UN RACCOMMODEMENT
Oui, j'ai cessé de vous aimer :
C'est un aveu cruel à faire :
Mais j'ai vu votre orgueil s'armer Quand je vous fis l'aveu contraire.
Soit mépris pour mes sentiments , Soit un faux soin de votre gloire, A mon honunage, à mes serments Vous n'avez jamais voulu croire.
C'en est fait; j'ai su de mes feux Éteindre l'ardeur ridicule...
Mais quel sourire dédaigneux!
Seriez-vous encore incrédule?
Non, vos doutes sont superflus.
Si votre orgueil, trompé lui-même, Ne croit pas que je n aime plus, Il faut que vous croyiez que j'aime.
Gloé , de ce nouveau détour Sentez toute Finconséquence :
Vous devez croire à mon amour, Ou croire à mon indifférence.
Que vois-je ! un sourire plus doux S'étend sur vos lèvres de rose !
Quoi ! Tamour n a rien pu sur vous , Et la raison peut quelque chose?
Qu'importe? recevez ma foi :
Je n'affecterai point vos doutes.
Une de vos bontés pour moi Me fera bientôt croire à toutes.
Vos yeux sont baissés et couverts ! . . . Il suffit; je crois les entendre.
Ciel ! j'avois donc brisé mes fers Pour le plaisir de les reprendre !
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STANCES
A ÉGLE.
Préludes enchanteurs des débats de Famour, Voluptueux sourire où Famé se déploie, Regards plus enflammés que les rayons du jour, Baisers de feu reçus et donnés tour-à-tour, Se peut-il désormais qu un malheureux vous croie?
Hier, sur votre foi, plein d'ardeur et d'espoir. Je volai vers le lit de celle que j'adore : Hélas! ce n'étoit plus ce que j'avois cru voir; Du plaisir, dans ses yeux, j'ai vu mourir l'aurore, Et sur sa bouche enfin je n'ai pris qu'un bonsoir. Doux regards , doux baisers , puis-je vous croire encore?
Si mes vœux près d'Églé sont toujours superflus. Du trône des plaisirs si sa main me repousse ; Piqué de ses froideurs , outré de ses refus (Quoique né fort crédule et d'humeur assez douce). Baisers, regards trompeurs, je ne vous croirai plus.
4oo POÉSIES
Mais déjà le Sommeil s avance avec la Nuit : Amour, puissant Amour! donne-moi la victoire. Mon amante paroit, la Volupté la suit. . . Gomblera-t-elle enfin mon bonheur et ma gloire? Oui; son œil me Fannonce , et le plaisir y luit. Regards, baisers charmants, qu'il estdouxde vous croire!
DIVERSES. 4oi