‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 221 sur 474 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Je VOUS prends dans mes bras... nouvelle excuse encor ; Je veux vous emporter au fond du corridor. Mais, quoi ! déjà la flamme en barrait le passage.

M. DE FLORVILLE

Que faire?

M. d'or LANGE, à mademoiselle d'Orfenil.

Mon manteau vous couvre le visage, Môme aux dépens du mien (moi, je risquais si peu !) : Je vous enlève enfin, tout au travers du feu, Et vais vous déposer, aussi morte que vive, Dans la cour, où bientôt monsieur lui-môme arrive. Suivi de votre père : il s'en était chargé ; Car tous deux, entre nous, nous avions partagé Le bonheur de sauver cette chère famille : Monsieur portail le père, et je portais la fille.

M. DE FLORVILLE

Tout en rôvant, monsieur, vous choisissez fort bien. Ce poids est plus léger et plus doux que le mien.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

En ce cas, qui jamais n'arrivera, j'espère,

C'est me servir le mieux que de sauver mon père.

M. d'oRLANGE.

Oh! j'aurais eu le temps de vous sauver tous deux. Vous reprenez vos sens, et vous ouvrez les yeux. Le plaisir me réveille en sursaut; je me lève, Et je vois à regret que ce n'était qu'un rôve.

MADEMOISELLE d'oRFEUIL.

Mille grâces, monsieur, d'un si généreux soin : Mais il vaut encor mieux n'en avoir pas besoin.

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