TROISIÈME PARTIE
C'est une belle idée qu'a eue TertuUien , en pa^ lant*du Sauveur du monde, quand il dit que cet
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Bomme-Dieu n*a pas seulement été immolé sur h orcrix , mais qu*il a commencé à être victime dès le moment qu'il s'est fait homme. Une hostie destinée pour expier le péché , mais une hostie vivante «I mourante , dont le sacrifice n'a jamais été inter- MHDpu, voilà ce que c'est que Jésus-Christ. Fer* ■Mttez-moi , chrétiens , en gardant les proportions nqiiises, d'appliquer ceci à l'apôtre saint Paul : il t'est sacrifié pour son ministère, c'est-à-dire pour la salut de ses frères et pour la gloire de l'Évangila, mais ne vous imaginez pas qu'il ait attendu ipour cela l'arrêt de Néron , et qu'il n'ait offert (à Dieu ce sacrifice de 4uî-méme, que quand il versa «on sang dans Rome pour la confession de sa foi ; 4» n'est point là de quoi je prétends parler; ce n'est point , dis-je , de son bienheureui martyre et de sa glorieuse mort. Dès l'instant de sa vocation à l'a- 4pogtolatf il se regarda coïnme la victimedeson apostolat même , et il le fut en effet : car je trouve qu'il «ommença dès lors deux grands sacrifices qui ont 4nré autant que sa vie : l'un de patience, par lequel il se dévoua aux persécutions des hommes , pour le nom de son Dieu; et l'autre de pénitence , par lequel , lui-même touché du zèle que la charité lai inspirait de satisfaire pour les hommes, il devint son propre persécuteur. De sorte que l'on fient dire de lui, pour couronnement de|son éloge, qu'il a été immolé aussitôt qu'appelé ; et qu'au moment qu'il s'est vu apôtre, il a paru devant Dieu en qualité d'hostie : voilà la véritable idée de saint Paul, et voilà sur quoi nous devons travailler encore à nous former.
Non, chrétiens, jamais homme mortel n'a dû faire à Dieu un sacrifice de [patience si continuel et si héroïque que ce grand saint. A peine, s'il ni*est permis de parler ainsi , eut-il levé l'étendard die l'Évangile, que tout l'univers sembla conspirer contre lui. Dès là il n'y eut plus pour lui que des trahisons sur la terre, que des naufrages sur la noer, que des emprisonnements dans les villes , que des embûches dans les lieux écartés. Tout ce que la malice de l'envie , et tout ce que l'animosité de la haine peuvent susciter d'adversités et de misères, il l'éprouva dans sa personne. Ceux de sa nation se firent un point de religion d'être ses ennemis les plus cruels ;ies Gentils l'accablèrent d'outrages; parmi les chrétiens mêmes qu'il avait engendrés en Jésus-Christ , il trouva de faux frères et de faux apdtres ; tous les jours exposé aux insultes des séditions populaires , tous les jours traduit de tribunal en tribunal , tantôt fouetté comme un esclave , tantôt lapidé comme un sacrilège et comme un blasphémateur. Combien de travaux? combien de voyages? combien de bannissements ? Si c'était un autre que lui-même qui en fit le détail, nous croirions qall y a de l'exagération; mais nous savons, dit
l'abbé Rupert , que le Saint-Esprit , dont saint Paul a été l'organe, est éloquent sans nen amplifier. C'est saint Paul lui-même qui, malgré toutes les résistances à son humilité , a été obligé de rendre compte à l'Ëglise de ce qu'il avait souffert; il en a fait excuse aux fidèles , il les a priés de supporter en cela son imprudence , il a semblé même s'accuser tout le premier de vaine gloire et d'ostentation, et par là , dit saint Jérôme, il a bien montré qu'il n'avait pas besoin de s'en justifier; mais enfin il l'a reconnu; et forcé par l'esprit de Dieu qui le faisait parler, il en a pris le ciel à témoin, qu'aucun des apôtres n'avait été si persécuté ni si maltraité que lui. Ils sont plus grands que moi , disait- Il aux Corinthiens; mais ce Dieu de gloire, qui est l'auteur de ma destinée, a voulu que j'eusse plus à endurer qu'eux, que je fusse plus souvent dans les chaînes , que je courusse et que j'essuyasse plus de dangers de mort, que. je me trouvasse réduit plus communément aux rigueurs extrêmes de la faim et de la soif; et pourquoi tout cela? Ah! chrétiens, ne vous l'ai-je pas dit, et cet homme apostolique n'avoue-t-il pas que c'était uniquement pour les intérêts de son ministère! 