ACTE I, SCENE Ifl
Mais j'ai cru cependant devoir vous en instruire : ir, prenant mon neveu pour un simple étranger, Vous pourriez, sinon réconduire, Mon cher, au moins le négliger.
Embrassez bien pour moi votre charmante fille. Je suivais mon neveu, si je me portais bien. Adieu. Derval. »
Plus bas, on Ut par apostille :
« Gardez mieux mon secret que je ne fais le sien. »
(a ?a fille.)
Eh bien ! voilà le tour que Florville te joue !
MADEMOISELLE d'oRFEUIL.
Il n'a rien d'offensant pour moi, je vous l'avoue. Monsieur Derval a tort de blâmer son neveu. Les époux d'à présent se connaissent trop peu. Le projet de Florville annonce une belle âme ; El qui d'avance ainsi veut connaître sa femme. Est sans doute jaloux de faire son bonheur.
M. d'orfeuil.
Je lui pardonne aussi ce tour-là de bon cœur. Qu'il t'observe de près, il en est bien le maître; Tu ne peux que gagner à te faire connaîtie
JUSTINE
Mais on n'est pas fâché pourtant d'être averti.
M. d'orfeuil.
De l'avis, en effet, sachons tirer parti. Il va jouer son rôle : eh bien, jouons le nôtre; Paraissons, en effet, le prendre pour un autre. D'aliord, comme il pourrait arriver dès ce soir. J'ai dit à tous mes gens de le bien recevoir; Mais sans faire semblant du tout de le connaître.
JUSTINE
l>on. J'entends des chevaux : c'est Florville, peut-être. SCÈNE III
Les précédens, FRANÇOIS.
FRANÇOIS, hors (riialeine.
Monsieur, votre futur est arrivé.
M. D'ORFEUIL.
Paix donc. Je l'avais défendu ce terme-là.
FRANÇOIS
Pardon ; Je l'oubliais. Enfin voici monsieur Florville...
M. d'oRFEUIL.
Encor ! mais songe bien à réformer ton style.
FRANÇOIS
Lui-môme, il se trahit. Tenez, il me parlait, A moi, comme l'on parle à son propre valet.
JUSTINE
Et... son valet... est-il aussi bien de figure?
FRANÇOIS
Eh mais, il est fort bien, d'agréable tournure.
JUSTINE
Et dis-moi...
M. d'oRFEUIL.
Finissons. Ne vas-tu pas le voir?
Florville va monter; il faut le recevoir.
(a François.)
Qu'il vienne.
(François sort.)