‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 49 sur 474 · ÉLIANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ÉLIANTE, LISETTE

LISETTE

Un si prompt changement a lieu de me surprendre, Madame ; pardonnez... Mais ne pourrais-je apprendre La cause du chagrin, du trouble où je vous voi ?

ÉLIANTE, une lettre à la main, très émue.

Je ne veux plus jamais croire à la bonne foi.

LISETTE

Vous avez lu vingt fois et relu cette lettre

Qu'à l'instant en vos mains l'hôte vient de remettre :

C'est elle qui, sans doute, a causé tout le mal.

ÉLIANTE

Il est trop vrai, Lisette ; et ce courrier fatal M'apprend de Florimond l'action la plus noire, A Brest, au premier jour, aurais-tu pu le croire? Il va se marier, et le contrat est fait.

LISETTE

Qu'entends-je? Un trait pareil est bien noir en effet.

ÉLIANTE

Essuya-t-on jamais un plus sensible outrage ? Oui, j'en pleure à la fois et de honte et de rage.

LISETTE

Madame, trêve, en grâce, à ce trouble mortel.

ÉLIANTE

Je ne puis un moment rester en cet hôtel. Hélas! moi, je croyais que cette impatience... Eh! qui n'eût, à ma place, eu môme confiance? Qui n'aurait cru de même à cette vive ardeur, A ces transports brûlants?... Je vantais sa candeur !

LISETTE

Madame, tout cela me paraît impossible.

ÉLIANTE

Ce qui porte à mon cœur le coup le plus sensible,

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