11 avait fait la guerre à Jésus-Christ; et Jésus-Christ, dit saint Augustin , lui faisait la guerre à son tour, ou plutôt il faisait à Jésus-Christ une espèce de réparation], acceptant de lui persécution pour persécution, captivité pour captivité, supplice pour supplice. Car il se souvenait toujours d'être ce Saul qui avait été le fléau de l'Église; et voilà pourquoi il se croyait obligé, par un devoir indispensable, de souffrir poor son Dieu les mêmes choses qu'il avait fiiit souffrira son Dieu. Il était responsable à son Dieu de la conversion d'une infinité de peuples, et il ne pouvait pas retirer ces peuples de l'infidélité, qu'il ne lui en coûtât des sûfflictions et des <»t>ix. C'est pour cela que les croix lui étaient si chères et si précieuses, parce qu'elles lui gagnaient des âmes, et des âmes prédestinées, pour lesquelles il s'estimait heureux de pouvoir endurer tout : Ideo om" nia susUneo propter electos, (2. Tim., 3.) Remarquez ce mot, chrétiens : Propter electos : car pour lui-même, reprend admirablement saint Chrysostôme, il aurait été chéri , honoré , respecté de tout le monde; mais pour les élus, il devait être hal, méprisé, calomnié, puisqu'il ne pouvait pas autrement être le coopérateurdeleur salut, et c'est ce qui soutenait l'ardeur de son courage. Je m'en vais à Jérusalem , disait-il|, et je ne sais ce qui m'y doit arriver, sinon que dans toutes les villes par où je passe , l'esprit de Dieu me fa\i connaître que des tribulations et des chaînes m'y sont préparées ; mais je ne crains rien de toutee ces ehcMes, et ma vie ne m'est pas plot oonaidénble qne moimême, pourvu (ma J'adièwt m eonae, al^iitjt
m'acquitte du ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus : Dummodo consummem cursum meum, et ministerimn verbi quod accepi a Domino Jesu, (Act, 20.)
Que répondrez-vous à cela, hommes du siècle, esprits lâches et mondains , qui dans les emplois dont la Providence vous a chargés , et même dans ceux qui vous attachent , aussi hien que saint Paul , au service des autels , cherchez vos aises et votre repos? Venez, venez vous confronter aujourd'hui avec cet apôtre ; et dans l'opposition que vous découvrirez entre vous et lui , apprenez ce que vous deve? être, et confondez-vous de ce que vous n'êtes pas. Saint Paul s*est immolé pour son ministère , et vous vous épargnez dans le vôtre : voilà le reproche que vous avez à soutenir devant Dieu ; consultez-vous un peu sur ce point. Je sais que l'amour-propre ne manque pas de vous en imposer et de vous faire croire , par ses artifices, que Ton doit être content de vous , comme vous Fêtes de vousmêmes. Mais entrons dans le détail , et dites-moi : ces ménagements de votre personne si étudiés et si affectés, ce refus d'un travail nécessaire et que vous devez au public , cette horreur de l'assiduité que vous traitez d'esclavage et de servitude , cette habitude que vous vous faites de vous divertir beaucoup et de vous appliquer peu, au lieu de suivre Tordre de Dieu , qui serait de vous divertir peu , pour TOUS appliquer beaucoup; cette liberté que vous vous donnez de vous décharger sur autrui des soins les plus personnels , et dont vous devez uniquement répondre; cette facilité à vous émanciper des obligations onéreuses, même les plus indispensables, qui sont attachées à votre état; cette peine à être où il laut que vous soyez , et cette disposition à être volontiers où il faut que vous ne soyez pas : cette fuite des affaires qui vous sont importunes et incommodes, quoique Dieu ne vous ait fait ce que vous êtes, que pour en être incommodés et importunés; cette prudence de la chair à ne vous engager jamais, ni