‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 281 sur 474 · CHARLE, LAURE · texte numérisé non relu

CHARLE, LAURE

CHAULE.

• voilà donc entrée ! Ah !... nous verrons un peu > ils feront déguerpir la nièce et le neveu!

Je suis tremblante encor.

CHARLE

Rassure-toi, ma chère.

Mon oncle va te voir; il suffit, et j'espère. Il entendra bientôt le son de cette voix •

Qui sut toucher mon cœur dès la première fois... Ah ! je voudrais déjà qu'à loisir il t'eût vue !

LAURE

it* désire à la fois et crains cette entrevue ; •tte madame Evrard, ô Dieu, que je la crains!

CHARLE

Qu'elle est fausse et méchante !

r-'nr» LR VIKUX CKLIKATAIKE.

LArUK.

En ce cas, je la plains.

CHAllLK.

Chère épouse ! faut-il qu'à foiiidro de la sorte Le destin nous réduise !

Eh! Charle, que m'importe?

Je serai près de toi : toi seul fais tout mon bien ; Tu me tiens lieu de tout; le reste ne m'est rien. Mon ami, sans compter ce pénible voyage, J'ai bien eu du chagrin depuis mon mariage ; Mais tu me consolais ; nous mêlions nos douleurs : Et ces deux ans, passés ensemble dans les pleurs, Sont encor les momens les plus doux de ma vie.

Va, mon sort, quel qu'il soit, est trop digne d'envie...

Mais adieu; car je crains...

A peine pouvons-nous Peindre nos sentiments.

Ils n'en sont que plus doux ; Adieu, Charle.

CHARLE

Au revoir.

LAURE, en sortant.

Au revoir.

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