‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 76 sur 112 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CALISTE, seule.

Il fuit!

Mourons, ne tardons plus; tout espoir est détruit... Mais quelle solitude enferme la victime ! Hélas 1 le remords seul accompagne le crime : Le plus vil des humains , au terme de ses jours , Voit d'autres malheureux lui prêter des secours :

352 CALISTE

Et moi 9 seule en ces murs, tremblante, consternée, De Funivers entier je meurs abandonnée ! Le souffle de ma vie est prêt à s'exbaler.

(regardant le tombeau de LoCfaano.)

Et c est sur ce tombeau que mon sang doit couler !

L autel est, après tout, digne du sacrifice.

Non, non ; la mort pour moi ne peut être un supplice.

(Elle prend la coupe.)

Que sais-je, en préparant ces poisons destructeurs, Peut-être que mon père y mêla quelques pleurs... Ah ! cette douce idée affermit mon courage !

( Elle boit le poison , et dit, après un silence : )

C'en est hit; et la mort est enfin mon partage. Déjà d'un voile épais mes yeux sont obscurcis... Où vais-je? où reposer mes pas appesantis? Où me traîner? Je cède... et ma force succombe.

(En s'égarant , elle arrive au pied du tombeau, où elle se précipite.)

Mais où suis-je?. . . ah! grands dieux! aupied de cette tombe. . .

(Elle élève ses mains vers le tombeau, et s'écrie:)

Infortuné mortel que je n ose nommer.

Dont jai plaint le .trépas... que mon cœur put aimer. Au fend de ton cercueil tu triomphes encore ! Plus coupable que moi, c est toi que je déplore.

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