pour la vérité , ni pour la justice; cette crainte de vous exposer et de vous perdre dans les occasions où Dieu demande que vous vous exposiez, et que vous vous perdiez; en un mot, ce secret que le inonde vous a appris et que vous pratiquez si bien , de ne prendre de votre condition que le doux et l'honorable, et d'en laisser le pénible et le rigoureux : ce n'est pas tout ; cette indifférence pour cent choses où il faudrait que vous eussiez de saintes inquiétudes; cette froideur à la vue des scandales qui devraient enflammer votre zèle, et au contraire cette impatience et cette chaleur sur les moindres défauts dont votre délicatesse se trouve blessée ; cette sensibilité à vous offenser de tout, et à ne pouvoir rien supporter dans une place qui vous oblige à tout supporter, et à ne vous offenser de rien ; ces pJain-
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tes et ces éclats dans les traverses et dans les contradictions qui vous arrivent, preuves évidentes d'un coeur immortifié et incirconcis : tout cela convientil à un homme qui , dans quelque genre de vie que ce soit, veut être, à l'exemple de saint Paul, un ministre fidèle? et puisque, pour être tel, il fnit se résoudre à être une victime , tout cela s'accoidet-il avec l'état d'une victime? Si saint Paul en avait usé de la sorte , aurait^il été apôtre de Jésus-Christ? aurait-il glorifié Dieu au point qu'il l'a fait? auraiMl sauvé ce grand nombre d'âmes ? se seraitil fait tout à tous , pour avoir part à la rédemption de tous? Nous nous flattons qu'il ne faut pas noa prodiguer, et que l'intérêt même de nos ministèrei demande que nous nous conservions; et parce que nous sommes eu ceci les juges du plus ou du moins, nous abusons de ce prétexte, pour porter les chosa jusqu'à un excès d'amour et d'indulgence envos nous-mêmes. Mais que dirons-nous à Dieu, quand il nous opposera l'exemple de saint Paul ? sa oooservation n'était^elle pas aussi importante que h nôtre? sommes-nous plus dignes d'être épargnés que lui ? était-il moins nécessaire à Dieu que nous.' Ah ! grand saint, que vous serez un témoin redoutable pour nous dans le jugement de Dieu!
Mais concluons : une vie aussi persécutée et ansa accablée de fatigues que celle-là, n'était-ce pas on assez grande pénitence? s'il restait des forces à saint Paul , dèvait-il les épuiser par des mortifieitions volontaires? pouvait-il conspirer lui-même à ruiner une santé si précieuse à FÉvangAe ; et quelque amour qu'il eût pour les croix , ne devait-il pas se contenter de celles que Dieu lui envoyait, puisqu'elles suffisaient déjà pour le faire vivre dans oo état continuel de mort? c'est ainsi, chrétiens, qae raisonne l'esprit du monde, et e'est ainsi que noos nous aveuglons encore tous les jours. Ne souffrir que ce que nous ne pouvons éviter, et n'exereer ja* mais contre nous aucun acte de cette sévérité que l'Évangile nous recommande,» sous ombre que II Providence nous envoie assez elle-mémede soofinoces et de croix; voilà notre maxime. Mais saint Paul n'en jugeait pas de la sorte : non, ee n'était point assez pour lui que d'être persécuté, 8*11 ne se persécutait lui-même; ce n'était point assez d'être haï, s'il ne se haïssait lui-même; ce n'était poiat assez d'être mortifié , s'il ne se mortifiait Iw-mênie : il voulait avoir part à la gloire du sacerdoce de Jéns- Christ, et ôtre tout ensemble le prêtre et la ^ de son holocauste. Que .fiait-il donc? à ee i héroïque de patience, il en joint un autre de pénitence; châtiant tous les jours son corps, le réddsant en servitude, lui faisant porter continodlement la mortification de Jésus-Christ, acoomplissaiit dans sa chair ee qui manquait aux souffrances de Jésus : et pourquoi? Ah! chrétiens. Je finis, nais
