‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 78 sur 474 · ACTI'] I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTI'] I, SCÈNE XI

M. DE MORIxNVAL.

Et pourquoi donc?

M. DE l'LINVILLE.

Sa sœur en ces lieux doit se rendre Dans huit jours : je ne puis m'enipôcher de l'attendre.

M. DE MORINVAL.

Mais elle ne devait pas venir.

M. DE PLI N VILLE

11 est vrai ; Elle a changé d'avis.

M. DE MORINVAL.

Mon ami, ce délai N'est point naturel.

M. DE PLINVILLE.

Bon!

M. DE MORINVAL,

Je crains quelque mystère .

M. DE PLINVILLE.

A l'autre!

J'ai, je crois, le malheur de déplaire " votre nièce.

M. DE PLINVILLE.

Eh! mais,' vous ôtes singulier; Ma nièce fait de vous un cas particulier. El d'ailleurs il suffit que ma fille vous aime.

M. DE MORINVAL.

Mais ôtes-vous bien sûr qu'Angélique elle-même... ?

M. DE PLINVILLE.

Eh! puisqu'elle consent à vous donner sa main...

M. DE MORINVAL.

J'ai peur qu'elle ne forme à regret cet hymen.

M. DE PLINVILLE.

»s frayeurs, entre nous, ne sont pas raisonnables,

M. DE MORINVAL.

fait : je ne suis j)oint de ces gens fort aimabks : Je ne suis plus très jeune .

M. DE PLINVILLE.

Avez-vous cinquante ans?

M. DE MORINVAL.

Non, pas encore.

M. DE PLINVILLE.

Eh bien, ce n'est plus le printemps, Mais ce n'est pas l'hiver. Ma fille est douce et sage; ^ille aimera bien mieux un époux de votre âge,

M. DK MORINVAL.

Je ne sais :... cependant elle me parle peu.

M. Dlî PLIN VILLE.

Elle n'est point parleuse, et j'en rends grâce à Dieu.

M. DE MORINVAL.

Je ne lui trouve pas cet air satisfait, tendre. . .

M. DE PLINVILLE.

Écoutez ; à notre âge, il ne faut pas s'attendre A des transports d'amour...

M. DE MORINVAL.

Non, mais. . .

M. DE PLINVILLE.

Vous lui plaisez.

Vous avez son estime : eh bien, vous l'épousez. Je vais vous confier le bonheur de ma fille. Et nous ne ferons plus qu'une seule famille. ^ Déjà depuis longtemps nous étions bons amis, Séparés par l'humeur, parle cœur réunis. Vous me grondez toujours, et toujours je vous aime. Vous me convenez fort, je vous conviens de môme. Vous avez, comme moi, naissance, bien, santé : Il ne vous manque plus qu'un peu de ma gaîté; Mais c'est un beau secret que vous allez apprendre : On doit devenir gai quand on devient mon gendre.

(il prend Morinval sons le bras, et sort avec lui.)

FIN DU PREMIER ACTE

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