‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 394 sur 474 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

MADAME DIRVAL, MADAME EULfe.

MADAME DIRVAL, soûle, un moment.

Au bal ! hélas ! que sais-je ?...

MADAME EULER, plus vivement qu'à l'ordinaire.

0 ma chère Sophie !

l'apprends votre malheur.

El comment, je vous prie ?

MADAME KULKR.

Par votre oncle, en passant.

MADAME DIRVAL-

11 VOUS a dit...? ô Dieu ?

MADAME EULER

f Et trop heureuse encor qu'il m'en ait fait l'aveu ! Mais quel chagrin pour vous! combien j'en suis touchée !

MADAME DIRVAL.

Et contre moi, Dieu sait si vous êtes fâchée !

MADAME EULER

Il est vrai, mon amie ; et je vous gronderai... Quelque jour, quand le mal sera bien réparé : En attendant, je viens vous faire une prière.

MADAME DIRVAL.

Et de quoi ?

MADAME EULER

D'accepter, mais de moi la première.

Ces douze vieux louis, qu'avec soin je gardais Pour quelque grand besoin que toujours j'attendais.

MADAME DIRVAL.

Comment,..?

MADAME EULER

L'occasion est enfin arrivée : Pour un plaisir bien doux je me suis réservée.

MADAME DIRVAL.

Bonne madame Euler ! quoi, c'est vous qui m'oifrez Ce fruit de vos travaux?

MADAME EULER

Et VOUS le recevrez.

MADAME DIRVAL.

Qui ? moi ! je souffrirais que vos économies Servissent, chère Euler, à payer mes folies !

MADAME EULER

Vous deviendrez plus sage ; et ma tendre amitié Va dans cette leçon se trouver de moitié. Moi, je n'ai qu'un chagrin, c'est de ne pas tout faire. Mais quoi ! dois-je envier le reste à votre frère ?

MADAME DIRVAL.

Mon frère, dites-vous ? ah ! ne lui parlez pas De tout ceci.

MADAME EULER

Comment?... mais, ma chère, en ce cas, Quel est donc votre espoir ? et dans quelle autre bourse

Pourriez- vous...

Des moyens...

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