SCENE Vil
MADAME DIRVAL, MADAME EULfe.
MADAME DIRVAL, soûle, un moment.
Au bal ! hélas ! que sais-je ?...
MADAME EULER, plus vivement qu'à l'ordinaire.
0 ma chère Sophie !
l'apprends votre malheur.
El comment, je vous prie ?
MADAME KULKR.
Par votre oncle, en passant.
MADAME DIRVAL-
11 VOUS a dit...? ô Dieu ?
MADAME EULER
f Et trop heureuse encor qu'il m'en ait fait l'aveu ! Mais quel chagrin pour vous! combien j'en suis touchée !
MADAME DIRVAL.
Et contre moi, Dieu sait si vous êtes fâchée !
MADAME EULER
Il est vrai, mon amie ; et je vous gronderai... Quelque jour, quand le mal sera bien réparé : En attendant, je viens vous faire une prière.
MADAME DIRVAL.
Et de quoi ?
MADAME EULER
D'accepter, mais de moi la première.
Ces douze vieux louis, qu'avec soin je gardais Pour quelque grand besoin que toujours j'attendais.
MADAME DIRVAL.
Comment,..?
MADAME EULER
L'occasion est enfin arrivée : Pour un plaisir bien doux je me suis réservée.
MADAME DIRVAL.
Bonne madame Euler ! quoi, c'est vous qui m'oifrez Ce fruit de vos travaux?
MADAME EULER
Et VOUS le recevrez.
MADAME DIRVAL.
Qui ? moi ! je souffrirais que vos économies Servissent, chère Euler, à payer mes folies !
MADAME EULER
Vous deviendrez plus sage ; et ma tendre amitié Va dans cette leçon se trouver de moitié. Moi, je n'ai qu'un chagrin, c'est de ne pas tout faire. Mais quoi ! dois-je envier le reste à votre frère ?
MADAME DIRVAL.
Mon frère, dites-vous ? ah ! ne lui parlez pas De tout ceci.
MADAME EULER
Comment?... mais, ma chère, en ce cas, Quel est donc votre espoir ? et dans quelle autre bourse
Pourriez- vous...
Des moyens...