DE C E L U V QUI INCITE UNE JEUNE DAME A FAIRE AMV
A mon plaisir, vous laictes l'eu et basme,' Parquoy souvent je m'estonne , ma dame , Que vous n'avez quelcque amy par amours. Au diable l'ung - qui fera ses clamours Pour vous prier, quand serez vieille lame.
Or en eiïect, je vous jure mon ame Que si j'estois jeune et gaillarde femme , J'en aurois ung devant qu'il fut trois jours A mon plaisir.
Et pourquoy non? ce seroit grand dlirame Si vous perdiez jeunesse, bruict et famé Sans esbranler drap , satin et velours.
Pardonnez-moy , si mes motz sont trop lourds, Je ne vous veulx (ju'aprendre vostre game A mon plaisir.
I. S(;l()ii iiKii , vmis aviz la clialciir et la grâce, vous (loniicz lr mal i-t la guéri son.
•i. CHiii.
UONDKAIX. 199
A l. A F II. L l% D U N 1' A î N C T n K D O H L K A N S , BF. I. Li: ICXTRR LES AUTRKS.
Vu temps passé Apelles, painctre sage Feit seulement de \énus le visage , Par fiction ; mais pour plus hault attaindre , Ton père a faict de Vénus , sans rien faindre , Entièrement la face et le corsage.
(lar il est painctre , et tu es son ouvrage , Mieulx ressemblant Vénus, de fqi'me et d'aage, Que le tableau qu'Apelles \'oulut paindre Au temps passé.
Vray est qu'il feit si belle son ymage Qu'elle eschauffoit en amour maint courage ; ' Mais celle-là que ton père a sceu taindre, Y met le feu et a dequoy l'estaindre.
L'aultre n'eust pas ung si gros advantage \u temps passé.