I. (;herclu' à me faire oublier
'1. Où tu m'auras refusé ton ammir.
ii ()i:r\i{i:s div cl km km mahot.
Certes tu es il'estre aymée bien digne, Mais d'estre aynié je ne suys pas indigne, .ray en trésor jeunes ans et santé, Loyalle amour et franche voulenté , Obéissance et d'autres bonnes clios(;s (Qui ne sont pas en tous hommes encloses), Pour te servir, quand il te plaira prendre Le cueur qui veult si hault cas entreprendre.
Et quand le bruict courroit de l'entreprinse, Cuyderoys-tu en estre en rien reprinse?
(îertes |)lustost tu en auroys louenge, Kt diroit-l'on : puis que cestuy se renge A ceste dame, elle a beaucoup de grâces, Car long temps a qu'il fuyt en toutes places Le train d'amour; celle qui l'a donc pris, Fault qu'elle soit de grand estime et pris.
Hz diront vray. Que ne faisons-nous doncques De deux cueurs ung. Brief, nous ne fismes oncques OEuvres si bon. Noz constellations, Aussi l'accord de noz conditions Le veult et dit. Chascun de nous ensemble En mainte chose, en ell'et, se ressemble : Tous deux aymons gens plein d'honnesteté, Tous deux aymons hoimeur et netteté, Tous d(,'ux ay nions à d'aiilcun ne mesdire, Tous deux aymons ung meilleur propos dire: Tous deux aymons à nous trouver en lieux Où ne sont |)oint gens n)élanrolieux :
Tous (h'ux a\ nions la musique chanter. Tous deux a\iiions les livres fréquenter. (Jue diiay phis? C.c. mot là dire j'ose Et le dira), <\\\(' piesfpie en toute chose
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Nous ressemblons, fors que j'ay plus d'esino} ' Et que tu as le cueur plus dur f[ue luoy ! Plus dur, hélas; plaise-toy l'aniollir, Sans ton premier bon pi'opos abolir, Et en voulant en toymesmes penser Qu'amour se doibt d'amour récompenser.
Las, vueilles-moy nommer doresnavant Non pas amy, mais treshumble servant, Et me permetz, allégeant ma destresse, Que je te nomme, entre nous, ma maistresse.
S'il ne te plaist, ne laisseray pourtant A bien aymer : et ma douleur portant , Je demourray ferme et plein de bon zelle. Et toy par trop ingrate damoyselle.