‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 319 sur 474 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

M. DUBRIAGE, LAURE.

M. DUBRIAGE.

Oui, je vous le promets. Ne craignez rien, ma chère ; Mais à madame Evrard tâchez pourtant de plaire. .. Je songe à ce parent ,• je voudrais voir aussi ' lit ami de province avec lequel ici ' ous êtes arrivée.

LAURE

Ah ! qu'il aura de joie, >i vous daignez, monsieur, permettre qu'il vous voie !

M. DUBRIAGE.

en augure très bien, puisque vous l'estimez, st-il jeune ?

LAURE

Oui, monsieur.

M. DUBRIAGE.

Ah, jeune... ! Vous l'aimez !

LAURE, simplement. •

• ai, monsieur: en l'aimant j'obéis à ma mère. Aime-la, lui dit-elle en mourant ; sois son frère. » il le promit : depuis il a tenu sa foi ; Père, ami, protecteur, guide, il est tout pour moi.

M. DUBRIAGE.

<^e jeune homme à mes yeux est vraiment respectable ; Et son cruol parent. ?

336 LE YlEl'X CELIBATAIRE.

Peut-être est excusable ; Car il ne connaît point mon ami : mais enfin Il se fera connaître, et ce n'est pas en vain Que nous serons venus du fond de notre Alsace...

M. DUBRIAGK.

D'Alsace ! dites-vous... De quel endroit, de grâce?

De Colmar.

De Colmar !

LAURE

Oui, monsieur...

M. DU BRI AGE

Dites-moi, Vous avez à Colmar garnison, que je croi ?

LAURE

Oui, monsieur...

M. DU BRI AGE

Je connais quelqu'un dans cette vilh Un soldat : mais comment démêler entre mille ? Après tout, que sait-on... ? il se nommait Armand.. .

LAl'RK.

Je le... connais.

Ah ! ah ! par quel hasard ? comment ?

LAURE

Par un hasard, monsieur, qui jamais ne s'oublie. Ce jeune homme à mon père avait sauvé la vie. Jugez si le sauveur d'un père, d'un époux Devait avec transport être accueilli de nous ! L'estime se joignit à la reconnaissance. Nous vîmes qu'il était d'une honnête naissance, Plein de cœur et d'esprit, brave et zélé soldat, Comme s'il eût par goût embrassé cet état ; Et pourtant doux, honnête...

M. DU BRI AGE à lui-même.

Oh ! oui. .. le bon apôtre !

(a Laure.)

C'est assez; je vois bien que vous parlez d'un autre.

LAURE

Cet Armand-là, monsieur, n'est pas le môme ?

M. DUBRIAGE.

Oh! non.

Le mien, qui ne ressemble au vôtre que de nom.

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