‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 398 sur 474 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Lesmémes,FORMONT.

FOR MO NT, un portefeuille à la maiu.

Ma chère sœur, voici de l'argent qu'on t'apporte, Trois mille francs.

madame DIRVAL.

Trois mille?...

FORMONT

Eh ! oui.

Par quel hasard?

Comment?...

d'héricourt, à part.

Hasard cruel!

MADAME DIRVAL.

Enfin, de quelle ji^rt?

FORMONT. I

Peux-tu le demander ? de ton mari, sans doute. I L'argent est, par malheur, resté longtemps en route. | Voilà plus de six mois que Dirval en chargea |

II) brave homme.

MADAilE DIRVAL.

Et cet homme... ?

FORMONT

Est parti.

MADAME DIRVAL.

Quoi, déjà ?

FORMONT

11 était fort pressé ; moi, j'ai donné quittance, Et voilà ton argent.

d'hÉRICOURT, à part.

Maudite circonstance !

Tu vois si ton mari, quoique absent, t'oubliait !

MADAME DIRVAL.

Mais comment n'y pas joindre un seul petit billet?

d'hÉRICOURT.

Il est vrai.

FORMONT

Si la somme en route est demeurée.

Plus d'une lettre aussi peut bien s'être égarée. Tel autre aurait écrit sans envoyer d'argent.

(Avec intention.)

Mais tu n'en avais pas un besoin très urgent. J'espère ; car sans doute, en personne sensée, Ma sœur à moi d'abord se serait adressée.

d'hÉRICOURT.

Ou bien à quelque ami.

FORMONT

Le frère est le plus sûr.

Monsieur; c'est des amis le meilleur, le plus pur.

d'hÉRICOURT.

Madame, jugez-en ; cette cause est la vôtre.

MADAME DIRVAL, avec embarras.

Et le frère et l'ami me sont chers l'un et l'autre.

FORMONT

Au reste, il ne s'agit de frère ni d'ami.

Mais d'un qui de tous deux te tient lieu, d'un mari.

Ce qu'il a fait, chacun aurait voulu le faire.

FORMONT

Mais s'il ne l'eût pas fait, c'était le droit du frère.

MADAME DIRVAL à son frère.

Mon cher Formont, je sens tout ce que je vous dois.

FORMONT

Bon ! tu ne me dois rien.

MADAME DIRVAL.

Ah! je comprends, je vois...

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