SERMON SUR LA GRACE
De plenitudine ejus nos accepimus Gratta et veritas
perJetum Christumfacta est.
Noos avons tons reça de sa plénUude.... La grâce et la vérité est venue par Jésus^brist. Jo\if. I , chap. 16.
Le saint précurseur l'avait déjà dit, que le Verbe de Dieu, que l'Homnie-Dieu était plein de grâce; et c'est de cette plénitude qu'il nous apprend maintenant que nous avons tous reçu. Car c'est par Jésus-Christ que la grâce est veuue, par Jésus-Christ qu'elle s'est répandue sur tous les hommes , et par
Jésus-Christ qu'il s'en fait encore tous les jours pour la sanctification des âmes, de si salutaire effusions. Don de la grâce, que le prophète laû nous a représenté comme des eaux bienfaisante qui coulent des sources du Sauveur, et que nous ^ devons puiser avec joie, don infiniment précieux et par sa nécessité et par sa force. Appliquez-vou à l'un et à l'autre. Je dis la nécessité de la grâo par rapport au salut, et la force de la grâce. Sam la grâce nous ne pouvons rien : en voilà l'abso lue nécessité ; avec la grâce nous pouvons tout en voilà le pouvoir et la forée. De ces deux pria cipes, qui feront le sujet des deux parties, noai tirerons, sur l'importante matière que je traite et sur l'usage de la grâce, les conséquences les phii solides et les plus morales; elles regarderont sur tout deux sortes de personnes. Les uns sont dei présomptueux qui se confient en eux-mêmes ; e' dans la nécessité delà grâce il y aura de quoi abaie ser leur orgueil et le réprimer : les autres sont den pusillanimes qui s'étonnent des moindres obstacles et dans la force de la grâce, il y aura de quoi relever leur courage et le ranimer.
Prsiuer point. Sans la grâce nous ne pouvoni rien. N'entrons point là-dessus dans une sèche e longue dispute , mais tenons-nous-en à la foi : ell< nous suffit. II ne nous faut point d'autre preuve que la parole expresse de Jésus-Christ, point d'au tre que l'incontestable témoignage de son apêtre point d*autre que les décisions des conciles contn les erreurs de Pelage, et que la créance commoiM de l'Église. Il est donc certain que de notre fonds et à l'égard de ce salut qui nous est promis comn» la récompense de nos œuvres, nous ne pouvom rien sans le secours de Dieu et de sa grâce; et pou nous en convaincre, nous n'avons qu'à écouter Je sus-Christ , la vérité éternelle , quand il nous dit Fous ne pouvez rien faire sans moi. ( Joan. , 15. Prenez ^arde, remarque saint Augustin : soit peu soit beaucoup, vous ne le pouvez faire, à moins gin vous ne soyez aidés de celui sans qui l'on ne peu rien faire. Nous n'avons qu'à consulter saint Paul , l'apôtre et le docteur de la grâce, quand il noui enseigne que nous ne sommes pas capables, fk nous-mêmes comme de nous-mêmes , de formel une bonne pensée; et que si nous en sommes capa blés y c'est par l'assistance divine. (2. Cor,^ 8. Nous n'avons qu'à parcourir les définitions des conciles et des Pères de l'Église , lorsqu'ils ont décida tant de questions sur la grâce du Rédempteur, ei qu'ils en ont déclaré leurs sentiments. Nous n*a vous même qu'à suivre les lumières de la raison qui nous dicte assez que des actions surnaturellei et dignes du royaume de Dieu ne peuvent parti] d'une nature aussi faible que la nôtre > si Dieu m