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en finissant je tremble, et pour moi qui vous parle , et pour vous qui m'écoutez. Saint Paul châtie son corps, parce qu'il craint qu'étant apôtre et préchant mu autres , il ne devienne un réprouvé ; et il accomplit dans sa chair ce qui manquait aux souffrances de Jésus-Christ, non point seulement pour soi, mais pour tout le corps de TÉglise, pro corpore Éifus, quodest Ecclesia {Coloss,, 1); c'est-à-dire pour son ministère qui l'engage à procurer auprès de Dieu le salut de tous les hommes; pensées terribles, et qui devraient être le sujet éternel de nos considérations. Car, Qu'est-ce que ceci, devons-nous nous dire a nous-mêmes? saint Paul a fait de son corps une victime de pénitence, de peur d'être réprouvé; cet homme confirmé en grâce, cet homme à qui sa conscience ne reprochait rien , cet homme ravi jusqu'au troisième ciel, cet homme parfaitement attaché à Dieu , croyait qu'il lui était nécessaire, pour ne pas tomber dans le malheur de la réprobation , de traiter durement son corps ; et moi ^î suis un pécheur, moi sujet à toutes sortes de passions, je ménagerai le mien, je le ferai vivre dans les délices , je lui accorderai tout ; bien loin de le réduire à la servitude, je me ferai son esclave; je ne penserai qu'à le bien nourrir, qu'à le vêtir mollement, qu'à lui donner toutes ses aises ? et avec cela je vivrai sans aucune crainte pour mon salut , sans remords et sans scrupule? et avec cela je me persuaderai que je puis aimer Dieu , et que je l'aime en effet? et avec cela je croirai pouvoir être reçu an nombre des enfants et des élus de Dieu? non, non, mon Dieu : c'est une erreur et une erreur aussi pernicieuse qu'injuste, dans laquelle j'ai vécu jus- ^'à présent, maisdont je me détrompe aii^ourd'hui. Quand mille autres raisons ne m'en feraient pas connaître la fausseté, il ne faudrait que l'exemple de saint Paul : car enfin , chrétiens, saint Paul n'était pas un esprit faible; il était aussi bien instruit que nous des jugements de Dieu; il savait aussi bien que oQus quel est le tempérament de l'homme : je n'aurai donc plus de conGance, qu'autant que je pratiquerai comme lui la pénitence.
Ce n'est pas tout : saint Paul a châtié son corps, et l'a sacrifié, non pas seulement pour soi-même, niais pour l'Église et pour les fidèles, parce que son ministère l'engageait à procurer par ses souffrances le salut de ses frères : il est donc juste que dans mon emploi, dans ma charge, dans ma profession, ÎB sacrifie moi-même mes forces, ma santé , ma vie, pour ceux que Dieu a bien voulu commettre à mes soins, et dont il me demandera compte. Oh! si nous étions convaincus , comme saint Paul , de cette importante vérité, quel changement verrait-on dans tontes les conditions du monde? avec quelle assiduité en remplirait-on les devoirs? avec quel courage en porterait-on toutes les peines ? quel ordre régne-
rait sur la terre, et combien Dieu serait-il glorifié dans tous les étate? Pour cela, grand apôtre, vous que l'Église nous propose pour modèle , faitesnous part de ce zèle ardent, de ce zèle constant, de ce zèle infatigable qui vous a soutenu , qui vous a embrasé, qui vous a consumé. La gloire dont vous jouissez , bien loin de l'éteindre , n'a fait que le purifier et que l'allumer davantage; exercez-le encore sur nous; et que l'effet de ce zèle soit de réveiller le nôtre, et de nous apprendre à travailler comme vous, pour être récompensés comme vous, dans l'éternité bienheureuse, où nous conduise, etc.
SERMON
POUR
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Bi ecct mulier qua erat in eiviiate peccatrix, ut eognovit quod Jésus accubuisset in domo pkarisœi, aUuHl tUabas^ trum unguenti, et ttuns rétro secus pedet ejus, lacrymiê cœpit rigare pedes ^us , et capiUis capitis sut tergehaL
En même temps ane femme de la ville qui étaitde mauvaise vie, ayant su que Jésus-Christ mangeait chez un phatisien, y apporta un vase d*albàlR plein d'une huile de parfum , et s^ tant prosternée à ses pieds , elle commença à les arroser de ses larmes, et elle les essuya avec ses cheveux. Saint Luc, chap. 7.
