DE LUCIEN
Advint un jour que Venus cythérée.
Mère pour lors dolente et esplorée.
Perdit son filz, qui çà et là voloit.
Et ainsi triste, en haste s'en alloit Par maint carroy,- par maint canton et place. Pour le chercher. Puis sus quelque terrace. Ou sus un mont eslevé se plantoit, Et devant tous à haulte voix chantoit Ce qui s'ensuyt :
(( Quiconques de bon vueil M'enseignera ou au doigt, ou à l'œil, En quelle voye, ou devers quel costé, Mon Cupido fuyant s'est transporté, Pour son loyer, qui faire le sçaura.
Un franc baiser de Vénus il aura.
I, Marot paroit avoit suivi, pour cette traduction, moins le texte prer de Lucien que le texte latin de la translation, un peu iwrapli rasée, donnée par Auge Politien, vers la tin du siècle précédent.
'2. Sentier.
41 4 Œ U V H i: S U \i C I. ii AI K N T M A R U T.
Et si quelcuii prisonnier le ramène, La mère, lors, envers luy plus Inimaine Luy donnera, pour plus son cueur aiser, Quelque autre don par dessus le baiser. Toy qui iras,^ à fin que par tous lieux Ce faulx gai'son puisses congnoistre mieulx, Je t'en diray vingt enseignes et taches Que linement fault qu'en mémoire caches. Blancheur aucune en luy n'est évidente, Son corps est tainct de rougeur tresardante, Ses yeulx perçantz qui de travers regardent Incessamment estincellent et ardent:
Et son penser cauteleux et frivolle Jamais ne suyt sa doulcctte parolle.
Certainement le son de sa faconde Passe en doulceur le plus doulx miel du monde Mais le droict sens et la cause ellective Correspond mal à sa voix déceptive.
Si en cholère il se prend à monter, Il porte un cueur impossible à dompter; Et de son bec il sçait, tout au contraire, Tromper, séduire et en ses laqz attraire Les cueurs rempliz d'aspre sévérité, Sans que jamais confesse vérité.
Certes il est enfant plein de jeunesse, Mais bien pourveu d'astuce et de finesse. Souvent se joue et faict de l'iiiscient,- Mais en jouant tasche à bon escient Faire son cas. Sur sou dos, oulti'cplus.