‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 229 sur 474 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

M. D'ORFEUIL, M. D'ORLANGE.

M. d'orLANGE l'amène mystérieusement.

Bon. Je puis donc ici vous parler sans témoin,

Et vous ouvrir mon cœur ; car j'en ai grand besoin.

M. d'oRFEUIL, souriant.

Quel est donc ce mystère ?

M. d'oRLANGE.

Ah ! si vous pouviez lire Dans ce cœur !...

M. d'oRFEUIL, toujours de même.

Vous avez quelque chose à me dire, Je le vois ; mais saurai-je à la fin ce secret?

M. d'orlange.

Oui ; c'est assez longtemps avoir été discret.

M. d'oRFEUIL.

Sans doute ; puis, pour vous je suis porté d'avance, Et je vous saurai gré de votre confiance.

M, n'oRLANGEé

Eh bien, puisque je peux librement m'exprimer, Votre chère Henriette a trop su me charmer.

M. d'oRFEUIL.

Vraiment !

M. d'orlange.

Elle est aimable, et moi je suis né tendre : En un mot, je l'adore; et, si j'osais prétendre » \ sa main, cet hymen ferait tout mon bonheur.

M. d'oRFEUIL.

Monsieur... assurément, vous me faites honneur.

M. d'orlange.

Vous trouvez ma demande un peu prompte, peul-ôlre ; Mais il est naturel de se faire connaître.

M. d'or F El' IL.

Bon !

M. d'oRLANGK.

Mon nom...

M. d'oHFEUIL.

M'est connu.

M. d'oRLANGE.

Mon oncle...

M. d'oRFEUIL.

C'est assez ; Abrégeons un détail inutile : avancez.

Mais...

M. d'oRFEUIL.

Je connais fort bien toute votre famille. Vous dites donc, monsieur, que vous trouvez ma fille ..?

M. d'or LANGE.

Ah ! monsieur, adorable .

M. d'oRFEUIL.

Allons, j'en suis charmé ; Et d'elle, à votre tour, croyez-vous être aimé ?

M. d'or LANGE.

Je m'en flatte.

M. d'oRFEUIL.

Moi-même aussi je le soupçonne.

Écoutez, je vais voir notre jeune personne ; J'espère que tous trois serons bientôt d'accord : Car, si vous lui plaisez, vous me convenez fort.

(Il sort.) M. d'orLANGE.

Et vous aussi, monsieur.

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