Cette femme que l'Évangile nous représente aujourd'hui, et qui doit flaire tout le sqjet de nos considérations , selon la pensée des Pères et dans le sentiment même de l'Église, c'est la bienheureuse Ma« deleine , dont l'histoire vous est aussi connue qu'elle est pour vous édifiante et touchante. Mulier in civitate peccatrix : Femme, il est vrai^ pécheresse, mais prédestinée de Dieu pour être un vaisseau d'élection et de sainteté; femme autrefois décriée par les désordres de sa vie, mais ensuite illustrée par sa pénitence; femme auparavant le scandale des âmes, mais depuis l'exemple le plus éclatant d'une parfaite conversion. Voilà, dis-je, chrétiens, ce qui nous est ici proposé , et ce que Dieu , par une providence particulière, a voulu rendre public, afin que les grands pécheurs du monde eussent dans la personne de cette sainte et un puissant motif de confiance, et un vrai modèle de pénitence; un puissant motif de confiance, pour ne pas tomber dans le désespoir, quelque éloignés de Dieu qu'ils paraissent; et un vrai modèle de pénitence, pour ne pas présumer de la miséricorde de Dieu jusqu'à négliger le soin de leur salut. Car je puis bien dire à une âme chrétienne engagée dans le péché, ce que saint Ambroise, parlant de David, disait à l'empereur Théodose : Qui seciÊiu$€t6mmfm,tequ0rê pcenitentem ( Ambi.) : Am» fr-~«-^ - HOm
à Dieu, si vous avez en le malheur de suivre Madeleine dans ses égarements, consolez-vous; car puisqu'elle a trouvé grâce auprès de Dieu, que n*avez-vous pas droit d'espérer ? mais tremblez , si , rayant suivie dans ses égarements, vous ne la suivez pas dans son retour et dans sa pénitence. Et en effet, que ne devez-vous pas craindre , si un exemple aussi salutaire et aussi convaincant que le sien, qui a converti tant de cœurs endurcis, ne fait pas la même impression sur vous? Madeleine, chrétiens, est la seule qui paraisse, dans FÉvangile, s'être > adressée à Jésus-Christ en vue d'obtenir la rémission de ses péchés. Les autres , qui étaient Jui£s d'esprit et de cœur aussi bien que de religion , ne recouraient à lui que pour obtenir des grâces temporelles, pour être guéris de leurs maladies, pour être délivrés des démons qui les tourmentaient-: et si Jésus-Christ les convertissait, c'était presque contre leur intention ; mais Madeleine cherche Jésus-Christ pour Jésus-Christ même , et dans le sentiment d*une véritable contrition. Tâchons donc à nous former sur ce grand modèle , et pour cela, implorons le secours du ciel par l'intercession de Marie. Àlve, Maria.
Donner sur la pénitence des règles et des préceptes, c'est un long ouvrage , chrétiens, et qui souvent ne produit rien moins dans les esprits des hommes que ce qu'on en attendait et que l'on avait droit de s'en promettre; mais donner un modèle vivant-de la pénitence, c'est une instruction abrégée, dont tous les esprits sont capables, et une espèce de conviction à laquelle il est comme impossible ^e résister : or c'est ce que j'entreprends aujourd'hui. Il n'y a personne dans cet auditoire, en quelque disposition et en quelque état qu'il puisse être , qui n'ait besoin de se convertir : car nous disons tous les jours à Dieu , et nous ne croyons pas lui faire une prière inutile : Converte nos, Deus {Psalm. 84); Seigneur, convertissez-nous. Soit que nous soyons dans l'état de sa grâce, soit que nous n'y soyons pas, soit que nous commencions à marcher dans la voie de Dieu , soit que nous y soyons plus avancés, il y a pour nous un certain changement de vie auquel Dieu nous appelle , et en quoi consiste notre conversion. Il est donc important que nous ayons devant les yeux une idée sensible où nous puissions reconnaître tous les caractères d'une vraie pénitence; or c'est ce que l'Évangile nous propose dans la personne de Madeleine : car je trouve que sa pénitence a eu trois qualités, qu'elle a été prompte, qu'elle a été généreuse, et qu'elle a été efficace. Pénitence de Madeleine , pénitence prompte, pour surmonter tous ces retardemen(s si ordinaires aux pécheurs; c'est la première partie : pénitence généreuse, pour triompher de tous les obstacles, et en particulier de ces respects
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humains qui arrêtent tant de pécheurs ; ce sera la seconde partie : pénitence efGcace, pour sacrifiera Dieu tout ce qui avait été la matière et le sujet de son péché; vous le verrez dans la troisième partie. Je m'en tiendrai à ce que nous dit l'Ëvangile, dont je veux seulement vous faire une simple exposition.