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Oeuvres de C. A. Demoustier

moins recommandable par la pUreté de ses mœurs , qu'ami zélé d'un sexe auquel là nature même sémbloit l'avoir attaché pat des rapports sympathiques , je veux dire , par lâ délicatesse de son esprit et l'aménité de son caractère, àvoit ouvert line espèce de Cours de Morale > principalement destiné à l'instruction des femmes. Elles se réunissoient à certains jours réglés pour entendre les discours dont il leur faisoit la lecture. Diverses assemblées eurent lieu à cet effet , tant en Tan 5 au lycée des Étrangers , que pendant l'année suivante au lycée dit Thelusson. Dans chacune de ces séances , notre aimable moraliste exposoit à ses chères disciples les opinions et les principes jadis professés par les plus célèbres philosophes de l'antiquité : c'étoit en quelque sorte le canevas de ses leçons , où , employant tour à tour le précepte et le senx. 1

* AVIS timent , il rappeloit adroitement aux femmes et les vertus privilégiées de leur sexe , et les secrets les plus sûrs de l'art de plaire , et les moyens enfin de jouir, dans toutes les époques de leur vie , d'un bonheur fondé sur la sensibilité et la vertu. La prose et la poésie, fondues ensemble avec ce talent qui lui étoit particulier , concouroient à remplir son but , en captivant diversement et l'esprit et le cœur de son intéressant auditoire.

Par malheur sa santé, devenue de plus en plus mauvaise , suspendit plus d'une fois, puis rompit entièrement le cours de ces charmantes instructions ; commerce délicieux , où le maître et les élevés trouvoient un égal plaisir , l'un à communiquer ses lumières , les autres à se les approprier , et dont toujours la v*rtu retiroit un profit certain , celui d'assurer son empire en se parant des agréments du style et des charmes du sentiment.

Quoique ce Cours n'ait donc pas reçu toute la suite et le développement que l'on pourroit désirer, et que l'auteur avoit intention de lui donner , quoique peut-être même il u'ait pas mis la dernière main à cette partie de son

DE L'ÉDITEUR. 3 travail, nous n'avons pas cru néanmoins devoir en priver les lecteurs ; et il nous a semblé que ce seroit tout-à-la fois obliger le public , et rendre service aux mœurs , que de publier un ouvrage où la raison , sagement coquette , se montre toujours sous la forme des Grâces. Nous avons jugé qu'il pourroit être particulièrement agréabte aux dames ; que composé en leur honneur et sous leurs auspices par un écrivain qui les aimoit et qui leur fut cher , il avoit quelques droits à leurs suffrages ; et que s'il avoit le bonheur d'obtenir d'elles un favorable accueil , il ne manqueroit pas de plaire aux lecteurs d'un sexe différent , toujours disposé à adopter leurs décisions en matière de goût.

Femmes charmantes , femmes sensibles , c'est donc sur vous que nous nous reposons du succès de cet Ouvrage , qui non seulement vous dut le jour , mais vous dut aussi cette saine morale et tous les agréments divers qui le caractérisent. Nous remettons avec confiance dans vos mains ce dernier hommage que vous rendit le meilleur de vos amis ; acceptez-le de sa part comme un legs précieux , puisqu'il renferme la partie la plus

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