expe- €êtmuu , qui r^ormabU corpus humilUatis nostrœ eorporii ciaritatis vm. (PhiUpp., 3. ) Non-seulenent nous Tattendoos, mais éclairés des vives lumières qui rejaillissent de son humanité sainte , nous le voyons et nous Fadmirons. Voilà l'objet de nos espérances, voilà le sujet de notre consolation , voilà ce qui doit allumer notre ferveur et soutenir notre courage : la vue de ce Sauveur couronné de gloire, Tattentede cette gloire dont il nous assure la possession. Car nous sommes déjà, selon Texpression de saint Jean , les enfants de Dieu, Nunc sumus Filii DH ( JoAN., 3 ) ; et nous savons que quand Jésus- Oirist viendra à la Gn des siècles, et qu'il se montrera dans la même gloire où il parait en ce jour, nous serons semblables à lui : Scimus qwmiam cum appameritf iimiles ei erimus, ( Id. ) Cest là, disje, ce qui nous doit rendre fervents et patients ; fervents dans l'accomplissement de nos devoirs, {Patients dans les afflictions et dans les maux qui nous arrivent par l'ordre de la Providence. Mon dessein est donc de vous parler de la gloire du ciel et de vous la proposer comme le motif le plus touchant, le motif le plus propre à faire impression sur vos cœurs et à vous faire tout entreprendre et tout supporter dans la vie. Tai besoin de la grâce du Saint- Esprit , et je la demande par fintercession de Marie : j4ve. Maria.
Isaie Tavait dit, et saint Paul , dans les mêmes termes, nous l'a déclaré, que l'œil n*a point vu, que l'oreille n'a point entendu , et que le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu , dans les trésors de sa miséricorde, a préparé pour ceux qui l'aiment et qui le servent. Après deux témoignages si authentiques, il n'y a point de prédicateur de l'Évangile qui puisse , sans témérité , entreprendre de donner à ses auditeurs une idée juste de la gloire du ciel. Mais aussi, dit saint Chrysostôme, le prédicateur a-t-il en cela même un grand avantage, puisque l'impuissance où il est réduit est justement l'idée la plus haute, la plus vraie, la plus exacte que nous puissions avoir sur la terre et qu'il puisse donner de cette gloire. Ne faisons donc point aujourd'hui d'efforts inutiles pour comprendre une gloire dont la plus essentielle propriété est d'être incompréhensible. Il nous doit suffire de la connaître comme nous connaissons Dieu, c'est-à-dire de savoir ce qu'elle est, par ce qu'elle n'est pas. Or nous le savons, et j'oserais même ajouter que nous le sentons, lorsqu'il nous arrive , en contemplant l'univers , et le bel ordre des créatures qui le composent, de faire cette réflexion aussi touchante que solide : Tout ce que je tols n^approche pas de ce que j'espère; et tout ce que j'admire en cette vie n'est qu'une ombre obscure et confuse de ce oue Dieu me destine en l'autre. Car
voilà, chrétiens, la plus excellente notion que nous ayons à nous en former. En effet, c'est ainsi que saint Augustin , voyant la cour des empereurs de Rome si pompeuse et si magnifique, se figurait par proportion la magnificence et la beauté de la cour céleste; c'est ainsi qu'au milieu des cérémonies les plus augustes, il s'écriait : Si hœc teanpulchra sunty qualis ipsef et si hsRc tente , quantus ipse f ( AuGUST. ) Si tout ceci est si brillant , si grand , si surprenant, que sera-ce de vous, d mon Dieu! et c'est ainsi que nous en jugerions nous-mêmes , si nous ne nous laissions pas éblouir au vain éclat du monde, et que nous sussions, comme ce grand saint, nous élever des grandeurs visibles et mortelles aux grandeurs invisibles et éternelles. Mais encore une toi tenons-nous-en à la règle du Saint-Esprit, qui nous défend de chercher ce qui est au-dessus de nous, et qui nous ordonne d'être attentifs à ce que Dieu demande de nous : Alliora te ne gusBsieris; sed quxprsecepU Obi Deus, illa cogita semper; o'est^ à-dire, sans avoir une vaine curiosité d'apprendre en quoi consiste la gloire des bienheureux, instmisoDSHMus avec humilité de ce que nous devons fiûre pour y parvenir. Le voici , mes chers anditeors, et il n'y a personne qui ne doive se rappliquer. Le Sauveur du monde nous fiiit connaître, par son exemple, que cette gloire est une récompense, et il nous fait au même temps entendre que cette récompense est surtout le fruit et le prix des souffrances. Arrêtons-nous à ces deux pensées, et faisons-en le partage de ce discours. Cette gloire où nous appelle après lui Jésus-Christ est une récompense; il faut donc la mériter : ce sera la première partie. Cette récompense est surtout le fruit et le prix des souf^ frances, c'est donc en particulier par le bon usage des soufûrances qu'il la faut mériter : ce sera la seconde partie. Ainsi le Fils de Dieu Ta-t-il méritée lui-même. Et voilà en deux mots ce qu'il nous a ré» vêlé de notre gloire future , et ce qu'il nous est né* cessaire de ne pas ignorer. Tout le reste sont choses ineffables, mystères cachés, secrets qu'il n'est pas permis même à saint Paul de nous découvrir, et qu'il est beaucoup moins en mon pouvoir de vous expliquer : Arcana verba qum non licet homini h^ qui, (2. Cor,j IS. ) Mais pour votre édification et pour satisfaire à ce que vous attendez de moi^ je dois vous dire , et je vous le dis avec tout le^le que Dieu m'inspire, que si vous voulez arriver à la même gloire que Jésus-Christ, vous devez la mériter comme Jésus-Christ , première proposition ; et que si vous voulez la mériter comme Jésus-Christ, vous devez souffrir comme Jésus-Christ, seconde proposition. Je vous demande pour l'une et pour l'autre une attention favorable. Elles sont simples; mais dans leur simplicité , elles renferment les plm fan* portantes instructions.
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