‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 25 sur 112 · LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, SCIOLTO · texte numérisé non relu

LES ACTEURS PRÉCÉDENTS, SCIOLTO

SCIOLTO

Quels farouches regards le perfide me lance !

(A Lotbario, qui semble &ire un moiivpmcnl pour sortir.)

Viens , approche : est-ce à toi de craindre ma présence ? Quoi ! l'aspect de ces lieux enflamme ton courroux 1

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LOTHARIO

J y reçus des affronts , mon cœur y fut jaloux. Ah ! peut-être y vas-tu combler mon infortune. Parle, et délivre-moi de leur vue importune. Que viens-tu m'annoncer, et quels sont tes desseins? Galiste a-t-elle mis le glaive dans tes mains?

SCIOLTO

Ma fille , vertueuse autant qu'elle m'est chère, Tremblante pour les jours de son malheureux père , Frémit , épouvantée au bruit de ta fureur : Barbare ! ton nom seul la remplit de terreur. Oui , si je consultois sa tendresse alarmée , Ta mort auroit vengé ma famille opprimée. Mais, tout impur quil est, ton sang est à Fétat, Et dans le citoyen je pardonne à Tingrat. Gênes veut à sa gloire employer ton courage. De la guerre sous moi tu fis Fapprentissage : Je ne te parle point de tant d'autres vertus Dont tu reçus l'exemple, et qu'enfin tu n'as plus. Grâces à l'ascendant de ton destin funeste , Ton cœur est né féroce , et la valeur te reste. Au nom de la patrie et de ton souverain , Du glaive de l'état je viens armer ta main. Ce peuple méprisé , ce perfide insulaire. Ennemi des Génois , dont il est tributaire. Le Corse , qui , cédant à la nécessité , Nous vendit tant de fois sa foible liberté ,

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