‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 54 sur 124 · SEKMON POUR L'OUVERTURE DU JUBILÉ · texte numérisé non relu

SEKMON POUR L'OUVERTURE DU JUBILÉ

Exhortamur vos, ne in vacuum gratiam Dei recipiatis. Ail enim : Tempore accepta exaudivi te , et in die salutis adjuvi le. Ecce nunc lempus acceplabile, ecce nunc dies .salmis.

Nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu ; car Dieu nous dit lui-même dans l'Ecriture : Je vous ai exaucé au temps favorable, et je vous ai aidé au jour du salut. Or voici maintenant ce temps favorable; voici ces jours de salut. De la seconde Epître aux Corinthiens, chap. vi.

C'est Ainsi que l'apôtre saint Paul parloit aux premiers chrétiens de la grâce générale de leur conversion , et je me sers aujourd'hui de ces paroles pour vous exhorter vous-mêmes, mes Frères , à recevoir

« i Cor., 15. — 2 Ibid. io. — 3 Isai., 1. — 4 Ibid.

efficacement et utilement la grâce particulière que l'Eglise vous présente, en vous accordant la plus authentique de toutes les indulgences, qui est celle du Jubilé. Car je puis bien vous dire, comme le Docteur des nations le disoit aux Corinthiens, que voici maintenant le temps favorable, que voici les jours de salut, où le Père des miséricordes se dispose à répandre sur nous les bénédictions les plus abondantes; c'est pour cela qu'il ordonne à ses ministres de vous annoncer ce Jubilé , et de vous l'annoncer à tous , puisque tous , justes et pécheurs, y peuvent et y doivent participer. C'est pour cela que l'Eglise redouble ses prières, et qu'elle vient d'offrir solennellement le sacrifice de l'agneau : heureux si nous connoissons le don de Dieu , et plus heureux encore si, pour nos propres intérêts et pour la sanctification de nos âmes, nous en savons faire l'usage que Dieu prétend! L'Apôtre, après avoir représenté à ceux de Corinlhe la sainteté du temps où ils vivoient, et où la iumière de l'Evangile commençoit à les éclairer, concluoit par cette importante leçon : Ayons donc soin de nous comporter comme de dignes disciples de Jésus-Christ, et de nous rendre recommandables en toutes choses par les jeûnes, par les veilles, par les travaux : Exhibeamus nosmetipsos , sicut Dei mtnistros, in îaboribus, in jejuniis, in vigiliis '. Voilà, mes chers auditeurs, ce que je vous dis moi-même : Prenons bien garde à consacrer ce saint temps où nous entrons, ce temps d'indulgence et de grâce, par les exercices de notre pénitence, par la ferveur de nos oraisons, par toutes les pratiques de la religion et dune piété vraiment chrétienne; c'est à quoi je veux vous porter dans ce discours, qui sera moins une prédication qu'une instruction simple, mais solide. Or, pour vous proposer d'abord tout mon dessein, il y a dans le Jubilé surtout trois choses dignes d'être considérées, et que j'entreprends de vous expliquer : premièrement, ce que c'est que la grâce du Jubilé; secondement, ce qui est nécessaire pour avoir part à ïa grâce du Jubilé ; et en troisième lieu , ce que doit opérer dans nous la grâce du Jubilé. C'est une indulgence, et je vais vous montrer en quoi consiste cette indulgence et quel en est l'esprit, ce sera la première partie; ce qu'il faut faire pour gagner cette indulgence, et quelles dispositions nous y devons apporter, ce sera la seconde par tie; enfin, quels effets salutaires doit produire en nous cette indulgence, et quels fruits nous en devons retirer, ce sera la conclusion. Daigne le ciel seconder le zèle qui m'anime, et puissiez-vous bien apprendre à ne pas perdre un avantage si précieux! Adressons - nous pour cela à Marie, et disons-lui : Aie, Maria.

» 2 Cor., 4.

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