‹ Œuvres de Colardeau, de l'Académie françaiseChapitre 86 sur 112 · UN RACCOMMODEMENT · texte numérisé non relu

UN RACCOMMODEMENT

Oui, j'ai cessé de vous aimer :

C'est un aveu cruel à faire :

Mais j'ai vu votre orgueil s'armer Quand je vous fis l'aveu contraire.

Soit mépris pour mes sentiments , Soit un faux soin de votre gloire, A mon honunage, à mes serments Vous n'avez jamais voulu croire.

C'en est fait; j'ai su de mes feux Éteindre l'ardeur ridicule...

Mais quel sourire dédaigneux!

Seriez-vous encore incrédule?

Non, vos doutes sont superflus.

Si votre orgueil, trompé lui-même, Ne croit pas que je n aime plus, Il faut que vous croyiez que j'aime.

Gloé , de ce nouveau détour Sentez toute Finconséquence :

Vous devez croire à mon amour, Ou croire à mon indifférence.

Que vois-je ! un sourire plus doux S'étend sur vos lèvres de rose !

Quoi ! Tamour n a rien pu sur vous , Et la raison peut quelque chose?

Qu'importe? recevez ma foi :

Je n'affecterai point vos doutes.

Une de vos bontés pour moi Me fera bientôt croire à toutes.

Vos yeux sont baissés et couverts ! . . . Il suffit; je crois les entendre.

Ciel ! j'avois donc brisé mes fers Pour le plaisir de les reprendre !

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STANCES

A ÉGLE.

Préludes enchanteurs des débats de Famour, Voluptueux sourire où Famé se déploie, Regards plus enflammés que les rayons du jour, Baisers de feu reçus et donnés tour-à-tour, Se peut-il désormais qu un malheureux vous croie?

Hier, sur votre foi, plein d'ardeur et d'espoir. Je volai vers le lit de celle que j'adore : Hélas! ce n'étoit plus ce que j'avois cru voir; Du plaisir, dans ses yeux, j'ai vu mourir l'aurore, Et sur sa bouche enfin je n'ai pris qu'un bonsoir. Doux regards , doux baisers , puis-je vous croire encore?

Si mes vœux près d'Églé sont toujours superflus. Du trône des plaisirs si sa main me repousse ; Piqué de ses froideurs , outré de ses refus (Quoique né fort crédule et d'humeur assez douce). Baisers, regards trompeurs, je ne vous croirai plus.

4oo POÉSIES

Mais déjà le Sommeil s avance avec la Nuit : Amour, puissant Amour! donne-moi la victoire. Mon amante paroit, la Volupté la suit. . . Gomblera-t-elle enfin mon bonheur et ma gloire? Oui; son œil me Fannonce , et le plaisir y luit. Regards, baisers charmants, qu'il estdouxde vous croire!

DIVERSES. 4oi

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