SCENE IX
FORMONT, seul.
De la part d'une sœur, un rien nous intéresse. Ce peu de mots, surtout ce regard de tendresse, M'ont-ému, je l'avoue : oui, je la toucherai ; A ma chère campagne enfin je la rendrai. J'arracherai ma sœur à ce monde frivole^. Qui st'Juit un nionrent, dont l'aspect me désole,. Que d'éeucils. do périls ! quel aii* pour la vertu !
Il I - iide par lu fenêtre)
Les voilà donc soi lis :. . . Ma Sophie, où vus-tii ?
FORMOM, FRANÇOIS.^
■f-ir
FRANÇOIS
Mais elle va, monsieur, partout où l'on s'amuse.
FORMONT
Ah, ah ! c'est vous, François !
F R A N r. OIS.
Je VOUS fais bien excuse, D'entrer...
FORMONT
Madame Euler est-elle de retour ?
Pas encore.
37 4 Li:s MŒUllS UU .JOL'I'..
FORMONT
Tant pis.
FRANÇOIS
Elle va faire un tour, Et rentrera bienlôt ; car elle vient sans cesse, Le tout par amitié pour ma jeune maîtresse.
FORMONT
Ah! oui : je suis charmé qu'elle demeure ici.
Mais madame Verseuil y vient souvent aussi, Par mal lie Ur. ~ ^
FORMONT
Oui, sans doute.
FRANÇOIS
Et quelle différence I...
FORMONT
Au moins, madame Euler a hien la préférence : Sophie, assurément, sait distinguer...
C'est vrai ; Mais, dès qu'elle voit l'autre, elle a le cœur tout gai Car l'utile est souvent quitte pour Tao^réable. C'est coiniuG d'Héricourt, qui paraît pliis' aimable...
— " FORMONT. — " — -
Aimable ? lui.
FRANÇOIS
Ma foi, je ne sais pas s'il l'est; Mais ce que je sais bien, voyez-vous ? c'est qu'il plaîf. Et que si, par hasard, une seule journée Il s'absente, madame en est tout étonnée.
FORMONT
Se peut-il ?
FRANÇOIS
11 n'est pas jusqu'à monsieur Florvel, Qui ne lui plaise aussi.
Rien n'est plus naturel ; Un cousin ..
FRANÇOIS
Le cousin aime fort sa cousine.
11 s'empresse autour d'elle, il folâtre, il badine : Ils sont ainsi, monsieur, un tas de jeunes fous. Qui semblent à leur aise, ici, tout comme vous.
FORMONT
Qu'entends-je ? est-il possible ?