ACTE 11, SCÈNE IX
MADEMOISELLE DOLBAN.
Je vais, de ce pas, Les avertir, plutôt.
Mais, vous n'y pensez pas.
Qui, dans cette maison, pourrait me faire un crime, D'avouer à Monsieur à quel point je l'estime ?
RAIMOND
Qu'entends-je ? ô doux aveu !
MADEMOISELLE DOLBAN.
Je crois bien qu'il est doux :
Vous l'estimez déjà ?
EUSÉBIE
Pourquoi pas ? Laissez-nous, Marton.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Je conçois bien qu'ici je vous dérange.
RAIMOND
Mais, Marton est, d'honneur ! une soubrette étrange. Ne suis-je donc pas homme à te récompenser ? Tu me connais bien mal ; et, tiens, pour commencer, Prends ceci.
MADEMOISELLE DOLBAN.
De l'argent !
Ah ! je vois ta colère :
C'est trop peu qu'un louis ? en voilà deux, ma chère.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Eh I gardez tout votre or.
RAIMOND
Ah ! ma belle, pardon :
Vous êtes un phénix.
EUSÉBIE
En effet.
RAIMOND
Eh ! bien donc, Va, par amitié seule, en soubrette fidèle, • Te tenir à la porte, et faire sentinelle.
(il la prend par la main et la place lui-même à ce poste.)
(Avec affectation.) (Bas, à Eusébie.)
Là, bien. Charmante Élise ! enfin... permettez-vous Que, pour la tourmenter, je tombe à vos genoux ?
EUSÉBIE, bas.
Vous êtes donc malin ?
RAI MON D, bas.
Oui, quelquefois
MADKilUlSELLE DOLBAN, de loin, avec dépit.
Courage ! Vous nie faites jouer un joli personnage l
IIAIMOND.
Ne bouge pas, Marton.
(Et toujours aux pieds d'Eusébic, il lui prend la main.) (fias, à Eusébie.)
Pardon...
MADEMOISELLE DOLBAN.
Oh ! c'est trop fort :
Je vous en avertis ; la sentinelle sort. Et reviendra bientôt, mais avec bonne escorte.
(Elle sort.)