NOVEMBRE I
Comte, point de cérémonie, Point de tumultueux apprêts ; Point de ces feux dont FAusouie A tant varié les effets.
Sous le ceintre de tes bosquets Point de bal , point de symphonie :
Beaucoup d amitié, peu de frais, Et voilà ta fête finie.
Vois d ailleurs Taffreuse saison !
Flore rembrunie, éplorée, S'enfuit toute décolorée Dans les serres de Trianon.
L art, par des nuances nouvelles, Y rajeunit ses agréments :
Mais il faut des fleurs naturelles A côté de nos sentiments.
Contente-toi du simple hommage
Des cœurs qui te sont dévoués ;
Je te Tofire sans étalage.
Va 9 les grands qu'on a peu loués
En furent aimés davantage.
Sois heureux, et que la santé.
De sa main brillante et fleurie y
Verse sur le soir de ta vie
Le calme et la sérénité.
Le nombre des ans s accumule;
Une ibiblesse ridicule
Nous en fisût mesurer le cours :
Crois-moi, cher comte, les beaux jours
Sont suivis d'un long crépuscule.
Imite ces vieillards sensés
Qui, de tous soins débarrassés,
Laissoient sans trouble aux destinées
Filer, entre leurs doigts glacés,
L^heureux fuseau de leurs années.
Ainsi , du sage Anacréon
Chaulieu renouvelant l'exemple,
Alla, dans les soupers du Temple,
Réchauffer sa froide saison.
Malgré les douleurs de la goutte.
Gaiement courbé sur son bâton ,
De fleurs il parsema la route
Qui le conduisit chez Pluton.
En un mot y oomte , et pour conclure , Trop de prudence est un dé£iut :
Je crois les soii|$ de la nature Et les préceptes d'Épîcure Meilleurs quç les poudres d'Ailhault.
DIVERSES. 42g
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