‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 70 sur 112 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CALISTE, LUCILE

GALISTEy s'appuyant sur le tombeau de sa mère.

Rentre dans le palais, ne me suis point , Lucile : Cette enceinte lugubre est mon dernier asile. Malheureuse!... Il falloit ne jamais en sortir.

(Elle s'avance vers la scène.) LUCILE.

A vous abandonner pourrai-je consentir?

Vous me glacez d'effroi!

CALISTE

Si Caliste t'est chère, Cours, reviens m'informer des malheurs de mon père. L'ennemi Tenvironne et lassiége en ces lieux : Les torches, les poignards ont effrayé mes yeux;

344 CALISTE

J'ai tout vu. . . laisse-moi ^ laisse une infortunée Attendre, loin du bruit, sa triste destinée. Pars.

LUGILE.

Quoi ! Vous exigez. . .

CALISTE

Va , te dis-je ; tes pleurs , Ta pitié trop cruelle , irritent mes douleurs. 9

LUCILE

Ah! rassurez du moins...

CALISTE

Tu me laisses sans armes ;

Que crains-tu?... Je ne puis que répandre des larmes.

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