AU ROI LOUIS XV
Vous voilà donc bourgeois d'Auteuil ^ Sire ; et voilà notre village Qui va jouir de lavantage Dont se vantent avec orgueil Ghoisy, La Meute, et L'Ermitage.
Vous y viendrez chercher Fombrage , Le doux lilaSy le chévrefeuil :
Tant mieux pour nous. Bon voisinage Fut toujours d'un heureux présage.
Nous voudrions vous faire accueil, Immortaliser notre hommage Par quelque éclat; mais ce hameau Qui vit les Muses rassemblées Se promener dans les allées Du jardin qu habitoit Boileau, Auteuil ne voit plus sa fontaine Abreuver le sacré troupeau Qui s'enivre dans THippocrène :
Les Muses n'aiment plus notre eau.
Nous nous en consolons : les Grâces
Valent tout au moins les neuf Sœurs :
Elles tiendront iâ leurs places.
Bientôt, amenant sur leurs traces Une foule d'adorateurs , Nos regards les verront parottre Dans des chars légers et brillants, Rire, folâtrer sous le hêtre; Et, dans les beaux jours du printemps, Former une danse champêtre.
Tel est lagrément de ces lieux , Sire ; remplissez notre attente.
Venez-y; tout en ira mieux.
Il faut bien que du haut du trône Louis descende quelquefois; L'émail des prés , Tombre des bois , Les dons de Flore et de Pomone Doivent lui plaire; et les bons rois Ont bien souvent, dans le silence, Caché sous le nom de bourgeois Les grands titres de leur naissance.
DIVERSES. 4 a i