‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 68 sur 112 · SCIOLTO, ALTAMONT, LE GÉNOIS · texte numérisé non relu

SCIOLTO, ALTAMONT, LE GÉNOIS

SCIOLTO, au Génois.

Eh bien ! que voulez-vous ? Quel trouble vous égare ?

34o CALISTE.

LE GÉNOIS

A forcer ce palais le doge se prépare. Lui-même aux assiégeants prescrit Tordre fetal , Et de Lothario le nom sert de signal.

On rappelle à grands cris.

SGIOLTO.

Oui, je vais le leur rendre, Mais sanglant, tel enfin qu ils auroient dû 1 attendre. Malheureux! nos vengeurs vont recevoir des fers! Nos fronts chargés du joug d'opprobres sont couverts ! Fille ingrate, c est toi qui combles nos murailles De ruines , de feux, d'horribles funérailles : Ta tête en répondra.

ALTAMONT

Quoi! vous pourriez, seigneur...

SCIOLTO

Les droits les plus sacrés sont les droits de l'honneur. La nuit vient, et déjà ses épaisses ténèbres Enveloppent ces lieux de leurs voiles funèbres. De l'ombre et du silence empruntons le secours ; Au fond de ce palais , à l'abri de nos tours , Vendons à nos tyrans leur sanglante victoire. Au sein de l'infamie expirons avec gloire. Ce poignard dans mes flancs est prêt de s'enfoncer : Mais ce n'est pas par moi que je dois conunencer. Allons.

Page 1