‹ Œuvres de Clément Marot; annotées, revues sur les éditions originales et précédées de la vie de Clément MarotChapitre 28 sur 318 · Lt' roman de Lancelot du Lac; cycle de la Table Ronde · texte numérisé non relu

Lt' roman de Lancelot du Lac; cycle de la Table Ronde

5. Par Ci. de Lorris et J. de Meim, fin du xiii'' siècle. ti. VahTe Maxime, historien romain, sous Tibère.

7. Paul Orose, historien es|)aj{ni»l, \'' siècle après Jésus-(^hrist.

KLKC. IKS. 25

Je y ay trouvé suite de bons piO|K)s,

Avec ung mot qui a mis en repos

Mon cueur estant travaillé de tristesse.

Quand me souil'rez* \ous nonnner ma maistresse.

Dieu nous doint donc, ma maistresse tresbelle , Puis qu'il vous |)laist qu'ainsi je vous appelle), Dieu nous doint donc amoureux appétit.

De bien traicter vostre servant petit.

0 moy heureux d'avoir maistresse au monde, En qui vertu soubz grand beaulté abonde I Tel est le bien qui me fut apporté Par vostre lettre où me suis conforté ; Dont je maintiens la plume bien beurrée, - Qui escripvit lettre tant désirée.

P>ien heureuse est la main qui la ploya, Et qui vers moy, de grâce, l'envoya.

Bien heureux est qui apporter la sceut. Et plus heureux celluy qui la receut.

Tant plus avant ceste lettre lisoye En aise grand , tant plus me déduysoye : Car mes ennuis sur le champ me laissèrent. Et mes plaisirs d'augmenter ne cessèrent. Tant que j'euz leu ung mot qui ordonnoit Que ceste lettre ardre me convenoit.

Lors mes plaisirs d'augmenter prindrent cesse; Pensez adonc en quelle doubte et presse Mon cueur estoit. L'obéissance grande Que je vous doy, brusler me la commande: Et le plaisir que j'ay de la garder.

I. Le mot par Ifciiicl vous nie permettez de vous nommer, etc. '1. Heureuse.

Me le (lellend et m'en vient retarder.

Aulciineslbis au feu je la boutois Poiii- la hnisicr, puis soubdaiu Yen ostois : Puis l'y remis, et puis l'en recullay.

Mais à la lin, à regret, la bruslay En disant : » Lettre (après l'avoir baisée), Puis ((ii'il hiy |)Iaist, tu seras embrasée: Car j'aynie inieulx duell en obéissant.

Que tout plaisir en désobéissant. »

Voylà conniient pouldre et cendre devint L'ayse plus grand qu'à moy oncques advint.

Mais si de vous j'ay encor ([uelcque lettre, Pour la brusler, ne la lauldra que mettre Près de mon cueur; là elle trouvera Du feu assez, et si esprouvera Combien ardente est ramoiirense llamme Que mon las cueur |)()in- voz vertus eidlamme.

\umoins en lieu des toiu'niens et ennuyz Que vostre amour me donne jours et nuictz, .le vous supply de prendre, pour tous metz, Ung crystallin miroyr que vous transmetz. En le prenant, grand joye m'adviendra.

Car, comme croy, de moy vous souviendra, Quand là dedans mirerez ceste face <)ui de beaulté toutes aultres elTace.

Il est bien vray, et tieiis pour seureté Qu'il n'est miroyr, ne sera, n'a esté.

Qui sceust au vif monstrer parfaictement Vostre beaulté; mais croNez seurement.

Si voz yeiiK, clers pins (pie ce crystallin, Veiss(;nt mon cueur léal et non maling, Hz trouveroient là dedans imprimée

Au naturel votre lace estimée.

Semblablement, avec vostre beaulté.

Vous y verriez la mienne loyaulté :

Et la voyant , votre gentil courage Pourroit m'aymer quelcque poinct d'advantage. Pleust or à Dieu, doncques, que puissiez veoir Dedans ce cueur, pour un tel heur avoir;* C'est le seul bien où je tends et aspire.

Et, pour la lin, rien je ne vous désire Fors que cela que vous vous désirez.

Car mieulx que moy vos désirs choisirez.

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