M. DO L BAN
Moi-môme.
Sottement, pour toi seul, j'étais resté garçon : J'étais trop bon, vraiment !
FLORIMOND, reprenant un air détaché.
Oui, VOUS avez raison, Mon oncle ; dans la vie, il faut se satisfaire.
M. DOLBAN.
lille aura tout mon bien, je n'en fais point mystère.
FLORIMOND
Chacun peut à son gré disposer de son bien : Tout le vôtre est à vous, et je n'y prétends rien.
M. DOLBAN.
Nous verrons si cela toujours te fera rire ! Je n'ose encorla voir, mais je lui vais écrire.
(il veut sortir.) FLORIMOND.
Ne sortez point ; ici vous avez ce. qu'il faut :
La lettre et la réponse arriveront plus tôt.
De grâce, asse„ez-vous, mettez-vous à votre aise.
(Pendant que son oncle écrit, il se parle à lui-même.)
Qu'il se hâte, morbleu ! d'épouser son Anglaise, Et me laisse en repos. Les moments sont si chers ! Voilà, je gage, au moins deux heures que je perds. Je brûle de revoir la beauté que j'adore ; Car je l'ai vue à peine, et ne sais pas encore Comment elle se nomme; en un mot, je ne sais Rien, sinon que je l'aime, et qu'elle a mille attraits.
(il se retourne vers son oncle et le regarde.) (Haut.)
Il prend la chose au vif. En ce tendre langage Vous n'aviez pas écrit depuis longtemps, je gage?
M. DOLBAN, pliant sa lettre.
Pas tant que toi.
FLORIMOND
Je crois que vous me peignez mal.
11 faut se défier toujours de son rival.
M. DOLBAN.
C'est fait.
FLORIMOND appelle.
Crispin !... La Fleur!