‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 201 sur 474 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

VICTOR

Rien ii'arrôle monsieur; et jamais nulle part

Il ne reste deux jours : dès le matin il part.

Vous ne connaissez pas, je le vois bien, mon maître.

J U s T I xN E .

Il est pourtant, je pense, aisé de le connaître. (/est donc un voyageur?

VICTOR

C'est un vrai Juif errant.

Il court toujours le monde, et le monde est bien grand; Il aime à voyager, et moi j'aime à le suivre ; Dès l'enfance avec lui j'ai coutume de vivre : Aussi famille, amis, pour lui j'ai tout quitté ; Et sur ses pas, moi, fait pour la tranquillité. Pour vivre avec ma femme, en mon petit ménage...

JUSTINE, tivement.

Vous êtes marié ?

VICTOR

Non vraiment, dont j'enrage.

JUSTINE, à part.

lant mieux; j'avais bien peur.

VICTOR

Je disais seulement Que j'étais fait pour l'être ; aussi probablement Je prendrai ce parti.

JUSTINE

Bientôt ?

VICTOR

Mais je l'ignore.

JUSTINE

Votre maître n'est point marié ?

VICTOR

Pas encore ; Et de long-temps, je pense, il ne se marîra.

JUSTINE

Vous verrez que lui-même il finira par là.

VICTOR

Vous croyez ?

JUSTINE

Au revoir ; j'aperçois Henriette.

VICTOR

Moi je vais de monsieur achever la toilette.

JUSTINE

Qu'il se dépêche donc : allez, dites-le-lui.

S'il part demain, du moins qu'on le voie aujourd'hui;

VICTOR

Peut-être il ferait mieux d'éviter l'entrevue ;

Et pour moi je crains bien de vous avoir trop vue.

(il sort.

JUSTINE, le suivant des yeux .

11 n'est pas mal.

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