‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 22 sur 474 · I.a raison ? elle est un peu subite · texte numérisé non relu

I.a raison ? elle est un peu subite

FLOHIMOND.

La raison, c'est qu'il faut l'en aller au plus vite : Je le veux.

CRISPIN

Mais enfin pourquoi le voulez-vous?

FLORIMOND

Parce que je le veux.

CRISPIN

Mon cher maître, entre nous, Ce n'est pas raisonner que parler de la sorte. Je le comprends fort bien, vous voulez que je sorte ; Mais je ne comprends pas pourquoi vous le voulez : Si j'ai failli, du moins dites-le-moi, parlez.

FLORIMOND

Avec ses questions ce bavard-là m'excède : Tu... tu m'as...

CRISPIN

Voulez-vous, monsieur, que je vous aide?

FLORIMOND

Puisque monsieur Crispin demande des raisons...

CRISPIN

Oui, monsieur, une seule.

Eh bien ! nous le chassons.

Afin de ne plus voir sa maussade figure.

Maussade ! le reproche est nouveau, je vous jure: Ma figure jamais n'effaroucha les gens ; Môme elle m'a valu des propos obligeants.

FLORIMOND

Elle ne me déplaît que pour l'avoir trop vue.

CRISPIN

Depuis un mois à peine elle vous est connue.

FLORIMOND

C'est beaucoup trop ; je veux un visage nouveau.

CRISPIN

Mais, qu'il soit vieux ou neuf, qu'il soit maussade ou beau. Qu'importe, enfin, pourvu qu'un valet soit fidèle. Et qu'il serve son maître avec esprit et zèle ? Sans me vanter, monsieur, je vous sers à ravir.

FLORIMOND

Je n'aime point non plus ta façon de servir.

CRISPIN

Qu'a-t-elle, s'il vous plaît... ?

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