‹ Œuvres de Collin d'Harleville, précédées d'un fragment sur sa vie, écrit par lui-mêmeChapitre 82 sur 474 · M. BELFORT,M. DE PLIN VILLE, MADAME DE ROSELLE · texte numérisé non relu

M. BELFORT,M. DE PLIN VILLE, MADAME DE ROSELLE

M. DE PLINVILLE à M. Belfort.

Bon! vous vous retirez en me voyant ? pourquoi? Eh mais, ne faites point d'attention à moi. Du matin jusqu'au soir, je viens, je me promène ; Vers ce lieu-ci, surtout, un penchant me ramène.

MADAME DE ROSELLE

J'y viens souvent aussi. C'est un joli berceau, Solitaire, et pourtant très voisin du château.

M. DE PLINVILLE.

Vous même, cher Belfort, c'est ici, ce me semble, Que vous et votre élève étudiez ensemble?

M. BELFORT

Oui, monsieur très souvent.

M. DE PLINVILLE.

Et VOUS avez raison Voici, je crois, bientôt Theure de la leçon.

(a madame de Roselle.)

Angélique est savante; elle lit les poètes.

(a m. Belfort.)

Moi, je l'ai toujours dit : jeune comme vous rôtes, On enseigne bien mieux ; rien n'est plus naturel. Vous êtes, sans mentir, un bien heureux mortel ! Vous avez pour élève une jeune personne, J'ose le dire, aimable, aussi belle que bonne. Vous habitez, d'ailleurs, le plus charmant pays!... Je vous traite aussi bien qu'on traiterait un fiïs. Il est aisé de voir que ma femme vous aime; <^hacun en fait autant; et ma fille elle-même,

8 0 L OPTIMISïli).

Quand on parle de vous...

M. BELFORT, très ému.

Elle me fait honneur, Monsieur... assurément... je sens tout mon bonheur. Je ne puis exprimer... Pardon, je me retire.

Allez, j'entends fort bien ce que cela veut dire.

MADAME DE ROSELLE, à part.

Ah! mon cher oncle, moi, je l'entends mieux que vous,

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